‹ Les filigranesChapitre 85 sur 156 · Crémone, 1512-13.Mrzan, A. nrSraro: Doc. dipl · texte numérisé non relu

Crémone, 1512-13.Mrzan, A. nrSraro: Doc. dipl

Ancre transformée en Arbalète. Voy. Arbalète.

Ange.

Le filigr. de l'ange a été utilisé en Italie, en France et (dans les dernières années du XVI°'s.) en Allemagne. Le type le plus ancien est de 1331 (594) sur pap. à vergeure fine. Les 595 à 597 revêtent fréquemment l'aspect d’un pap. à grosse vergeure ou à vergeure à fils, fins et gros alternés. Dans le groupe suivant, à tête nimbée, les 599 et 600 sont à vergeure supplémentaire au centre. Tous sont italiens.

Les anges 601 et 602, répandus dans le N.-E. de la France et les Pays-Bas, sont originaires des en-

Ange.

virons de Troyes. Le 603 n'est peut-être pas un ange; malheureusement les trois var. relevées sont très indistinctes. La même question peut se poser pour le type 606. Les 604 et 605, bien que relevés en France, peuvent être de provenance italienne. Les 607 et 608 sont probablement piémontais : les 609 et 610 appartiennent à l'Italie centrale ; le 611 est très informe et indistinct au point qu'on peut se demander si c’est vraiment un ange ; le 612, d'après les lieux où il se rencontre, provient de l'Italie centrale ou méridionale. Les types 613 à 638 appartiennent à trois styles : l’un (613), où l'ange élève la main, comme pour bénir; le second (614), où il tend les deux mains en avant, comme pour marcher à la rencontre d'un ami; le troisième (625), où il plie un genou et tend la main qui souvent tient une fleur de lis. Ce dernier type personnifie l'ange de l'annonciation. Tous trois ont été en usage à Venise, la présence de contremarques posées à l’angle inférieur de la feuille le prouve.

Remarquons que la contremarque ne suffisait pas toujours aux papetiers vénitiens pour distinguer leurs papiers et qu'ils y ajoutaient parfois une lettre ou un signe supplémentaire (618, 619, 621, 634, 654, 655, 658 et 668). Peut-être recourait-on à ce moyen, lorsque deux papetiers avaient les mêmes initiales, cas qui devait se présenter.

Les types 639 à 676 sont inscrits dans un cercle ou un ovale. On ÿ reconnaît les trois mêmes conceptions d'anges bénissant, accueillant et annonçant.

Quelques-unes des contremarques de ce groupe sont semblables à celles du groupe précédent. Parmi elles, une fieur (616 et 648) et une marque (663) qui semble être une lanterne, sont probablement des armoiries parlantes ; la lanterne en ce cas pourrait être rattachée à la famille Lanterna qui faisait le commerce des papiers à Venise de 1600 jusqu'au milieu du XVII s. et qui possédait probablement une papeterie à Toscolano sur le lac de Garde.

Les 673 à 676 sont originaires de l'Italie centrale ou méridionale. L'ange semble s'agenouiller devant la croix qu'il tient à la main, plutôt que saluer la vierge. À Pise on trouve dans les dix dernières années du XVI[° s. et dans la première moitié du XVIII l'ange de l'annonciation accompagné des initiales du concessionnaire général des papiers en Toscane {appaltatore), ce qui témoigne de la

persistance d'emploi du filigrane dans cette partie de la péninsule.

Les types 677 et 678 appartiennent à la France (Vosges ou Alsace} : le 679 est vénitien ; les 680 et 681 sont allemands. La dissémination du papier marqué de ces deux derniers types ne permet pas de se prononcer sur le lieu de sa fabrication : Wernigerode, Halberstadt, Wolfenbüttel, Magdebourg feraient pencher en faveur du Harz; mais Osnabrück et Duisburg en sont bien éloignés. Les 682 et 683 ont été usités en même temps que les 677 et 678 et sortent sans doute du même battoir.

Le filigrane 684, enfin, représente la scène de l'annonciation, chacun des personnages occupant une des moitiés de la feuille. Cette marque est probablement la plus ancienne du groupè de l'ange annonçant la naissance du Sauveur, mais son emploi paraît avoir duré fort peu d'années (1542-44) ; nous ne la retrouvons qu'une fois, tardivement, en 1561. Un dessin aussi compliqué a très vite été abandonné ; on a renoncé à la figure de la vierge, pour conserver seulement celle de l'ange.

594. 29<43 r. Pardies, 1331. À. Basses-PyrÉNÉES, E. 1916 : Tabellionage.

595. 31>x<43 r. Gênes, 1338. À. p1 Sraro : Votati, n°166. Var. simil.: Provence, 1337 (?)-4l ; Lyon (?) 1339 ; Pistoie, 1340 ; Gondrecourt (Meuse), 1340; Draguignan, 1340 ; Grenoble, 1340 ; Venise, 1341 ; Bordeaux, 1341; Pise, 1343; Dijon, 1343 ; La Chaussée (Meuse), 1343 ; Palerme, 1344.— Voy. Zonghi, XXXVII, n° 1, Fabriano, 1338.

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