SCÈNE VIII
GEORGINA, puis BARAZIN.
GEORGiNA, entrant un carton à la main.
J’ai laissé maman dans le jardin... Elle est enchantée de la promesse que Léon m’a faite... Celte pauvre mère, elle s’est fait tirer les cartes, et il paraît qu’on lui a annoncé le retour du valet de trède... De sorte qu’elle s’imagine sérieusement qu’elle va retrouver enfin mon papa le cuirassier... (Elle lire le chapeau de son carton.) La... Voilà le chapeau... (Elle le pose sur une chaise et tourne le dos à Varazin qui entre.)
BARAZIN, revenant par la droite.
Sapristi! que cet habit me gène dans les entournures, je vais le retirer un instant... (Apercecant Georgitia.) Hein! un jeune fille.
, GËORGiîiA, se retournant.
Quelqu’un!... (A Barazin.) Pardon, monsieur, je vais rejoindre maman... (Saluant.) Monsieur!...
BARAZIN, vivement.
Votre mère!... (A part.) C’est elle!... C’est ma fille!... Oui, je le sens là!... Oh! la voix du sang! ça ne ment pas!... Jouissons de son ignorance... (.4 Georgina.) Vous no me connaissez pas... Je suis un ami de Léon... de Léon qui doit vous épouser...
GEORGINA
Ah ! vous ôtes un ami de Léon... C’est uii bon petit jeune homme... Pas cascadeur, comme tant d'autres...
BARAZIN, à part.
Elle a de drôles d’expressions... et quelque chose d’éveillé dans la physionomie... Elle mo ressemble... Positivement, elle me re.ssemblo... Préparons-la adroitement... (Haut.) Vous n’avez jamais connu votre père, n’est-ce pas?
GEORGINA
Jamais!
BARAZIN.
Est-ce que votre maman ne vous en a pas parlé quelque fois ?...
GEORGINA
Oh I si, bien souvent.
BARAZIN.
Bien souvent! [Avec émotion.) Brave femme! (A Georgina.) Et que vous en disait-elle?
GEORGINA
Que c’était un mauvais garnement qui l’avait plantée là 1 BARAZIN, rexé.
Garnement!... le mot est vif... et peut-être ne méritet-il pas... Je le connais moi.
. GEORGiNA, vivement.
Vous le connaissez... Est-ce que c’est un homme bien?
BARAZIN, d’un air satisfait.
Dans mon genre.
GEORGINA, vivement.
Et où est-il ?
BARAZIN.
Tout près d’ici... [A part.) La pantomime doit faire le reste... [Il la regarde avec tendresse et lui ouvre ses bras. Georgina étonnée, le regarde.) Le cri du cœur, maintenant, le cri du cœur I
GEORGINA, comprenant et s'élançant dans ses bras. Mon père I
BARAZIN.
Ça y est !... [Il l’embrasse. Puis changeant de ton.) Mais mordieu ! que je suis donc gêné dans les entournures!
GEORGINA, se dégageant.
Je cours avertir maman.
BARAZIN, la retenant.
C’est inutile... elle sait...
Les filles de barazin 2i
GEORGIXA.
Mais elle ne m’a rien dit.,.
BARAZIN.
C’était convenu entre nous... Je l’avais priée de ne lien te dire... Du bruit !... Ce sont les Moulinet, les parents de Léon, je vais le présenter.