SCÈNE XII
BARAZIN, puis MADAME MOULINET, puis MOULINET.
BARAZIN. .
C’est égal, ce métier do père est décidément très-fatigant... {s’essuyant le front) très-fatigant.
MADAMb: MouLiNKT, entrant par le fond.
Monsieur Barazin ! Ah I je suis bien aise de vous trouver seul... (Avec intention.) Je viens do voir la mère do Mademoiselle Georgina.
BARAZIN, à part.
A'ic 1
MADAME MOULINET
Or, mademoiselle Georgina n’est pas votre fille, et vous vous êtes nîbquéde nous.
BARAZIN.
Ahl madame... une telle pensée... Eh bien, oui, je suis séparé de ma femme depuis seize ans, et je ne connais pas ma fille... Voila la vérité vraie...
MADAME MOULINET
Et mon mari qui est fermement convaincu que vous n’avez jamais quitté votre intérieur.. . 31ais, si vous luiditeS .cela, monsieur^ il ne voudra plus entendre parler de mariage.
LES FILLES DE lîARAZIN
BAUAZIX.
Je le sais bien... Aussi, marJamo, je compte sur vous... tâchons d'arranger cela, si vous voulez le bonheur de voire neveu.
MADAME MOULINET
Oui, vous avez raison, il faut à tout prix cacher votre situation.
MOULINET, entrant par la droite, à part.
Ce que vient de me dire Léon de ce Barazin... {L’apercetant.) llein! lui avec ma femme'... [Il se cache.)
MADAME MOULINET, à Baraziti.
Eh bien, voila qui est entendu... pas un mot à mon mari de tout ce qui s'est passé depuis dix-huit ans...
BARAZIN.
Soyez tranquille... il ne se doutera de rien.
MADAME MOULINET
Il faut que nous le trompions... c’est une nécessité. , MOULINET, caché.
Hein ?
BARAZIN.
Il le faut! Bah! il ne s’en portera pas plus mal pour cela.
MADAME MOULINET
J’ai bien quelques remords.
BARAZIN.
Vous les étoufferez !... ça s’étouffe les remords... Voilà seize ans que j’en étouffe, et je n’ai jamais eu à m’en plaindre, et puis, voilà ce qu’il faut vous dire, le bonheur de l’enfant en dépend! c’est pour l’enfant I
MOULINET, d part.
L’enfant ?
MADAME MOULINET
Je vous laisse... soyez adroit et discret. {Elle sort.)