LES FILLES DE BÂ.RAZIN
JEANNE
Mais deux seulement ; moi et Lucile, que voici. {Elle désigne Lulile qui entre par le fond.)
BARAZIN.
Lucile?
JEANNE
Mon amie de pension... La fille de monsieur Moulinet...
BARAZIN,
La fille de... Eh bien ! j’ai encore bien travaillé ! Et alors p’est vous... c’est toi... lu es... (La regardant avec amour.) Oh 1 oui, c’est elle... [S’arrêtant.) Ah! mon Dieu! s’il allait m’en surgir une quatrième I... (A sa femme.) Voyons, madame, dites-moi donc que je ne me trompe pas?
MADAME BARAZIN, SOUriant.
Non, monsieur, vous ne vous trompez pas.
BARAZIN, triomphant.
Ah I je le savais bien! (A Jeanne.) Tu es la vraie, toi... Tu es la seule... tu es l’unique... lu es ma fille authentique... Ohl la voix du sangl ça ne ment pasi ... [A Jeanne.) Voyons, mais embrasse-moi donc !
JEANNE, l'embrassant,
AhI de tout mon cœur!
BARAZIN.
Ça fait du bien... ça remet. (A Moulinet.) Combien d’excuses j'ai à vous faire pour la gifîle que vous ai.. . [A sa femme.) Et à vous, madame, pour celle que vous m’avez...
MADAME BARAZIN.
Oublions tout cela.
MOULINET
Oui, oublions... Quant à moi, je suis si satisfait que ce ne soit qu’une erreur, que je passe sur tout le reste.
LÉON
Alors mon mariage tient toujours?