JOHN Ï5ULL ET SON ILE
elle t'épargne le soin de faire deux élections. Quant à moi, je chercherai toujours à me rendre agréable. J'ai cinq ou six cent mille livres de rentes et tu te trompes joliment si tu crois que je vais me fâcher, parce que la Chambre des Communes a voté telle ou telle loi. J'ai le caractère trop bien fait pour cela. Je sais fort bien que je suis une cinquième roue au char de l'Etat; mais tu es trop poli pour me le rappeler, si je ne te fais pas sentir, de mon côté, qu'une cinquième roue peut quelfois jouer le rôle de bâton dans les roues. Je suivrai le bon et salutaire exemple de la reine : quand tu voudras les libéraux, tu les auras; quand tu voudras les conservateurs, tu les ai De ton côté, tu continueras à me donner du noble lord par le nez comme par le passé ; moi, je prendrai le pas sur la richesse et l'intelligence. Je protégerai la littérature et les arts en éparpillant1,
1. C'est aujourd'hui la mode, pour la jeune aristocrat do l'Angleterre, de réparer les pertes fûtes sur le turf en les bibliothèques et les précieuses collections d'an aïeux.
POST-SCRIPTUM yi^>
parmi mes compatriotes, les bibliothèques et les précieuses collections que m'ont laissées des ancêtres beaucoup trop conservateurs; je protégerai la scène dramatique en entretenant plus d'actrices que jamais... Tu le vois, mon ami, nous pouvons très bien nous entendre. »
Si la Chambre des Lords meurt, elle aura la consolation de savoir qu'elle le doit, non point à ses ennemis, mais à ses partisans les plus ardents. Au reste, il est rare qu'un gouvernement ou qu'une constitution ne meure pas de la main de ses amis à outrance.
Nous avons dit aussi : « Les deux grands partis politiques sont de force à peu près égale... Le parti irlandais devient tous les jours plus national et il pourra se faire que, dans un avenir peu éloigné, le gouvernement ait à compter sérieusement avec lui1. »
Le fiasco de la campagne d'Egypte a beaucoup diminué la popularité du parti libéral, et il est