LES AUTRES
Oui, oui...
diogène, se soulevant, nuit complète.
Ah çà 1 on ne peut donc pas dormir ici ?
tous. \
Diogène !
GORGIAS
Toi, ici?... Tu vas nous mettre d’accord.
DIOGÈNE
Parfaitement! il faut d’abord savoir qui les statues veulent suivre. {On se regarde avec étonnement.)
TOUS
Il est fou.
DIOG&NB, se levant et allant prendre sa lanterne qu’il avait déposée en entrant sur la table à gauche .*
Pas du tout. Faites tous deux valoir vos droits ; ma laaterne s’appelle la vérité. J’eclairerai les filles de marbre, et vous, Atheuieus, soyez juges. Allons, Phidias, allons, Gorgias... ( Il se place en face des statues, élevant su lanterne dont la lueur frappe les trois visages. Musique.)
PHIDIAS
Eh bien, soit! (S'adressant aux statues.) Laïs, Aspasie, Phryné, je suis Phidias... vous me devez la vie, et je vous aime ; vous le savez, je suis pauvre.
DIOGÈNE
Mauvais moyen, Phidias, mauvais moyen.
PHIDIAS
Je suis pauvre et je n’ai que vous. Restez près de celui à qui vous devrez votre gloire et votre immortalité. (Les statues demeurent immobiles.)
GORGIAS
A moi!... (S* adressant aux statues.) Je suis Gorgias, le bourgeois d’Athènes ; je suis riche à moi seul comme tous les rois de l’Asie, et je vous offre des pala's tout pavés d’or. Aspasie, Laïs, Phryné, qui choisissez- vous? (Les statues tournent la tête et sourient à Gorgias.)
phidias, poussant un cri.
Ah ! (71 couvre son visage de ses mains. Les Athéniens parlent entre eux avec stupéfaction.)*"
GORGIAS
Par tous les dieux ! j’ai cru voir les statues remuer les lèvres pour me sourire.
DIOGÈNE
Je vous reconnais bien là, ô filles de marbre! courtisaocs du passé, courtisanes de l’avenir. (Il se couche.)
la voix de théa, dans le lointain.
La déesse a dit : Aime encore De tout cet amour qu’il ignore.
Enfin ,
Puisque les fleurs viennent de naitre,
Cueillons... il les verra peut-être
Demain !
(Phidias est anéanti.— Gorgias sourit. — Les esclaves se disposent d enlever les statues.)
* Corgias, Phidias, Diogène.
" Phidias, Gorgias, Diogène,