UNE VOIX DANS LES BOSQUETS
Frédéric!... (Un domestique qui se promenait de long en large du côté gauche se dirige vers les bosquets , puis sort ensuite par le fond. Un garçon sort des bosquets et rentre dans la maison au fond. )
Francis, à Fœdora, continuant une conversation commencée. El avez- vous gagné...
FOEDORA.
Oui, mais une vingtaine de louis seulement.
FRANCIS
Pour qui aviez-vous parié ?
FOEDORA.
Pour Emilie à lord Prigthon.
Juliette, à Francis.
Est-ce que vous n’aviez pas de chevaux engagés, vous?
FRANCIS
Non, je ne fais plus courir. Vous ne savez pas ce que je fais de mes fonds à présent?
JULIBTTB.
Non.
francis, riant.
Je subventionne un théâtre.
fof.dora, riant.
Oh! la mauvaise affaire!...
* Juliette, Fœdora, Francia.
un des jeunes gens, aux tables du fond , au garçon , qui passe avec une longue boîte.
Donnez-moi donc un cigare, garçon I (Le garçon s’approche .)
FOEDORA.
Ah! vous ne savez pas! le jokey de Mauléon a fait une chute terrible l’autre jour.
Francis, allumant une cigarette.
Vraiment ?
JULIETTE
Oui; même que cet imbécile-là m’a fait perdre 500 francs.
FRANCIS
Comment ?
JULIETTE
J’avais parié qu’il s’était cassé le cou.
FRANCIS
Eh bien ?...
Juliette, avec humeur.
Eh bien, je vous dis que j’ai perdu.
FOEDORA.
Francis, avez-vous vu Marco ces jours-ci?
FRANCIS
Je l’ai entrevue hier à l’Opéra.
JULIETTE
Avez-vous été lui dire bonsoir?
FRANCIS
Ma foi non. Il y avait un tas de gens dans sa loge ; des peintres, des hommes de lettres.
FOEDORA.
Quelle drôje de fille!...
Juliette, avec indulgence.
Ah! dame, écoute donc ; Marco en a besoin. [En ce moment on voit passer de droite à gauche un palef renier portant une selle. Un monsieur sort par le fond et se croise avec un autre qui entre et qui monte dans le restaurant .)