SCENE II
STRABON, THÉA.*
STRABON
Qu’est-cequi chante donc?. . Ah ! c’est Théa! Bonjour, Théa. (Théa va déposer son bouquet sur la table et s'assied tristement auprès.) Tu viens encore du temple de Vénus?
THÉA.
Oui!
strabon, se levant et s’approchant d'elle.
On ne voit que toi dans le temple de Vénus... Est-co que tu
* Théa, Strabon.
tx LES FILLES DE MA II DUE.
serais amoureuse, par hasard? Ah! j’y suis... tu aimes Alcibiade... cet Alcibiade, il n’en manque pas une, le temple de Vénus ne désemplit pas... c’est comme le temple de Mercure (riant), il n’y a plus que les femmes et les voleurs qui croient aux dieux ! Allons, conviens-en, tu aimes Alcibiade!... (Théo, secoue la tête.) Ce n’est pas lui!...
TIIÉA.
Est-ce que j’ai le droit d’aimer ?
STRABOîî.
11 est vrai, tu es une esclave, que le maître a recueillie un jour que tu tombais de lassitude et de faim devant sa porte. Tu t’es bien conduite, quand cette fièvre a pensé l’emporter... Toujours là, la nuit, le jour, à le veiller, à le soigner. Il avait tant travaillé à ces trois statues... que le délire est venu... Et que disait-il dans ce délire ?
théa, se levant vivement.
Rien !... rien !.. .
STRABON
Tu mens! car il parlait tout seul! comme il fait chaque jour quand il s’enferme dans cet atelier... Après ça... qu’il dise tout ce qu’il voudra... que m’importe à moi... Pourvu que la Béotie produise de bonnes figues et la Crète de bon vin... (Il prend une amphore et boit à même — 77 léa va s’asseoir au pied des statues à droite, immobile et pensive.)