SCÈNE PREMIÈRE
RAPHAËL, M“* DIDIER. {Raphaël est assis à droite, la têts dans ses mains, devant un bloc de terre dégrossi. Af“® Didier est assise à gauche; le travail q nielle tenait s’est échappé de ses mains. Elle regarde Raphaël et essuie une larme. Moment de silence.)
RAPUAEi, à lui-mime avec passion.*
OMarcol Marco!... Dangereuse syrène... créature bizarre, dont les yeux sont ici et le geste lè-bas, dont la pensée est lout près... et le cœur... Ah! Marco, oîi est-il ton cœur? (A/“* Didier 8*est levée tout doucement et s'est approchée de Raphaël.)
H*' DIDIER, lui touchant l'épauU.
Raphaël! Raphaël! <
’ ' RAPHAËL, se réveillant
Plaît-il, ma mère? ■ ■ • ;
DIDIBR. I
Tu ne travailles donc pas?
RAPRAELt
Mais non, je pensais... i.'- . i '
• M« DUisr, Raphaël. ’ ^ ... ’
M"* DIDIER, avec douceur,
A quoi ?
RAPHAËL, avec impatience.
Mais... à ma statue.
»“• DIDIER
Raphaël, ne me brutalise pas...
RAPHAËL, la prenant dam set bras.
Ha mère!...
DIDIER
Dis, qu’as-tu, mon enfant? est-ce que tu souffres?
RAPHAËL, s'efforçant de sourtre.
Non, non, ma mère 7
M“* DIDIER
Pourquoi rêres-tule jour? Pourquoi ne dors-tu plus la'nuit?
RAPHAËL
Mais, TOUS TOUS trompez... tu te trompes, mère.
M“' DIDIER
Non, mon enfant, car chaque nuit je veille aussi, moi, et chaque nuit je vois de la lumière uaiis ta chambre, et quand j’écouteè ta porte, je t’entends marcher.
RAPHAËL
Je vais te dire, mère... je... je prépare... j’ai une grande idée!., et... vous comprenez?... cela me donne la fièvre.
M“* DIDIER
Non, mon ami, ce n’est pas ton travail qui trouble ion sommeil maintenant.. . c’^t autre chose.
RAPHAËL
Hais.. . je t’assure...
H*** DIDIER
Ecoute... il s’est passé quelque chose d’étrange dans ta vie, Raphaël.. . i! y a un mois dî cola.. . Tiens , ^a date d’un jouv oîi tu é ais allé au bois de Boulogne. {Momement de Raphaël.] Vois-tu que c'est vrai... Mon ItapiMÔl , mon enfaai bien-ni^né , dis- moi tout.. . Tout ce beau moude, tous cos riches équipages, ça t’a rendu ambitieux peui-ètre , hein ? Oot-eo cela?
RArRAEL.
Oui... oui...
DiDim.
Mais tu seras riche, mon ami, tu as dn talent... travaüte, et tout ce luxe qui te fait envie... (Changeant de ton.) Nun, vdistu, ce n’est pas ça... confie-moi tes chagrins, mon bien-aimé...