‹ Les filles de marbre drame en cinq actes, mele de chant (volume 3)Chapitre 41 sur 68 · HAR!E · texte numérisé non relu

HAR!E

Cette femme voyant qu’on ne venait pas me reprendre, n)0 faisait des reproches, et comme je n'avais pas encore de no’i'. à ce qu’il parait... elle m'en avait donné un, elle; ça me fais^ii' bien de la peine, quand elle m'appelait de ce nom-là.

Quel était-il T

MARIE

Elle m’appelait i Misère I

R/.PHABL, ému.

Ohl...

MARIE

Un jour cette Vieille femme est morte, et j’ai été recuoilîio par le curé du pays, un vieux prêtre qüi m'a emmenée au presbytère; j’étais bien heureuse là... il y avait une vteiHe^liSe.%. tenez, que je me suis rappelée en passant ici tout à l'heure; et c’est pour ça que je suis entrée.

RAPHAËL

Il vous avait donné im nom aussi, lui?

MARIE

Oui, mais pour tout de bon, il m’avait baptisée : Marie.

RAPHAËL, avec inlérét.

Et enfin?

MARIE

Enfin... un jour le pauvre vieux prêtre est mort à son toilr tout è coup (elle essuie une larme), et m’a encore laissée toute seule... J'ai eu tant de chagrin que je suis tombée malade, et c’est alors qu’on m’a portée à l’hôpital de la ville voisine ; |’ài souffert pendant bien longtemps, et comme je ne me plaignais jamais, les bonnes sœurs, elles aussi, avaient ajouté «n nom à mon nom... elles m’appelaient Marie la Uésignée.

RAPHAËL, enlraîné.

Pauvre petite I (Jl rembrasse.)

MARIE, avec un mouvement,

Abl...

RAPHAËL

Je vous ai fâchée, Mario?

kk

HARiB, souriant.

Oh I non... ce n’est pas cela.

R&PBABI..

Mais TOUS êtes toute émue.

MARIE, à demt-votx.

Ah I je vais vous dire ; c’est qu’on ne m’a jamais embrassée ! {Raphaël lui embrasse la main.)

D'isGBNAis, très-ému.

Eh bien... c’est très-joli, tout cela, sacrebleu! Raphaël.) Elle est adorable, voilà une vraie feram«, au moins. [A pari, frappé d'une idée.) Ah ! mais j’y songe, s’il pouvait... si le bonheur voulait... Oui... oui... R.iphaël serait sauvé...

RAPHAËL

Mademoiselle Marie, que savez-vous faire?

' MARIE

La mère Mathurine m’a appris à coudre et à garder les moutons ; le vieux prêtre à lire et à prier, voilà tout.

DESGENAIS

Je connais beaucoup de filles... très-bien qui n’en savent pas

autant.

RAPHAËL, qui regardait Marie.

Quelle pureté de lignes I quelle figure d’ange I...

DBSGBKAIS.

Oui, n’est-ce pas? tu feras une statue de plus.

RAPHAËL

Oui, la Vierge des sept douleurs...

DESGEXAis, à part avec joie.

Quelle chance! le travail revient, et le souvenir de Marco ^éloigne I

RAPHAËL

Vous ne savez pas, Marie T

MARIE

Quoi donc?

RAPHAËL

11 ne faut pas entrer en service...

DESGBNAIS.

Non... Non certainement il ne faut pas nous quitter, tiu serons voU*e père.

marie, souriant en les regardant.

! vous êtes trop jeunes.

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