‹ Les filles de marbre drame en cinq actes, mele de chant (volume 3)Chapitre 67 sur 68 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

DKSGE.NAIS.

Cu’à-t-il donc? {Z«i prenant la main.) Si inain est brûlante. .

MAKIB.

Elle était glacée tout à l’heure. (Musiçue à P orchestre çui rappelle le motif de P apparition des statues au prologue. La mtil vient per degrés.)

haphaAl, debout; le délire redouble ; il regarde dans le vide, Parti

fixe.

Les voyez-vous!... les voyez-vous. . là bas... là bas... •

DBSGBNAIS.

Mais qui donc?

RAPHAËL

Les filles de marbre.. . Pourquoi donc me poursuivez-vous ai?)¥LÎ pourquoi tendez-vous vers moi vus bras nus ? je ne vous coniiais plus!. . je ne veux plus vous connaître !... Vous restez?... eh bien, ce que vous m’avez fait, je vou;; le ferai... vous fn’atez déchiré le cœur... à mon tour!... {H fait le geste 'et recule). üesgenais... ma main n’a rien trouvé... tu ne sais pas, elles n’ont pas de cœur... ' ■ •

DBSGENAIS.

Mon ami ! calme-toi !

MARIE

tiÀVBAEi, la regardant fiximent. i -,i ..-'f

Qui êtes-vous?... que me voulez^’Voua?...

MARIE

Mais je suis Marie... Marie voire sœur.

RAPHAËL. 1 1 ! t

Tu es Marie... Ah! oui, je sais... une jeune fille que ma mère aime bien. Alors si tu es Marié, donne-moi le bras .. et viens... bien loin d'ici, bien loin... Je ne p< ux plus marcher!* (Desgenais le soutient; ils le font asseoir daiis le grand fauteuil a gauche.) Pauvre en fan II lu es l’orpheline que l’orage a jetée près de nous... tu étais ma fille... et bientôt tu seras encore orpheline.. .

•* ‘ hIRte.

Non, non.. . vous vivrez... entre votre mère et moi... nous vous aimerons tant. ‘ ' , ■

RAPHAËL (1.1 • .'-l'-., i /i' .

Oui, tu m’aimais bien, n’est-ce pas, pauvre enfant abandonnée 1 tu vivais agenouillée dans Ion amour, et j’ai passé près de toi sans te voir ! Tu me souriais, ei je n’ai pas vu ton sourire... tu me tendais la ni.iin .tu bord de Tabîtrie él je h’ai fiàs vu fa main, et je sms tombe, {.^dvec des larmes.) Ah ! je vois bien main-

* Marie, Rapiiaét, Uesgenaie “A'

LES FILLBS UE A)À[IBRE

tenant où est le bonheur', Marie I il est dans votre amour h toutes deux; ce bonheur, je le vois, je le touche !... je vais Fattein* drel... il est trop tard...

marie.

Mon Dieu ! mon Dieu 1

raphaBl, se soulevant et retombant aussitôt.

Je veux embrasser ma mère.. Non... elle dort... elle râveque je suis heureux ; Marie , tu lui porteras mes baisers. (Il l'embrasse.) Ne la quitte pas... elle est si vieille... Ma pauvre mère ! elle aussi va être orpheline.

MARIE, avec désespoir.

Raphaël ! mon frère !...

RAPOAiL, Murtant et répétant dune voix faible la chanson de Marie.

Le ciel est tout plein d'espérance,

La terre est pleine de chansons. (Sa tête retombe.)

MARIE , avec un cri étouffé.

Ah ! mort I (Elle tombe à geiiouc devant Raphaël. — L'or- ' chëstrejoue en sourdine l'air de la chanson de Marie. — On entend frapper trois coups à la porte de l'atelier.)

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