‹ Les filles de marbre drame en cinq actes, mele de chant (volume 4)Chapitre 14 sur 61 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

retourner à Paris, {John s’incline et sort, Julian prend un cigare au passage du garçon, Marco paraît au bras de Mauléon.)

JULIETTE

AhI Toilèi Julian avec Josépfaa.

JULIAN, à Francis.

Tiens! bonjour... {Saluant.) Mesdames!...

FOEDORA.

Quel est donc ce monsieur qui donne le bras à Marco?

FRANCIS

C’est Mauléon, un agent de cliange. Je le crois amoureux; de notre belle prima donna. {On rit, Josepha est venu s’asseoir à la première table auprès du bosquet de droite.) • ,

JosÉPiiA, assise.

Dieu ! que je suis lasse 1 tout le bois h franc-éirier. Cette Marco a le diablo au corps. {Mauléon et Marco sont descendus lentC' ment.)

UAULÉON.

En vérité, vous avez été adorable dans la représentation de jeudi; d’honneur, on ne chante pas comme ça.

■ARGO, s’asseyant après avoir fait un petit signe de la main aux gens du bosquet. A Mauléon.

Vous savez que ce n’est pas aimable du tout, ce que vous me dites là. i

MAULÉON, se défendant.

Oh ! vous ne me comprenez pas. . , . S

JULIAN

Eh! si, on te comprend; et la preuve c’est que Marco le moque de toi.

MAULÉON. • ,

Comment?... * .1

JOsÉUiiA, à Julian.

Appelez donc le garçon ; je meurs de soif.

JULIAN

Garçon ! {Continuant.) Eli! sans doute, mon cher, tu tournes au madrigal, au bouquet à Cliloris, aux mille fleurs, et ces dames n’aiment pas ça... Que diable! on doit aticndre outre chose d’un agent de change. {Le garçon entre dans le bosquet.) JOSÉPIIA, se levant.

Ah I à propos, mon petit Mauléon, il faut que vous signiez ma liste. .. et vous aussi, monsieur Francis.

JULIAN

Ah! voyons, Josépha ! on ne fait pas d'affaires ici ; allez à la Xtourse ou devant Tortoni.

ta

LES FlLLIsS I)E ARBRE.

, ,1 josÈPiu, - •; ,

Monsieur Julian» vous ne saves ce que vous dites } e’ast pçur une bonne action , et on en (ait partout.

J OMAN, riant, . , • -i ,

Ne dites donc pas de farces, JosepRa.

JOSâPHA. . ■ . '

Plalt-ilî... (Souriant.) Monsieur Mauléon... combien mettrai-je?... • • ■

uaulbom.

Mettez dix francs. . .

’ ‘ lÔSÏPHA.

Voiliil... Ahl mon Dieul... j’ai mis un zéro de trop !

UAOtiON.

Oh! laissez-lo puisqu’il y est.

rosÉPHA, passant à gauche.

C’est très-gentil!... Et vous, monsieur Francis...

FRANCIS

La même chose, mais n’ajoutez rien cette fois !

JOSÉFIIA.

Que ce Julian est insolent, quand j’y pense I

zoLiAN, rtam. ■ ^

Tiens, cette réflexion...

HARCO.

Le fait est qu’il abuse un peu de la permission qu’on lui laisse de tout dire.

lULlAN.

Que voulez- vous ! ça me réussit.

josÉpuA, elle s'assied pris de Francis.

Le fat !

FRANCIS

Il dit vrai, mesdames, et ma foi ! c’est bien votre faute, vous le gâtez trop.

roséPiiA.

Et il mord les mains qui le flattent

JULIAN

C’est exprès... vous n’aimez que ces gens-lè ; demandez à Desgenais,

UARCO. . .. '

Notre Diogène !... ah ! ma foi !... il m’amuse, lui.

JULIAN, à Josépha.

Vous voyez?

..j ACTii.ir.'.' '

ni -i . JOïKpu». - ' -> '' •• ••

I OiM> mais jJé^genai» a presque 4e l’esprit, au moins>*>

JÜLIA.X. '

■ Eh bien, moi. je ne suis que presque bêle. {Fredonnant la fin de l’air de Joseph.) ‘ '

Combien de femmes dans ce monde ..

Ne pourraient pas en dire auUnt.

josfïpiu, ae levant avec col^e. ' ' • • ■ \

Est-ce pour moi que vous dites ça?...

JULIAN, riant. '

Mais non, mais non. Quelle querelleuse que celte Josépha !

JOSÉFHA.

Non, mais c’est que vous avez toujours l’air de me mécaniser, et je n’aime pas ça, moil... - •

JULIAN. ’

Qu’est-ce que o*est que ce mot-là ! {Riant.) Depnis que Mareo l’a fait entrer dans les chœurs des Italiens, Josépha se croit dispensée de parler français. ' ' .

JOSBPRA.

Oh! les mots n’y font rien... mois Marco a raison... vous abusez des bontés que l’on a pour vous.

Vous appelez ça des bontés? - . '

HAULéON.

Comment!... aurais-tu été assez heureux pour toucher U eoiur do la charmante Josépha?

JULIAN. ‘ • ’

Non, non, il n’est pas question de ça.

JOSÉPHA. '

Plaît-il?

JULIAN, riant.

Rien, rien... ; ,

FRANCIS

Allons, je vois que tu CS un ingrat, Julian. • ■

JUUAN, se levant et passant au milieu.

Oh ! messieurs, ne parlons pas d’ingratitude devant ces dames. MAivco, avec nonchalance.

Pourquoi ?

JUUAN.

, parce qu’il ne Igut pas perler de corda devant un pendu. lAfçtrco sourit et hausse les épaules.} Vous souriez, Marco. Voyons,

franchement, aimez-vous ceux qui se ruinent pour vous plaire? accordez-vous une fleur de vofro bouquet à cdui qui soupii®. une larme à celui qui meurt ?

MAtvco, raillant. . . ^

Ecoulez 1 écoutez! > . . ; ^

JÜLIAN. .

Pardieu je vous connais! ei je le répète, vous êtes les muses de l’ingratitude, et c’est bien fait pour riiuraanilé. . . ça lui apprendra à vous croire bonnes sous prétexte que vous êtes belles.

HARCO, baillant.

Décidément, j’aime encore mieux Desgenais.

JOSÉPUA, toujours en colère.

Mais enfin, voyons.. .

» UARCO» t . . - '

Oh ! assez, hein?

JOSÉPIIA.

Non, car ça me révolte ça. {On rit.) Si noos sommes si mauvaises que vous le dites, pourquoi nous r echerchez- vous ? Pourquoi venez-vous à nos bals, à nos fêtes ?

JULIAN

Parce que j’aime le bruit et les lumières. • • [ . >

HARCO. *

Mais si nous sommes si dangereuses, ne craignez-vous pas pour votre cœur, pour votre repos? ,•

JULIAN

Non, non, je suis assuré. ■ i;. • ;

MARCO, na«<. . = ' l'

Prenez garde ! t

JULIAN, se rapprochant (Pelle,

Je vous en défie 1 ■ : - \

marco, le regardant fixement. •

Eh bien! {Reprenant sa pose nonchhlanle.) Ahl balh, non, il fait trop chaud ! [On rit.) •• • *

MAÜLÉON.

Belle Marco, toujours aussi indifférente? *

JULIAN. '

Puisque je vous dis que Marco n’aime rien. •

MARCO

Platt-il? • :

JULim.

Âh! si t... pardon ! (^4 demi-voix aux autres.) J’oubliais la chanson.

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