STRABON
Bonjour, Théa.
[Théa va déposer son bouquet sur la table et s'assied tristement auprès.) Tu viens encore du temple de Vénus? •
' BtRABON, se levant el s'approchant d'elle. '• On ne voit que loi dans lo temple de Vénus,.. Est ce que ttt * Théa, Strabon, t
serais amoureuse,* par hasard? Ah! j’y suis... lu aimes Alcibiade... cet Alcibiade, il n’en manque pas une, le temple de venus ne désemplit pas... c’est comme le temple de Mercure (riant), il n y a plus que les femmes. et les voleurs qui croient aux dieux! Allons, conviens-en, tu aimes Alcibiade!... (T/iéa secoue la tête.) Ce n’est pas lui!...
TIIÉA.
Est-ce que j’ai le droit d’aimer ?
STRABOX.
Il est vrai, tu es une esclave, que le maître a recueillie un jour que tu tombais de lassitude et de faim devant sa porte. Tu t’es bien conduite, ‘quand celte lièvre a pensé l’emporter... Toujours lit, la nuit, le jour, à le veiller, à le soigner. Il avait tant travaillé à ces trois statues... que le délire est venu... Et que disait-il dans ce délire ?
THKA, se levant. vivement,
, Rien!... rien!... . .
' STBABON. *
Tu mensl car il parlait tout seul! comme il fait chaque jour quand il s’enferme dans cet ateher... Après ça... qu’il dise tout ce qu’il voudra... que m’importe à moi... Pourvu que la Béoiie ' produise de bonnes figues et la Crète de bon vin... {J l prend une amphore et boit à même. — Théa va s’asseoir au pied des statues a droite, immobile et pensive.)