SCÈNE V MARIE, GEORGE
GEORGE
Marie, votre bonne mère nourrice m'assurait tout à
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riii3ure que depuis quelques jours vous éliez plus gaie et plus heureuse qu'aupiravant... est-ce vrai?
MARIE
Je ne sais ce qu'a voulu dire Marianne.
GEORGE, avec tendresse.
Ah ! Marie, est-ce que vous ne vous fiez pas à moi? Est-ce que vous ne me trouvez pas digne d'être le coiifi Jent de vos petits secrets, de vos gros chagrins?
MAR lE, un peu émnp.
Mais je n'en ai pas, monsieur George.
GEORGE
Du moins, vous ne voulez pas me les dire. iPieîsji.i.) Voyons? Marie, ma chère petite sœur, si vous ne voulez pas me mettre de moitié dans vos chagrins d'autrefois, mettez-moi du moins de moitié dans votre contentement d'aujourd'hui.
MARIE
Monsieiu' George...
GEORGE
Vous refusez de me dire ce qui vous rend heureuse?.. * Eh bien, je vais vous le dire, car je Fai deviné, depuis huit jours... depuis l'histoire... de vos petites fleurs sauvages que vous avez recueillies si religieusement quand elles ont été fanées, recueillies comme un souvenir; vous êtes heureuse parce que, pendant toute cette bonne soirée de fête, vous avez été constamment auprès de votre mère, comme Blanche, parce que vous avez été fêlée, caressée comme elle... parce que votre mère a constamment laissé sa main dans la vôtre, et que, plusieurs fois, quand elle vous regardait, vous avez vu luire dans ses yeux les mêmes éclairs de tendresse qui y brillent toujours quand elle regarde Blanche... Est-ce vrai? Voyons, c'est vrai, n'est-ce pas?...
MARIE qui a recueirii avideruenl chacun de ces souvenirs évoques parGcoigo. s'abandonnant tout à fait.
Eh bien! oui, et ce n'est pas tout... notre mère est restée avec nous dans le parc, jusqu'à minuit... et à ce moment même, comme Blanche dansait, sous les grands chênes, avec
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les paysans, je suis restée toute seule avec notre mère... nous marchions dans une allée bien sombre^ bien solitaire. (Avec une joie ardente.) Sou bras eutourait mou cou^ ses lèvres effleuraient mon front, et elle me disait : Ma fille i avec une voix si douce, que je croyais que j'allais mourir... (Essuyant
une larme de George et fouriant à demi.) Ah! VOUS Tavez VOUlu, C^CSt
votre faute.
GEORGE, avec tendresse.
Parlez!... Parlez!..,
MARIE
J'avais déjà dans ma vie un souvenir comme celui-là... mais moins doux!... cependant... J'étais malade... Plusieurs fois, la nuit, je vis comme une ombre qui se penchait vers moi... je sentis un baiser qui courait sur mes lèvres, une larme qui glissait sur ma joue, (avcc ivresse!) Oh! dans ces moments-là, je ne souffrais plus, plus du tout, (avoc tristesse.) Quand je fus guérie, l'ombre s'en alla, et elle n'était jamais reveime; (avec joie) mais l'autre soir, oh! c'était bien elle, je l'ai retrouvée. (Avec prière.) Pourvu, mon Dieu... que ce ne soit pas pour la reperdre encore !
GEORGE
Est-ce que. . depuis?...
MARTE, souriant avec tristesse.
Ah dame î depuis, on n'a pas dansé sous les grands chênes.
GEORGE
Je comprends.
MARIE
Oh! tenez, je suis folle!... Je n'aurais pas dû... mais je n'ai pas eu k force de... Oh ! mais ne répétez jamais ce que je vous ai .dit là... jamais, n'est-ce pas?
GEORGE, lieiireux.
Non, non, jamais. Vos secreis resteront là, chère Marie, ensevelis dans le coeur de votre frère, je vous le jure.
"^ George, Marie.