‹ Les filles de marbre; drame en cinq actes, mêlé de chantChapitre 154 sur 167 · AC'JE I V · texte numérisé non relu

AC'JE I V

A iN T O I > E*.

Moi?... Ah! tenez, monsieur Claude, puisque Marie n'a pas de secrets pour vous, je n'eu auiai pas non plus. Je vou^ dirai donc que je ne sais pas comment je l'aime , mais ce qu'il y a de sûr^ c'est que je ne bats plus que d'une aile depuis que je sais qu'elle ne m'aime pas... Enfin, je ne sais pas si mon amour est un amour comme un autre , mais ce que je sais bien toujours, c'est que, si on me la donne, je la prends... Voilà tout ce que j'ai à vous dire.

CLAUDE, relatant.

Eh bien, eh bien! je dis, moi, que vous ne la prendrez pas.

ANTOINE

Ah ça, mon petit professeur! c si-ce que je vous trouverai encore longtemps comme ça dans mes jambes?... Savezvous bien qu'un de ces jour* vous vous ferez marcher sur

les pattes?... (ciaude hausse les ëpaiil.^?.) Et pUIS... (passant devant lui)

qu'est-ce que vous venez donc m'ennuyer* avec vos phrases de sacrifice par-ci? de victime par-là?... ne dirait-on pas... Après tout, elle est donc bien difficile, la petite cousine?... (Avec nne moquerie brutale.) Est-cc parcc qu'on l'a surnommée,dans le pays, la petite Cendrillon, qu'elle croit que, comme Cendrillon, elle épousera un prince?

CLAUDE, avec co'.eie.

Non, monsieur Antoine^ mademoiselle Marie n'a pas Tambition d'épouser un prince, mais elle ne voudrait pas non plus lier sa destinée à celle d'un homme qui ne saurait lui inspirer ni amour, ni respect!...

Ehben! en voilà un insolent!... Ah ça! mais, au fait, pourquoi donc vous mêlez- vous de ç^, vous? Est-ce que vous êtes le tuteur de Marie? est-ce que vous êtes son frère, son parent?... Eh! non, vous n'êtes rien du tout. De quel droit vous mêlez- vous donc de ce qui la regarde?... (Avec une gaieté bruta'e.) Est-cc que VOUS êtcs son promis, son amant?...

CLAUDE, s'elatçanl.

Qu'est-ce que vous avez dit?

* Claude, Antoine.

lU CEiNDRlLLO.X

ANTOINE, d'un air goguenard.

En tout cas, elle a mauvais goût. Monsieur Claude Pari- "^sot ! Tamant de mademoiselle Marie !

CLAUDE, avec un cri d'indignation.

Oh ! (Il s'élance sur Antoine, qui le repousse d'un coup de coude eu riant.)

Oh ! vous vous battrez !

ANTOINE

Je le battrai.

CLAUDE, U.ujour» d demi-voix.

Ah ! vous avez osé toucher à la pureté de mademoiselle Marie!... Vous vous battrez, n'est-ce pas? Oh! mais, ditesmoi donc que vous vous battrez !...

ANTOINE, riant plus fort.

Je vous jetterai par la fenêtre ! Voilà tout ce que je puis Taire pour vous.

CLAUDE

Eh bien ! je dirai partout que monsieur Antoine Fontenay, qui a été soldat, a eu peur de Claude.

ANTOINE

Hein?

CLAUDE

Je dirai que vous êtes un lâche !

ANTOINE, sérieuseaieul.

Ah ! tout beau, là! monsieur le roquet... Vous voulez une leçon, on vous la donnera...

CLAUDE

Soit!

ANTOINE

Quand je le disais, que vous finiriez par vous faire écraser les pattes !...

MARIANNE, paraissant au fond.

Monsieur Antoine, votre chambre est prête.

ANTOINE, ba», à Claude, raillant.

Comment nous battrons-nous, mon petit professeur?... A coup? J'enciier, ou à coups de dictionnaires?...

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