ACTE QUATRIÈME
RAPHAËL, bas.
J'ai envie de tuer quelqu'un.
Tue Marco... Tu rendras service à tes neveux... si tu en as...
DE FRESNES
Vous voulez donc rentrer à l'Opéra?... Ah! vous avez raison... on vous regrette à l'orchestre... tout le monde s'étonne... Vous rentrerez, c'est dit. C'est gentil de ma part, convenez-en; car, en vérité... (presque à voix basse) je serai ridicule si je vous protège.
MARCO
Vous?
DE FRESNES
N'aimez-vous pas M. Raphaël?
MARCO
Vous êtes insensé...
DE FRESNES
Vous l'avez aimé, du moins?
MARCO
Non.
DE FRESNES, d'une voix haute et en riant. Vous n'avez pas aimé M. Raphaël? (Raphaël écoute.)
MARCO, bas.
Ah! vous me défiez?... Eh bien... (a voix haute.) Non,
RAPHAËL, avec un mouvement.
Ah ! c'est trop fort !
DESGENAIS, à Raphaël tremblant.
Viens nous promener dans le bois de Boulogne... Je te racontu\à le Chat botté... c'est très-intéressant!...
DE FRESNES, bas, a Marco sonnant.
Petite ingrate!... Ah çà! vous me prenez donc pour un sot?...
Je n'ignore que ce que je veux bien ignorer; mais ne parlons plus de cela. Vous vous ennuyez, n'est-il pas vrai?
UARGO.
Oui.
DE FRESNES
Si par hasard ma voiture stationnait à quelques pas d'ici sur les cinq heures, viendriez-vous?
JWARCO.
A cinq heures? (Rires au fond.)
DE FRESNES
Ah!... oui, au fait!... Pardon, vous avez du monde!... (il lorgne an fond.) Qu'est-ce que c'est que ces gens-là?
MARCO
Oh ! on ne sait pas.
DE FRESNES
N'est-ce pas mademoiselle Fœdora qui est là-bas?
MARCO
Oui.
DE FRESNES, avec la plus parfaite indifférence. Tiens, je la croyais morte. Eh bien,*enfm, à huit heures, serezvous libre?
MARCO
Attendez, vous le verrez bien.
DE FRESNES, se levant. Adieu, chère petite; du calme, et vous retrouverez vos belles couleurs. Cette pâleur-là ne sait ce qu'elle dit. Adieu, et n'oubliez jamais que je suis de vos amis, (il lui serre la main; saluant.) Messieurs!... * (Desgenais salue,)
RAPHAËL, bas, à Desgenais.
Oh ! je ne puis le laisser partir ainsi.
* Marco, de Fresnesj Desgenais, Raphaël.