ACTE QUATRIEME
MARCO, avec un sourire, tendant la main à Raphaël *.
Merci d'être revenu ! merci de n'avoir pas pris toutes mes folies au sérieux ; c'est bien 1 et je t'aime plus que jamais. (Raphaël ne répond pas.)
MARCO, voulant Taltirer près d'elle.
Tu m'en veux encore?... Oh! mais je sais me faire pardonner. (Elle lui jette les bras autour du cou et l'embrasse. Raphaël la regarde fixement. Un peu troublée.) Mais qu'as-tu donc?... Comme tu me regardes! Ah ! vous me faites peur ! (Raphaël va décrocher un portrait et en retire le cercle.) Que faites-vous?
RAPHAËL, avec uu calme terrible.
Je reprends mon portrait, Marco... mais je vous laisse les diamants, (il les pose sur la cheminée.)
MARCO
Raphaël î
RAPHAËL
Marco ! veux-tu que je te dise pourquoi il y a eu pendant une minute de l'amour sur tes lèvres et dans tes yeux ? Eh bien ! c'est parce que tu as appris qu'en m'aimant, tu pouvais briser un cœur, faire couler des larmes... Ce qui te guidait, ce n'était pas le bonheur de Raphaël, mais le désespoir de Marie. (Mouvement de Marco. Raphaël, lui montrant la porte de droite.) Je n'ai pas bougé de là, Marco! Adieu... je pars... mais, auparavant, donnez-moi votre couronne, Marco.
HARCOo
Ma couronne I
RAPHAËL
Je la veux 1... (ll s'approche.)
MARCO, se reculant.
Êtes-vous fou ?
RAPHAËL
Otez! ôtez cela, Marco!... les roses blanches I... ce n'est que *AIarco, Raphaël.
pour le front des anges, ou le cercueil des vierges ! (il lui arrache la couronne et la jette à terre)
MARCO, avec rage.
Monsieur!... (La porte du fond s'ouvre, et tous avancent la tête.) JULIAN.
Qu'y a-i-il donc?
MARCO, se remettant.
Rien... rien...
RAPHAËL, bas.
Adieu, Marco, adieu pour toujours! (Il se dirige vers la droite.) MARCO, à part.
Pour toujours, c'est ce que nous verrons.
OÙ va donc Raphaël ?
MARCO, froidement.
11 ne veut pas dîner avec nous !