MARIE, RAPHAËL
RAPHAËL, assis sur le bout de la table. Eh bien, et vous Marie?...
* Raphaël, Marie,
MARIE
Oh! moi... je resterai, à moins que vous ne me chassiez.
RAPHAËL
Vous chasser? (Apari, en la regardant.) Pauvre enfant! quelle joie dans ses yeux, qui ont bien pleuré, sans doute !
MARIE
Comme vous me regardez!
RAPHAËL, lui tendant la main.
H y a si longtemps que je ne vous ai vue, Marie! MARIE, allant à lui.
Ce n'est pas ma faute.
RAPHAEt.
Non, c'est la mienne; mais nous ne nous quitterons plus, rassurez-vous... (Se reprenant.) Ras3ure-toi.
UARIE, sonriant. Elle s'assied sur le fauteuil, près de la table. J'aime mieux ça.
RAPHAËL
Clière enfant!
MARIE
Si vous saviez quels vilains rêves j'ai faits depuis que vous nous avez quittées 1
RAPHAËL
Et moi donc !
MARIE
Vous aussi?
RAPHAËL, avec nn romniencement de fièvre.
Oui, oui, j'ai fait un mauvais rêve et qui a duré bien longtemps, Marie ! J'ai rêvé qu'il y avait au monde des femmes qui passaient leur vie tout entière à tuer ce qu'il y a de noble et de grand, la gloire et l'amour; des femmes qui s'éveillaient le matin en se demandant froidement quelle ruine elles causeraient ce jour-là, quel Dieu elles renieraient la nuit suivante. J'ai rêvé que ces