ACTE I
voulez-vous (fue j'aille au-dcvaiit d'elle... de madeinuibelle Marie.
MARIANNE
Oui, oui, va, mon garçon...
JUSTIN
Oh ! je vas bien courir, allez !... (ii son.)
CLAUDE
Mademoiselle Marie ne sera peut-être pas contente.
Pourquoi ?
CLAUDE
Ah! c'est que... lorsqu'elle est dans ses rêveries, elle n'aime pas qu'on vienne la troubler.
MARIANNE
Oui, et ces rêveries-là finiront par lui jouer un mauvais tour; elle ne confie ses chagrins à personne, elle fait même tout ce qu'elle peut pour les cacher, et ça la fait souffrir, ma pauvre Marie. Ah! c'est que la jalousie est un vilain mal, et ma pauvre petite Marie est jalouse, bien jalouse... car sa sœur est choye'e, caressée du malin au soir , et elle, elle a des baisers quand il tn reste, et il n'en reste jamais. Cette préférence est tellement ^ensible...
CLAUDE
Oui, tout le monde s'en aocrçoit, excepté madame Fontenay, qui, j'en suis sur, ne s'en doute pas.
MARiAÂNE.
Mais alors, il faudrait...
CLAUDE
Eh: c'est très-délicat, madame Marianne.
MARIANNE
Avec tout cela, les préférences vont leur train, car voyons, entre nous, est-ce que c'est bien dans l'ordre naturel de marier la cadette avant l'aînée?... Mais dame, ça devait arriver, c'est tout simple... vu qu'au bal, au théâtre, partout, madame a toujom's su s'arranger pour mettre mademoiselle Blanche en avant, si bien que c'est elle qui a trouvé un préieul^i ia preiuière.
8 CE-ADRILLON
CLAUD E
Oui, rnonsieur le vicomte George de Spare^ un erifanl du pays, un enlant de !a Bourgogne, qui s'est toujours souvenu du pauvre Claude qui lui dénichait des nids aux vacances.
MARIANNE
Oii ! c'est un beau mari que Blanche aura là !... Quant à sa sœur, vous verrez qu'on la mariera, un jour, au premier venu, pour s'en débarrasser... Écoulez: il faut parler à madame; vos avis ne sauraient être mal reçus, car madame vous aime, vous estime... Elle ne fait presque rien sans vous consulter. N'avez-vous pas été le précepteur de nos deux demoiselles ?
CLAUDE, secouant Ti tête.
Oui, c'est-à-dire que, resté orphelin à dix-huit ans, sans pain et sans abri, j'ai été recueilli par monsieur Fontenay, qui, pour épargner des souffrances à mon orgueil, a eu la générosité de me donner le titre de précepteur de ses enfants. Pauvre précepteur, qui n'avait déjà plus rien à enseigner à ses élèves quand l'aînée n'avait pas douze ans!
MARIANNE
Enfin, il faut bien croire cependant que monsieur Fontenay vous estimait plus que vous ne ^ ous estimez vous-même, puisqu'en mourant il vous a chargé de poursuivre le procès qu'il avait commencé contre son ours de neveu, monsieur Antoine Fontenay.
CLAUDE
Ah! à propos, madame Marianne, j'ai fait la commission de madame, monsieur Antoine viendra ce matin même.
MARIANNE
Ici?
Oui... madame veut lui parler... elle espère l'amener à un arrangement... mais elle aura de la peine, car monsieur Antoine ne connaît qu'une chose au monde, l'argent, et comme il est à peu près sûr de gagner son procès...
MARIANNE
Cependant, il y a eu captation, comm^dit votre homme d'affaiies : car mademoiselle Fontenay, ^a belle-sœur de