‹ Les filles de marbre; drame en cinq actes, mêlé de chantChapitre 95 sur 167 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

aous envoyer des poulets, surtout depuis que nous avons... rjuasiment des... robes noires entre nous, car il paraît que voilà le moment où elles vont reparaître à l'horizon?

Oui, et c'est justement de ces robes noires que j'ai à vous entretenir... Mais je ne vous retiendrai pas longtemps.

ANTOINE

Causez, ma tante, je vous écoute.

MADAME FONTENAY

Cette explication que nous allons avoir ensemble, si je ne 'ai pas provoquée plus tôt, c'est que j'espérais, je vous l'avoue...

ANTOINE

Vous espériez que je ferais les premiers pas?... Eh bien I pourquoi les aurais-je faits? Ma cause est bonne, ainsi...

MADAME FONTENAY

Il n'est pas question de droits ici, Antoine, c'est à votre conscience, à votre cœur que je m'adresse.

ANTOINE

Ah ! très-bien, compris, des bêtises.

MADAME FONTENAY

N''êtes-vous pas effrayé comme moi des conséquences que peut avoir un tel procès entre parents ?

ANTOINE

Il n'y a pas de parents dans les affaires, ma tante, j'ai hérité de quinze cents bons mille francs par testament. Ce testament, vous l'attaquez, vous faites bien... Je le défends, je fais mieux. — Or donc...

MADAME FONTENAY

Mais nous ne nous comprenons pas.

Et je crois même que nous aurons ben de la peine à nous comprendre.

MADAME FONTENAY

Je ne cherche pas à savoir, en ce moment, lequel denous a le plus de droits à cette fortune.

24 GENDRILLOA

ANTOINF.

Lequel? Mais c'est moi donc.

MADAME FONTENAY

Je ne m'en inquiète pas, vous dis-je.

ANTOINE

Mais je m'en inquiète, moi.

MADAME FONTENAY

Je voudrais seulement vous faire comprendre ce qu'il y aurait de déplorable, de scandaleux dans un procès de cette espèce.

ANTOINE

Si vous craignez le scandale, désistez- vous, c/est bien simple.

MADAME FONTENAY

Je l'eusse fait déjà, Antoine, s'il n'y allait pas des intérêts de mes enfants, et surtout si je n'avais pas à exécuter la dernière volonté de leur pèiv.

ANTOINE, goiiaillant.

Oui, oui, oui, je conçois, c'est sacré... Eii bien! plaidons.

Non, ne plaidons pas, Antoine, vous n'avez pas besoin de ce surcroit de fortune.

ANTOINE

Faites excuse.

MADAME FONTENAY

Vos ressources dépassairnt déjà de l;eaucoup les rotrc-s même avant cet héritage.

ANTOINE

Je n'ai pas compté avec vous.

MADAME FONTENAY

Voyons? vous êtes assez riche.

ANTOINE

On n'est jamais assez riche.

MADAME FONTENAY

Vous êtes garçon.

ANTOINE

Je ne le serai pas toujours, et même que déjà... Oh

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