ANATOLE, TAUPIN
ANATOLE, à part, accourant par le fond, à gauche.
Impossible de la rejoipdre... elle court comme une biche, (se heurtant contre Taupin.) Oh! Son oncle !...
TAUPIN
Ah ! c’est vous, M. Anatole? Eh ben!
ANATOLE, tout essoufflé.
Comme vous voyez, père Taupin, ça boulotte...
TAUPIN
Vous v’nez d'avec vos moutons ?
ANATOLE
Oui, je les ai menés paître... nous avons paissé... (A-part.) Dit-on paissé?... ah! bah!... (Haut.) Nous avons paissé ensemble... mais c’est pas d’eux que j’ voudrais vous entretenir...
TAUPIN
Et de quoi donc ?
ANATOLE, ôtant son chapeau.
Mon cher monsieur Taupin, avec un homme aussi vénérable que vous, d’un caractère aussi antique, d’une vertu aussi champêtre, je vais droit au but, et je viens vous confier le secret de mon cœur.
TAUPIN
Un secret?... quoi qu’il y a, jeune homme?
ANATOLE, tortillant son chapeau dans ses mains.
Je me suis énamouré de votre nièce Pivoine... et je vous demande la permission de lui conter fleurette à la veillée...
TAUPIN, jouant l’étonnement.
Ah! bah! vous voulez épouser ma nièce, vous?...
ANATOLE
Moi-même, et je ne vous l’envoie pas dire.
TAUPIN
Eh ben! en v’ià une découverte!... Comment? comment? comment? comment?
ANATOLE
Oui, honnête laboureur... je veux être votre neveu... afin de vous chérir comme un père.
TAUPIN
Les bras m’en tombent... Comment, vous pensiez à la petiote?... Si je m’aurais jamais attendu que vous aureriez des idées de dessur elle...
ANATOLE, tortillant toujours son chapeau.
J’attends la réponse, père Taupin...