‹ Les filles des champs vaudeville en un acteChapitre 20 sur 42 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Les mêmes, ANATOLE, puis JEANNE.

ANATOLE, outrant par le fond ; il vient par la colline et voit le baiser **.

Ali! qu’est-Cfi que je vois?...

PIVOINE, à part.

Oli !...

PATOCLET, à part, s'éloignant à ganche.

Aie! aie!...

ANATOLE, descendant.

Mademoiselle Pivoine, pourriez-vous me dire quel est ce baiser?

PIVOINE, un peu troublée.

J 'allons vous dire, M. Anatole, — c'est Patoulct, not’ voisin... qui est amoureux de ma cousine Jeanne qui vient d’arriver...

PATOCLET, à part.

Oit ! bon ! V*lfi la farce qui commence.

PIVOINE

Et il m’embrassiont pour me remercier... parce que j’ons consenti de causer de lui à ma cousine.

PATOCLET.

Oui, c’est à cause qu’elle va causer de moi que je causions en l’embrassant.

Ail! ça s’explique... (a part.) Pauvres enfants!... et moi qui les soupçonnais !... C’est la pureté antique ! (Haut.) Ah ! c’est pour la cousine Jeanne?...

* Pat. Piv ** Pat. Ana. Piv.

PATOULET

* Eh ! oui, c’est pour la cousine Jeanne !

JEANNE , appelant du dehors.

Pivoine!... Pivoine!

PIVOINE

C’est elle!... (Patoulet remonte, et redescend à droite, à l’entrée de Jeanne.) JEANNE *, habillée en paysanne, et sortant de la maison à droite.

Là ! Vlà qui est fait... Tiens ! tu n’es pas seule?...

PIVOINE, bas.

C’est le Parisien... (Haut.) M. Anatole... dont mon oncle t’a parlé., (a Anatole.) Ma cousine Jeanne...

ANATOLE , saluant.

Mademoiselle... enchanté...

JEANNC , saluant aussi.

Et moi aussi , Monsieur... Ah ! ah ! ah ! (Bas à Pivoine.) Dieu a-t-il l’air jobard !

ANATOLE , bas à Pivoine.

Elle est fort bien... elle est très-gentille... et très-gaie !

PIVOINE, bas.

Elle est contente , parce que Patoulet est là ! (Haut.) N’est-ce pas , cousine, que t’es toute joyeuse de revoir ton amoureux ?

JEANNE , qui ne comprend pas les signes que lui fait Patoulet.

Mon amoureux?...

PIVOINE , bas à Jeanne.

Dis comme moi... je t'expliquerai tout..

PATOl’LET, bas.

C’est une frime... à cause de l’autre...

JEANNE , à part.

Tiens! tiens!... mais c’est très-fort pour des Berrichons.

ANATOLE , passant près de Jeanne

Oh! oui, mes chers amis , laissez vos cœurs s’épanouir, et ne comprimez pas les doux élans de l’amour!.... Laissons l’astuce et la pruderie aux gens des villes; mais nous, soyons tous ici les enfants de la nature !...

PATOL’LET.

Oh! oui! oh! oui! épanouissons-nous!... Ah! mam’zelle Jeanne que je vous aime-t’v ! que je vous aime-t’y !...

JEANNE , à part.

Et l’autre imbécile qui ,ne s’aperçoit de rien ! Voyons jusqu’où ça ira!

Air : Des deux lions râpés.

ANATOLE , à Pivoine.

Aimons-nous, ma belle,

A la clarté des deux!

PATOULET

Aimons-nous, Mam’zelle ;

* Ana. Piv. Jea. Pat.

" Piv. Ana. Jea. Pal.

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