‹ Les filles des champs vaudeville en un acteChapitre 4 sur 42 · TAUPIN, LALOUETTE · texte numérisé non relu

TAUPIN, LALOUETTE

LALOUETTE , après aroir posé son fusil au fond.

A c’tte heure qu’il est parti, père Taupin, expliquons-nous, le cœur sur la main...

TAUPIN

C’est ça, père Lalouctte, entre honnêtes gens, faut pas ruser. — V’ià donc c’ que c’est : il y a quinze jours, il me tombe un monsieur d’ Paris qui m’ demande à se mettre en pension chez moi pour apprendre à être paysan.

LALOUETTE

V’ià qu’ est cocasse !...

taupin.

J’en ons assez d’ la ville, qu’y m’ dit; j’ veux t’être villageois, c’est dans les champs qu’est i’ bonheur!... Il me conte ses petites affaires, et j’apprends que le gaillard possède, bel et bien, huit bonnes mille livres de rentes.

LALOUETTE

Bigre !

TAUPIN

Vous comprenez que ça me fait ouvrir l’œil, et je me dis : ça ferait un fameux parti pour Pivoine.

LALOUETTE

Ah !... v’ià que ça se débarbouille !...

TAUPIN

Et bientôt, qu’est-ce que je remarque ?... c’est qu’il tournaille autour de la petite, en lui faisant des yeux de carpe. Je tiens mon affaire, que je me dis; faut pousser à la roue; et pour qu’il n’v ait rien qu’empêche ce mariage-là de se faire, j’flanque vot’ filiot à la porte, et voilà !

LALOUETTE

A c’tte heure, j’ comprenons, père Taupin.

TAUPIN

Faut savoir profiter de la circonstance, pas vrai! et quand on tient quéque chose dans la main, faut pas t’être assez bête pour le jeter à ses pieds.

LALOUETTE

Ben sûr!... et je n’ons rien à répliquer, c’est une bonne affaire

fl

qui vous tombe-là!... vous avez raison... mais si I’ Parisien vcniont à apprendre que Pivoine a roucoulé avec mon fîllot?...

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