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(2) Hardouin présenta à Pabbesse une médaille commémoratiye de sa réparation : l'abbaye y était représentée avec cette légende : Adelais prineeps aureîianemis me renovavit, anmo 1720, — Monaster. Chaknse.
3i0 LES FILLES DU BiGBNT.
Mais l'ennui indiqué par Mathieu Marais remportait et s'accroissait. Saint-Simon le constate plus vivement ; il nous montre la princesse résolue plus que jamais à demeurer relig'ieuse, mais «aspirant à d'autres régules » et plus encore « à la liberté. » Le séjour qu'elle fit au Val-de-Grâce ne lui plut pas beaucoup, et, au bout de quelque temps, elle demanda à son père la permission de permuter. Buvat dit positivement, à la date du 7 mai 1722 : « que ma- (i dame d'Orléans fut alors transférée à l'abbaye du « Val-de-Grâce , à la place de l'ancienne abbesse, « qui fut aussi transférée à Ghelles avec 20,000 li- « vres de pension. » Il ajoute encore le lendemain que « les religieuses du Val-de-Grâce parurent a mortifiées de la translation de leur ancienne ab- « besse à Ghelles. » Mais je crois que l'honnête chroniqueur n'est pas absolument exact en relatant cette nouvelle. Les auteurs du G allia ckristianaj en effet, constatent que Mademoiselle d'Orléans demeura titulaire de l'abbaye de Ghelles jusqu'au mois d'octobre 1734, — Geneviève Perrault, abbesse du Val-de-Grâce, étant morte au mois d'août 1718 (2), Madeleine Langlois , qui lui succéda , ne fut élue que le 19 août 1724. Il est donc probable que Mademoiselle d'Orléans vint habiter le Val-de-Grâce et y prit întérimairement la direction vacante de l'ab-
{i) BuTat.
(2) <K GenoTefa Perrault^ iterum electa die 16 februari i71S^ sex, ab elèCitiohe teHia^ mensibud defutti^a e^. »
l'abbesse de cbblles. 31 i
baye. Ainsi tombe aussi la remarque de Saint-Simon qui prétend que la princesse demeura à Ghelles, mais a en se procurant la permission de se démettre et de « faire nommer à sa place une de ses meilleures « amies de la maison, dans laquelle néanmoins elle « ne put durer lon^mps. »
Il est certain, par exemple^ que les religieuses du Val-de-Grâce virent arriver avec regret la fille du Régent (1). Celle-ci eut un appartement complet séparé du dortoir commun; elle reprit des h€d)itudes de dépenses qu'elle semblait depuis longtemps avoir oubliées; sa table était singulièrement recherchée : « Même très-souvent, dit Buvat, elle envoyoit fort « tard dans la nuit commander des pièces de four « chez un pâtissier voisin qui les portoit à Tabbaye « à des heures indues. » Une autre difficulté inquiéta les bonnes bénédictines, mais cette fois elles eurent gain de cause , le Régent s'étant engagé à venir voir sa fille sans suite et à entrer absolument seul dans le monastère (2). Ce prince venait souvent en effet visiter sa fille qui s'efforçait de le ramener dans une bonne voie et ne lui ménageait pas les plus sévères paroles. Il paraît cependant qu'après ce dernier retour mondain elle reprit promptement
(1) BuTat.
(2) Ibid. — Les pamphlétaires ne respectèrent pas Tabbesse de Chelles et reprochèrent bientôt au régent ses visites. Un chapitre des Aventures de Pompélius, publiées en 1734^ et intitulé : « Sotermelec (le Régent) alloit en pèlerinage à l'abbaye de Télèmes^ et là faisoit Ipngue retraite^ et y consoloit abbesse etnonnains. » Je ne discute môme pas ces turpitudes.
3^2 UBS FIIXXS DU RÉGENT.
g^oût aux choses religieuses, et se jeta plus vivement
que jamais dans le Jansénisme. Elle n'avait pas
cessé de conserver d'amicales relations avec le Père
de Sainte-Marthe, et c'est par son influence encore
qu'il put être réélu général des bénédictins au grand