CHAPITRE III
UN TEXTE DE l'ÉVÊQUE CATHOLIQUE EUSÈBE.
Nous lisons dans le Chronicon d'Eusèbe: — « Il est certain « que des peuplades anciennes de forme éthiopienne, venuesdu « fleuve Indus campèrent et s'établirent en Egypte. »
N'est-il pas curieux de voir un évêque catholique des premiers temps de l'Église, s'incliner devant la vérité historique, qui donne à l'Egypte l'Inde pour berceau, et indiquer pour ainsi dire le chemin que suivirent les émigrations et les traditions asiatiques, par l'Iran et l'Arabie.
L'évêque de Gésarée, se rencontre ici avec l'historien indou Collouca-Batta, qui trois mille ans avant lui, donnait la même direction à l'émigration conduite par Manou- Vena, lorsqu'il dit dans le passage déjà cité par nous, que ce guerrier émigra avec tous ses compagnons par l'Arie (Iran) et le pays de Barria (Arabie) jusqu'aux rives deMasra (en samscrit, le grand fleuve).
N'oublions pas, comme uue preuve de plus, que la linguistique vient ajouter à l'histoire qu'Egypte se dit en hébreu Misra! et en arabe Masr!
Ce n'est pas aujourd'hui que les successeurs d'Eusèbe consacreraient par leur autorité un fait historique, destiné a démontrer l'existence de civilisations antérieures à la loi mosaïque. Plus les ruines s'amoncèlent autour d'eux, et plus ils tronquent les textes, forcent les traductions, embrouillent les faits chronologiques, car rien ne leur est profitable comme le chaos de l'histoire.
Qu'on prenne une traduction catholique de la Bible avec commentaires, qu'on place en regard le texte hébraïque, les
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deux livres ne se ressemblent déjà plus. 11 y a tendance bien marquée, par des inflexions de mots, des synonymes plus étendus, des lambeaux de phrases ajoutés à titre d'explications, à accorder la Bible au progrès des idées.
Dans quelques siècles, si tout n'est point fini avec la révélation mosaïque, on peut être certain d'avoir une Bible qui fléchira par le commentaire devant toutes les vérités scientifiques que ses adeptes n'oseront plus nier.
C'est du reste le chemin dans lequel s'engagent, dès aujourd'hui les plus habiles d'entre eux. Mais ils ne reconnaîtront jamais un fait historique capable de toucher, même d'une manière détournée, à l'antiquité des temps mosaïques.
Aujourd'hui, Rome excommunierait le savant évêque de Césarée...
Revenons, après ces quelques considérationspréliminaires, à la source de toutes les traditions, à Y Aima parens de l'humanité, à l'Inde.
Après avoir étudié la simplicité et la grandeur de l'âge patriarcal, ou époque de l'unité de Dieu, nous allons suivre dans sa splendeur et sa décadence l'Inde philosophique, littéraire et surtout religieuse, aux époques brahmaniques et royales; nous allons voir comment le monde entier fut colonisé et civilisé par les fils de cette merveilleuse contrée, qui après avoir roulé sous le pied du prêtre, expire aujourd'hui sous l'étreinte des Anglais. . .
l'inde brahmanique. 225