‹ Les Fils de DieuChapitre 50 sur 51 · L'AN 4,000 AVANT NOTRE ÈRE · texte numérisé non relu

L'AN 4,000 AVANT NOTRE ÈRE

C'est à dessin que je termine ici ce livre, et que dans cette revue rapide des premiers âges, je ne franchis pas le seuil de l'époque que les lndous regardent comme appartenant à leur histoire moderne.

Nous sommes en Van quatre mille avant noire ère : Toutes les grandes révolutions de l'Inde se sont accomplies.

Manou-Vena a colonisé l'Egypte;

Iodah, et Skandah, le nord de l'Europe ; leurs tribus s'avancent peu à peu à travers la Scandinavie, la Germanie et la Gaule ;

Eara-Kala, la Perse et l'Asie Mineure; ses descendants envahiront bientôt la Grèce et l'Italie;

Bouddha a courbé sous sa loi le Thibet, la Chine, le Japon ; ses compagnons vont s'égarer à travers les îles de la Sonde; à leur suite le saniscrit va pénétrer jusque dans les îles les plus reculées de l'Uceauie.

La grande dynastie Soma-Vansa, dontles princes ont ré uni l'Inde entière sous leur sceptre, s'est éteinte.

La dynastie Sourya-Vansa commence, et cependant, nonseulement Moïse n'est pas né, mais d'après la Bible que ce législateur écrira deux mille ans plus tard . Dieu n'aurait même pas encore créé le monde! Le Christ ne naîtra que dans 4,000 ans. Voilà l'écueil où viennent se briser toutes les impostures sacerdotales.

Que deviennent, au point de vue de l'histoire, les révélations mosaïque et chrétienne inadmissibles déjà au point de vue de la raison.

Erreurs ou vérités, quelles nouveautés ont révèle au monde, ces prétendues révélations aux époques modernes où elles se sont

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produites. Unité de Dieu dans la trinité, Zeus et la trimourti que Moïse n'a pas connus, création de l'univers, révolte d'une partie des anges (devas) ou auxiliaires que Dieu s'était donné, le diable et l'enfer, la légende d'Adhima et d'Hèva, la promesse d'un rédempteur, toutes les légendes cosmiques, toutes les croyances fondamentales que le catholicisme et le christianisme, depuis quelques siècles seulement, revendiquent comme leur ayant été révélées par la divinité, forment depuis quinze à vingt mille ans, la base de la religion des brahmes.

Gomme institutions, cérémonies et sacrements : baptême par l'eau des fleuves d'abord et l'eau lustrale ensuite, communion, confirmation, confession, ordination par l'huile consacrée, soutane, ceinture et tonsure des prêtres, chapelets, scapulaires, ordres divers, moines mendiants, érigeant l'aumône et l'oisiveté en vertu, tout, jusqu'à l'usage de l'encens et de la myrrhe, a été calqué sur les institutions brahmaniques, par les apôtres et les successeurs de Jésus, qui avaient puisé dans les écoles d'Alexandrie, et dans tout l'Orient, à l'immense source de cette science antique, que les sages et les prudents de la Grèce et de Rome avaient également consultée pour donner des lois à leur pays.

En face de ces copies serviles, et du silence gardé unanimement par tous les historiens de l'époque sur un sujet qui eut dû les tenter, que devient l'incarnation du Christ?

Elle n'est plus qu'une pâle copie de l'incarnation du Ghristna indou, mise au jour plus de deux siècles après la mort de celui que Rome veut faire passer pour le fils de Dieu.

L'antiquité de la légende de Ghristna ou Khristna, le rédempteur promis par Brahma à Hèva, est incontestable; toute la religion brahmanique roule sur la théorie de l'incarnation, c'est-à-dire sur la croyance que Dieu vient se manifester aux hommes d'une manière visible, à certaines grandes époques de l'humanité. La vierge mère, Devanaguy, et son fils, le massacre des innocents ordonné par le tyran Kansa, les principaux exploits de Ghristna sont représentés par la sculpture sur les murailles des vieilles pagodes eu

ruines, et consignés dans les ouvrages samscrits, les plus inattaquables comme autorité. Toute une civilisation, toute une époque qui a eu dans l'Inde ancienne sa physionomie particulière, de laquelle est sortie la philosophie khristnéene ou spiritualiste, est basée sur cette incarnation.

Les traditions poétiques les plus anciennes, les légendes, les épopées héroïques, chantent le dieu incarné pour sauver l'humanité, et alors que tout dans l'Inde, plus de quatre mille ans avant notre ère, parle de la vie, de la gloire, des exploits de Ghristna?

En plein siècle d'Auguste, les historiens se taisent, font la conspiration du silence sur le Christ, les morts qu'il ressuscite, les miracles qu'il accomplit, devant la foule immense qui le suivait, ne le peuvent sauver de l'oubli de ses contemporains; pendant deux siècles, il est aussi inconnu du monde entier, que l'odieux massacre gratuitement prêté à Hérode, et il faut pour révéler sa vie et sa mort, la mise au jour de l'œuvre des quatre évangélistes, à une époque où il n'y avait plus de contradicteurs possibles.

Il est indéniable que les habiles fondateurs du christianisme, en s'assimilant tout le passé brahmanique, en s'appropriaut toutes les doctrines et toutes les croyances trinitaires et christnéennes de l'Inde, couronnèrent le tout par la rénovation du mystère de l'incarnation de Iezeus Ghristna.

Zeus en samscrit signifie Dieu.

Iezeus en samscrit signilie issu de Dieu, fils de Dieu.

Et Ghristna ou Khristna, dans la même langue, signifie sacré1.

Pourrait- on admettre un instant la venue, à cinq mille

1. Quelques critiques de la Bible dans l'Inde m'ont reproché d'écrire Ghristna au lieu de Khristna, pour rendre disent-dls la ressemblance plus frappante avec le mot Christ. Ils oublient que les langues orientales particulièrement le grec et le samscrit ne possèdent point les deux lettres ch qui sont d invention moderne pour rendre le k aspiré des anciens. On peut écrire Chri>t ou Khrist, le radical est le même en samscrit et en grec, Chris, Que l'on rende l'aspiration par cb, ou kh, c'est une affaire d'écriture moderne et de convention.

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ans de distance l'un de l'autre, de deux hommes naissant dans des circonstances identiques, portant le même nom, accomplissant les mêmes actes, persécutés de la même manière, prêchant la même doctrine et mourant tous deux victimes de la haine des prêtres?...

Eh bien, à moins d'admettre cela, ou ce qui serait au moins aussi absurde, de détruire le passé de l'Inde, la religion des brahmes, le samscrit... on est forcé de dire et de croire que Jésus-Christ n'est qu'une figure rajeunie, pour les besoins de la foi nouvelle, du rédempteur indou Iezeus Christna!

Toutes les incarnations, tous les fils de Dieu ne sont que des inventions du despotisme sacerdotal.

La révélation mosaïque et chrétienne ne peut- se tenir debout au contact de la philologie et de l'histoire des anciennes civilisations de l'extrême Orient. Et les sciences anthropologiques, en découvrant l'homme dans les terrains de formation tertiaire, ce qui lui donne une antiquité de quelques millions d'années sur la terre, achèvent de mettre à néant les inventions surannées du lévitisme.

Si les contemporains de la réforme chrétienne n'ont connu ni Jésus ni ses miracles apocryphes, en revanche, à la première parole tombée des lèvres des apôtres, tous les savants de l'Orient, l'École d'Alexandrie, les Gnostiques, Dosithée, Simon, Gérinthe, Alexandre le Samaritain, Philon le Juif et leurs disciples se levèrent pour leur dire :

— « Votre révélation n'est qu'une rénovation imparfaite et tronquée des mystères de l'Asie. »

C'est ce qu'a voulu prouver ce livre qui est l'histoire de ces mystères.

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