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postes . .
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Service des colis postaux.
Excédent.
II. La Situation Financière du Royaume-Uni pendant la Guerre Boer
L'ouverture soudaine des; hostilités, le 11 octobre 1899, surprit beaucoup les Anglais et les jeta dans une grande perplexité. Quoique la mobilisation d'un corps d'armée pour le Transvaal eût déjà été ordonnée en fin septembre (10 000 hommes envoyés des Indes sur la demande de lord AVolseley), les préparatifs militaires indispensables pour la guerre n'étaient pas encore terminés au milieu d'octobre, il s'en fallait de beaucoup. La mobilisation était pénible et lente, tant à cause du transport maritime des soldats qu'à raison des marches forcées auxquelles ceux-ci devaient se livrer pour gagner l'intérieur même du pays qu'ils allaient occuper. La concentration de l'armée britannique exigea, par suite, beaucoup de temps.
Le corps expéditionnaire devait comprendlre, primitivement, 47.000 hommes, 11.000 chevaux, 14.000 mulets, 114 canons et 2.650 moyens de transport divers. Vers le milieu du mois de novembre, le gros des forces anglaises attei-
gnit le théâtre- de la guerre; c'étaient environ 12.000 hommes que l'Angleterre pouvait opposer aux Boers, Une partie de ces troupes étaient celles qui tenaient habituellement garnison dans l'Afrique du Sud (colonie du Cap) ; les autres étaient des troupes venues des Indes avant le commencement de la guerre.
Un pareil contingent était manifestement insuffisant et il fallut songer à faire appel taux troupes de réserve. On dut donc convoquer le Parlement en session extraordinaire, d'abord pour lui faire autoriser la mesure précédente, ensuite pour qu'il consentît au Gouvernement les crédits1 de guerre indispensables. Les deux Chambres s'ouvrirent ainsi le 17 octobre 1899, juste dix jours après la déclaration de guerre. Il n'y avait plus alors, à vrai dire, d'opposition parlementaire, tant le ton et les termes même de l'ultimatum du Président Kriiger avaient froissé en Angleterre le ssentiment national et soulevé en faveur de la guerre l'enthousiasme du peuple britannique. Aussi, dans la Chambre des Lords comme dans la Chambre des Communes, les chefs du parti libéral, tout en rejetant la responsabilité de l'expédition, donnèrent-ils au Gouvernement l'assurance de l'appuyer vigoureusement dans toutes les questions intéressant la solution rapide du conflit anglo-boer. Seuls, les nationalistes! irlandais et quelques radicaux furent, en principe, contre la guerre dès le commencement.
C'est ainsi que furent autorisés à une majorité écrasante, (271 voix contre 32) les premiers crédits, d'un montant de 10.000.000 L., que le ministre de la Guerre demanda à la Chambre des Communes, le 20 octobre 1899, pour la couverture des dépenses militaires jusqu'au 31 mars 1900, c'est-à-dire jusqu'à la fin de l'exercice financier en cours. Ces crédits se décomposaient ainsi qu'il suit (1) : ' " - ' * - :^
(1) HansarcTs Parliamentary Debates.
Crédit à la disposition de l'armée en pays ennemi.. . 1.000.000 L
Service de santé , .. 50 000 L
Milices, 250.000 L
Frais de transport et chevaux de remonte 4.900.000 L
Alimentation des troupes 1.900.000 L
Equipement 650.000 L
Munitions de guerre 1.150 000 L
Baraquements , 100.000 L
Total . 10.000.000 L
Il est intéressant pour nous de savoir comment on put réunir cette somme de 10.000.000 de livres sterling.
Comme nous l'avons dit, 230.000 L. se trouvaient, d'après le projet de budget pour 1899-1900, à la disposition du Chancelier de l'Echiquier pour faire face aux dépenses imprévues. Mais, au mois de juillet 1899, le Parlement avait déjà autorisé pour 278.000 L. de crédits supplémentaires. Il fallait donc encore réunir une somme de 10.048.000 livres sterling pour couvrir toutes) les dépenses extraordinaires.
Les six premiers mois écoulés de l'année financière faisaient espérer d'opportunes plus»- values pour les recettes budgétaires, par suite de la prospérité économique générale. Dès le 23 octobre 1899, le .chancelier sir Michaël Hicks Beach évaluait qu'il y aurait, dans toute l'année, un excédent de 3 millions de livres sur les prévisions des recettes. Il suffisait donc, dans l'hypothèse où cet espoir ne serait pas déçu, de parer par de nouvelles ressources à 7.048.000 L. seulement de dépenses. Aussi le ministre des Finances, qui voyait dans la plus-value budgétaire -prévue une contribution importante des impôts existants aux dépenses de guerre, proposa-t-il de s'adresser, pour couvrir le solde des frais militaires, à l'émission de bons du Trésor (Treasury Bills) jusqu'à concurrence de 8 millions de livres. Ces bons ne devaient, d'ailleurs, grossir la dette flottante que temporairement, et il fut justement question de savoir si le Parlement, en autorisant l'émis-
sion, ne devait pas en même temps se prononcer sur la date de remboursement des nouveaux Treasury Bills. Le Chancelier de l 'Echiquier combattit cette opinion. « C 'est une question, dit sir Michaël Hioks Beach (1), à laquelle on ne peut répondre affirmativement qu'au commencement d'une année financière. Si nous avions su, en avril dernier, que nous avions besoin de 10.000.000 L. pour une guerre dans l'Afrique du Sud, oh! alors je me serais considéré comme tenu de les couvrir au moyen des recettes budgétaires de l'année à venir. Mais la question change d'aspect quand elle est posée cinq mois avant la tin de l'exercice financier. Je suis convaincu, et M. Gladstone en conviendrait lui-même, qu'il est pratiquement impossible, dans ce cas, de détourner de leur destination normale une partie importante des ressources de l'année en cours. On en est donc réduit, quand on n'est qu'à cinq mois de la fin de l'exercice budgétaire, à établir des impôts de guerre. Ce sont de nouveaux frais à ajouter aux dépenses et que doivent couvrir les impôts extraordinaires. D'ailleurs, qui pourrait bien songer aujourd'hui à établir encore chez nous un nouvel impôt indirect? Un pareil impôt léserait le commerce et l 'industrie plus que tout autre moyen d'arriver au même but. Supposons que nous voulions élever le taux de certains impôts indirects déjà existants; que se passerait-il! Les commerçants qui vendent les articles plus fortement imposés réduiraient évidemment leurs stocks de marchandises pendant toute la durée des impôts supplémentaires, forcément temporaires, et s'abstiendraient soigneusement d'en faire venir de nouvelles de l'étranger, pour ne pas payer l'impôt. Le Trésor gagnerait donc très peu, si même l'élévation des charges fiscales produisait quelque chose.
(1) Voir Hilsenbeck, Die Deckung der Kosten des Kriegs in Sûdafrika, page 14.
» Par contre, il perdrait vraisemblablement beaucoup sur le produit des impôts primitifs.
)) Les mêmes considérations ont déjà fait renoncer autrefois à semblable mesure dans de pareilles, circonstances. Lorsqu'en 1867 lord Beaconsfield eut à couvrir les dépenses imprévues de la guerre d'Abyssinie et, en 1884, M. Gladstone le coût de l'expédition du Soudan, ces deux ministres eurent, sans doute, bien recours à l'établissement d'impôts de guerre, mais cela ne se traduisit chaque fois que par l 'élévation du taux de l'income-tax d'un denier par livre. En ce qui concerne cet impôt, d'ailleurs1, il ne faut pas oublier qu'il n'est devenu ce qu'il est aujourd'hui qu'après avoir été primitivement un impôt de guerre, et ce qui l'a fait accepter comme tel, c'est tout simplement parce qu'il peut être augmenté ou diminué plus facilement qu'aucun autre droit fiscal sans porter préjudice au commerce et à l 'industrie. En 1867 et 1884, l'income-tax fut élevé en une seule fois de 4 à 5 deniers par livre. Par contre, le taux de cet impôt est aujourd'hui de 8 deniers par livre. Si je voulais donc l'élever de 1 denier, si j'osais proposer l'établissement d'un pareil impôt supplémentaire, ceux qui paient l'income-tax auraient, à mon avis, beaucoup à se plaindre, et avec juste raâson.
» Y a-t-il, somme toute, un besoin si pressant qu'une telle mesure puisse se justifier? Cette guerre se distingue à plus d'un point de vue des guerres que l'Angleterre a livrées jusqu'ici. D'abord, comme je l'espère, le plan en a été plus soigneusement et plus sérieusement étudié qu'il n'avait été fait dans certaines expéditions antérieures. Evidemment, le chiffre donné par le Chancelier de l'Echiquier comme celui des dépenses probables peut être clépassé, mais il a certainement été fixé avec le plus de soin et d'exactitude possible. Jusqu'à présent, la .guerre s'est bien engagée, et si les journaux contiennent quelques nouvelles qui pourraient fournir le prétexte à une légère inquiétude, nous ne devons pas oublier que l'époque appro-
die chaque jour davantage où l'Angleterre remportera dans l 'Afrique du Sud de brillants et glorieux lauriers.
» Je ne vois donc aucune raison de douter que la guerre puisse être victorieusement terminée dans le délai pour lequel sont émis les bons du Trésor.
» La principale différence entre la guerre actuelle et les expéditions antérieures tient toutefois moins à sa meilleure préparation qu'aux considérations suivantes: dans les campagnes d'Abyssinie et du Soudan, l'Angleterre, personne n'en doutait, devait supporter elle-même tous les frais. Pour la guerre du Transvaal, par contre, rien n'est moins sûr que tout le poids des dépenses militaires doive peser sur les épaules du peuple britannique : nos colonies ont été attaquées à l 'improviste par les Boers; il n'est donc que juste qu'après notre victoire une partie du coût de l'expédition soit rejetée sur les contribuables du Transvaal. Le Transvàal est, par ses mines d'or, un pays riche. Il est bien vrai que les propriétaires des mines se soient beaucoup plaints, là-bas, d'une fiscalité . excessive, mais, d'après des renseignements autorisés, je suis convaincu que, sous un gouvernement puissant et honnête, ce pays pourrait parfaitement être en état, non seulement de subvenir à ses dépenses courantes d'administration et de veiller au maintien de l'ordre et de la paix dans toute cette région, mais encore de fournir une importante contribution aux frais de la guerre, tout en procédant à l'allégement des impôts sur les mines d'or.
» Mais, même si mes prévisions ne devaient pas se réaliser, si la guerre traînait en longueur, si les 10.000.000 L. ne devaient constituer qu'une partie seulement des dépenses de l'expédition actuelle, il serait préférable, pour d'autres raisons, de renvoyer au moment du dépôt du prochain budget la discussion de la question du remboursement de la dette que nous allons contracter. Comme il serait impossible aujourd'hui d'établir un impôt de guerre susceptible d'atteindre dans la même mesure tous les contribuables, la proposition du Gouvernement relative à un tel impôt
provoquerait dans le Parlement des divergences d'opinions, prolongerait les débats et donnerait peut-être lieu à des désaccords qui pourraient être mal interprétés hors d'ici. Quoique, connue chacun de mes prédécesseurs, j'accorde une importance considérable, en tant que Chancelier de l'Echiquier, aux considérations financières, j'ai cependant de plus hauts devoirs à remplir comme ministre de la Couronne, et c'est pourquoi je ne veux pas, dans la crise présente, m 'engager dans une voie qui pourrait empêcher le Parlement de montrer au monde sa profonde union sur la question de la guerre. »
Ces déclarations du chancelier de l'Echiquier reflètent bien, avant tout, l'optimisme que nourrissait le Gouvernement britannique, au début de la guerre boer, sur le cours de celle-ci. Il croyait, ainsi que la plupart des Anglais, que l'expédition serait terminée en quelques mois à l'avantage de la Grande-Bretagne. Le général Biiller, qui avait été désigné pour le haut commandement de l'armée anglaise dans l'Afrique du Sud, ne voulait-il pas fêter avec ses troupes là fête de Noël et la victoire a Prétoria ! On comprend, dès lors, malgré certaines considérations politiques et fiscales, qu'il ne parût pas très urgent au ministre du Trésor d'établir un impôt de guerre, étant donnée surtout la brillante situation financière dont jouissait à ce momentlà le Royaume-Uni et l'espérance qu'on avait d'obtenir, après la cessation des hostilités, une indemnité de guerre du Transvaâl. Les crédits demandés furent donc votés avec une grosse majorité, par 336 voix contre 28 (dont 27 nationalistes irlandais).
Les 8.000.000 L. de Treasury Bills ne furent pourtant pas réalisés en une seule fois. Les besoins immédiats du ministère de la Guerre purent être satisfaits au moyen de ressources que possédait déjà le ministre des Finances. D'après le bilan du 7 octobre 1899, en effet, le Trésor avait 2.599.294 livres sterling de disponibilités auprès des Banques d'Angleterre et d'Irlande. Une première tranche des nouveaux bons du Trésor, d'un montant de 3.000.000 L.}
fut émise le 15 novembre 1899 : 2.000.000 L. furent émis à six mois, 1.000.000 L..à douze mois. Pour les bons à six mois, on dut consentir, en moyenne, un intérêt annuel de 3 L. 18 sli. 3 d. ; pour ceux à douze mois un intérêt de 3 L. 5 sh. 6 d. Le marché de l'argent né fut atteint que dans une faible mesure par cette émission de Treasury Bills. Les Caisses d'épargne et d'autres établissements publics se chargèrent d'une grande quantité de ces bons, et le Gouvernement japonais, lui aussi, profita de cette occasion pour placer en bons du Trésor une partie de ses disponibilités auprès de la Banque d'Angleterre.
Nous résumons, dans le tableau suivant, les diverses ressources qui furent employées par le Chancelier de l'Echiquier pour couvrir les 10.278.000 L. de crédits supplémentaires, votés par le Parlement britannique durant le mois cle juillet et le mois d'octobre 1899:
Crédits votés
Ressources destinées a couvrir les Crédits votés
En juillet
En octobre
Provenant de l'impôt
Provenant de l'emprunt
Excédent b u d gétaire prévu pour
Emission de Treasu- ^ ry Bills... 8.000.000
Plus - va-
lues probables des re-
cettes bud-
gétaires sur l'évaluation prévue ....
Ce ne fut que trop tôt que le Gouvernement anglais dut reconnaître qu 'il s 'était trompé dans ses prévisions et apprit combien il avait profondément méconnu la force de résistance de ses adversaires.
Les Boers ouvrirent la guerre clans des circonstances qui leur étaient favorables. Avant l'arrivée du corps d'armée du général Briller au Transvaal, ils avaient longuement réfléchi sur l'importance des troupes anglaises èt préparé sérieusement leur campagne. Aussi furent-ils victorieux, pendant les premiers temps du conflit. Il leur arriva même d'enfermer le gros des troupes ennemies dans Ladysmith, Kimberley et Mafeking, et de le rendre impropre à toute opération militaire.
Le premier devoir de l'armée anglaise, après son arrivée sur le théâtre des hostilités était donc de délivrer les villes assiégées. Le général Biïller lui-même marcha contre Ladysmith, le général Methuen fut chargé de la délivrance de Kimberley et le général Gatacre reçut la mission de déloger les Boers du nord de la colonie du Cap. Cela fut décidé au milieu de décembre 1899. Les trois généraux essuyèrent chacun successivement trois grandes défaites, lourdes de conséquences pour la suite de la guerre. On ne pouvait guère, dès lors, compter hisser dans Pretoria le pavillon britannique pour les fêtes de la Noël.
La nouvelle des défaites des généraux anglais fit à Londres une profonde et douloureuse impression, mais sans qu'il y eut l'indice d'aucun découragement. Le ministre de la Guerre fit, par contre, de puissants efforts pour rétablir l'honneur militaire de l'armée britannique et pour terminer la guerre par la victoire définitive de l'Angleterre.
En remplacement du général Biïller, on appela le général lord Roberts à la tête des troupes sud-africaines, et lord Kitschener fut nommé son chef d'état-major général.
Mais il fallut envoyer des renforts (1) et les 10.000.000 L. de crédit supplémentaire furent évidemment vite épuisés. Le 12 février 1900, le Gouvernement se vit forcé de demander à la Chambre des Communes un nouveau crédit
(1) Le marché financier de Raffalovich, année 1904-05.
plus considérable de 13.000.000 L. (1). Il devait permettre de continuer la guerre jusqu'à la fin de l'exercice en cours. Ce crédit fut à nouveau voté presqu'à l'unanimité par 213 voix contre 32 (dont 29 nationalistes irlandais).
Peu après, le chancelier de l'Echiquier, obligé de demander au Parlement des crédits pour faire face à ses dépenses courantes, se vit contraint, quoiqu'on fut seulement le 5 mars, c'est-à-dire près d'un mois avant la fin de l'année financière, de déposer son budget provisoire, son premier budget de la guerre.
Avant d'aborder l'étude de ce projet de budget pour l'année 1900-1901, nous voulons donner encore un léger aperçu des événements qui se produisirent entre temps sur le théâtre de la guerre.
Après l'arrivée des nouveaux généraux dans l'Afrique du Sud, la fortune se mit à favoriser les Anglais. Le premier but de lord Eoberts était de délivrer Kimberley, difcilement accessible.
Ce fut fait sans grande difficulté. Lorsque l'armée anglaise, plus puissante, eut atteint Kimberley, les Boers qui l'assiégeaient s'en allèrent et, le 15 février 1900, le général French put entrer dans la ville sans rencontrer de résistance. Mais, pour les Boers, les deux grands succès que remportèrent les troupes britanniques près de Paarde-
(1) Voici comment se décomposait ce crédit de 13.000.000 L.
(d'après le Hansard's Parliamentary Debates) :
Crédit mis àla disposition de l'armée en pays ennemi. 2,400.000 L.
Service de santé ... 70 000 »
Milices 250. 000 »
Corps de volontaires 15 000 »
Frais de transport et chevaux de remonte^ 5.000.000 »
Alimentation des troupes de guerre ; „ 3.000.000 »
Service de l'habillement 500 000 »
Munitions de guerre e 1.600.000 >>
Baraquements et divers 150.000 »
Ministère de la Guerre, 10.000 »
bergr le 27 février, furent bien plus importantes que la délivrance de Kimberley, au point de vue du moins de la suite des événements. Dans cette bataille, lord Roberts vint à bout du général Croirje et de ses 4.000 hommes, et le contraignit à se rendre sans condition après une défense héroïque. Cette défaite, si malheureuse pour les Boers, ne fut. pas sans influence sur les opérations dans le Sud et dans l'Est. Ici, comme là-bas, les Boers reculèrent lentement devant la supériorité numérique écrasante de l'armée anglaise : le 18 février, eut lieu la délivrance de Ladysmith et, Je 13 mars 1900, lord Roberts faisait son entrée triomphale dans Blœmfontein.
En présence de ces circonstances exceptionnellement heureuses pour la Grande-Bretagne, le chancelier de l'Echiquier déposa donc, comme nous l'avons dit, devant le Parlement son budget provisoire pour l'année 1900-1901. Trois raisons principales le poussaient à opérer ce dépôt avant l'époque ordinaire (avril) : d'abord, les recettes courantes et le crédit de 8.000.000 L., voté par le Parlement au mois d'octobre 1899, ne pouvaient suffire à couvrir le total des dépenses de l'exercice, il s'en fallait de beaucoup. Le chancelier de l'Echiquier avait donc besoin d'un nouveau crédit pour' « boucler » l'année financière; mais, d'autre part, un déficit se dessinait d'une manière presque certaine pour l'année à venir; l'intérêt du fisc et celui du contribuable exigeaient, par conséquent, tous deux qu'on satisfît en une seule fois les divers besoins de crédits de l'Etat. Il fallait ensuite exclure les occasions pour les commerçants de spéculer sur les marchandises soumises aux coups du fisc et prévenir, par là même, la diminution dans les recettes futures, produite par des paiements anticipés de droits et qui aurait pu, à un moment donné, gêner beaucoup le Gouvernement^ Prévoyant, en effet, que les taxes sur certaines marchandises seraient augmentées dans le prochain budget, de gros commerçants auraient pu accumuler à l'avance des quantités considérables de ces marchandises (quelques-uns avaient, d'ailleurs, commencé de le
faire), rompant ainsi au détriment du Trésor la régularité et la continuité des recettes provenant de ces droits. Enfin, le ministre des Finances pensait qu'à raison du montant énorme des nouveaux crédits de guerre, il ne fallait pas tarder davantage, pour des raisons politiques, à donner un compte rendu détaillé de la situation financière.
D'après le budget définitif de l'année 1899-1900, les recettes s'étaient élevées au total à 116.040.000 L., les dépenses à 133.810.000 L. ; il y avait ainsi un déficit de 17 millions 770.000 L., dont 8.000.000 L. avaient été provisoirement couverts par des bons du Trésor. Il y avait donc eu une plus-value de 4.883.000 L. sur les prévisions des recettes, et une de 22.883.000 L. sur celle des dépenses. Les économies réalisées avaient été de 1.132.000 L., et les dépenses de guerre, y compris les intérêts des bons du Trésor, avaient atteint 23.270.000 L.
C'est ce qui ressort du tableau suivant:
Budget définif du Royaume-Uni pour Tannée 1899-1900 Recettes
Recettes Prévues
Recettes Perçues
Augmentation + Diminution —
Taxes intérieures de Consommation . . .
Impôts supplémentaires..
Droits de timbre
c proprié. non bâties Impôt foncier. 5
/ propriétés bâties.
Postes
Télégraphes
Actions do Canal de Suez et autres.
Recettes diverses
Total des recettes, . . .
Dépe n ses
1° Dépenses courantes (1)