COMITE DE SALUT PUBLIC
sance les citoyens rebelles. (Arrêté du comité de salut public, 10 septembre 1793.)
Les mandats, appuyés d'aussi longues justifications, forment exception : la plupart contiennent simplement les mentions suivantes :
« Mission patriotique confiée à Henry-Paul Dutrannoit « dans les Bouches-du-Rhône, le Var, les Basses-Alpes : € 3.000 livres. » (2 septembre 1793.)
< Le citoyen Royer se transportera à Péronne sans délai « pour une mission importante; 2.000 livres.» (11 septem* bre 1793.)
Ou bien : « La trésorerie nationale fera payer au citoyen «Denis Batiu la somme de 300 livres.» (3 floréal.) « —Au « citoyen Martin, sculpteur, 300 livres. » (23 prairial.) « —Au citoyen Dupuis,peîntre, 1.250 livres > (6 messidor.) « — Au citoyen Haindel, 400 livres. » (27 fructidor an IL)
Les députés ne sont pas oubliés dans ces largesses, dont la profusion n'a d'autre limite que le bon plaisir des membres du comité (1). Sous prétexte de mission, on délivre un mandat d'un million à Ysabeau et Tallien, à Toulouse, (10 septembre 1793) ; de 50.000 livres à Gollot d'Herbois ; — de 50.000 livres à Garpentier ; — de 10.000 livres à Lefiot et Legendre ; — de 20.000 livres à Ruamps ;
1. Les députés en mission dans les départements pouvaient, en outre, y ordonner, à leur gré, les dépenses qu*ils jugeaient nécessaires, et les faire acquitter immédiatement par les caisses locales. Cette licence ayant amené les plus graves abus, un décret stipula plus tard que « les « représentants du peuple en mission ne pourront, à l'avenir, tirer aucun 9 mandat sur les caisses des payeurs généraux, et sur celles de district « et autres caisses nationales, ni ratifier aucun marché, sans une autorise sation expresse du comité de salut public et des finances. » (Décret du 19 floréal an UI.)
— de 6.000 livres à Billaud-Varennes ; — de 5.000 livres à Saint-Just et Lebas ; — de 1.800 livres et 1.440 livres à Prieur ; — de 3.000 livres à Levasseur, etc. (1).
Dès cette époque, Barras émarge aux fonds secrets : « La « trésorerie nationale payera au représentant du peuple « Barras la somme de 25.000 livres pour subvenir aux dé- « penses extraordinaires de sa mission, et dpnt il rendra « compte au comité. » (2 floréal an III) (2).
Les mandats contenaient d'ordinaire cette clause finale : « dont il sera rendu compte au comité ». Mais le comité accorda parfois sa confiance et remit son argent à des délégués dont il ignorait absolument le domicile. Lorsque la trésorerie voulut apurer les comptes de ces comptables d'une nouvelle espèce, elle ne sut ni à qui, ni où s'adresser :
< Nous avons écrit, disent ses commissaires, aux personnes
< aux noms desquelles vous avez expédié des mandats; « mais faute de savoir leur adresse, nous n'avons pu faire
< parvenir toutes les lettres à leur destination. Aucun € rens€igneme?it n'existe à leur sujet dans les bureaux du
< comité de salut public. L'administration de la police a « pu nous procurer l'adresse de trois seulement. » (Lettre
1. Plus tard, ces mandats furent échangés contre de nouveaux mcandats délivrés, dans les mêmes conditions, sur les fonds de la Convention, par les inspecteurs de la salle.
2. Parmi les pièces de comptabilité conservées aux Archives, la suivante paraît au moins singulière : « Les membres du Directoire exécutif aux « représentants composant la section des dépenses : Nous vous invitons, « Citoyens représentants, d'ordonner qu'il soit mis à la disposition du Di- « rectoire exécutif la somme d'un million en assignats. » (Barras, Révellière-Lépeaux, Le Tourneur. Paris, le 11 brumaire an IV de la République une et indivisible.) Le petit carré de papier qui contient cette injonction est tout entier de la main de Barras, sauf la signature de ses deux collègues.