AGRICULTURE
Chacun peut cultiver son champ comme il lui plaît, bien ou mal, et rÉtat a rarement à intervenir dans Tagriculture privée, plus rarement encore à rien prescrire. Quand le propriétaire est négligent, le sol s'en venge lui-même, car «tant vaut Thomme, tant vaut la terre», dit un proverbe français, qui est aussi un proverbe allemand {Wie der Wirlhf so die Wirthschaft),
La tâche de TÉtat, tellequ'on Tentend à cet égard en Francecomme en Prusse, est donc ici, d'une manière générale^ d'instruire Tagriculteur, de provoquer une culture rationnelle, d'encourager tous les progrès. C'est à cet effet qu'il fonde des écoles d'agriculture et d'art vétérinaire, qu'il installe des haras, qu'il subventionne les sociétés d'agriculture, qu'il prend des mesures contre les épizooties, contre le phylloxéra, etc.
(1) Cette somme serait même insuffisanto; il faudrait, assure-t-on, l'élever i 36 millions et au-delà.
Le budget de 1877 alloue dans ce but au mimstèro une somme de Il .63
Ajoutons-y la moitié des frais généraux du ministère de l'agricultui^ (1) 0.74
Ensemble 12.87
Le Ministère des travaux publics dépense en outre pour ragriculturo. ...... 3.51
Totol pour l'Eut , 14.80
Les départements fournissent de leur cdté 2.20
Le montant des dépenses des communes, en faveur de l'agriculture, ne saurait être déterminé, les tableaux officiels les confondant avec d'autres dépenses sous la rubrique de dépenses diverses (26 millions). Mais il est certain que les communes inscrivent dans leurs budgets des sommes importantes en faveur de Tagriculture, il suffit de rappeler les gardes champêtres, etc.
La somme portée comme moUtedes frais généraux (0.74) comprend les frais du bureau des subsistances. Dans les temps ordinaires, ce bureau se contente de noter les prix et de dresser la statistique du marché; en temps de cherté, il prépare les mesures qui peuvent s'imposer au gouvernement. En pareil cas, le ministère de Tagriculture peut avoir des dépenses extraordinaires, mais il y a longtemps qu'on n'a pas eu à recourir à ces moyens exceptionnels. Du reste, lors de grandes calamités, les Chambres ne manquent jamais d'allouer les crédits extraordinaires que le gouvernement leur demande.
Les dépenses considérables causées par les chemins vicinaux sont également faites, du moins en grande partie, dans l'intérêt de l'agriculture. Si elles ne figurent pas dans nos chiffres, c'est que ces chemins servent encore à d'autres buts, et qu'il est difficile de lesséparer des chemins de grande communication. On pourrait aussi citer ici un certain nombre de privilèges accordés à Tagriculture, par exemple, l'immunité d'impôts pour les bâtiments, chevaux, etc., servant à une exploitation agricole, les tarifs protecteurs des douanes, et autres faveurs semblables, mais cela nous conduirait trop loin.
D'ailleurs, on ne doit pas juger de la sollicitude du gouvernement pour Tagriculture ou l'industrie, uniquement par les sommes que leur alloue expressément le budget; car bien des dépenses où leur nom ne figure pas sont faites dans leur intérêt.