GROUPE ANGLAIS
Londres. — Nous nous étendrons un peu sur le budget de la ville la plus grande, la plus riche et la plus peuplée de l'Europe.
Capitale de l'Angleterre et métropole* du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne, Londres est située sur la Tamise, à 5o milles de la mer et à 302 kilomètres N.-N.-O. de Paris. Le lleuve, auquel elle doit sa richesse, la divise en deux parties inégales.
La ville proprement dite se compose de trois parties principales : la cité de Londres, la cité de Westminster et le bourg de Southwark ; les deux premières sont sur la rive gauche du fleuve.
Le port occupe, du pont de Londres jusqu'à Deptforl, une longueur de 6 kilomètres, sur une largeur de 3oo ou 4oo mètres; les navires sont rangés du côté de la Tamise par lignes transveriftiles de 5 à 7.
L'animation de « la Cité ^ aux heures des aflaires ne peut se décrire. D'immenses bassins, entourés de magasins ou docks et communiquant avec la Tamise, oflrent un asile parfaitement sûr aux plus grands navires; ce sont: les Londondocks, les Saint-Katharine-docks, les Vicloria-docks, les Eastand-West-India-docks et les Albert-docks.
Londres est la métropole commerciale de l'Europe.
La population de l'agglomération administrative du comté de Londres était:
En 1878 (recensement de 187 1) de . . . 8,266,987 habitants. En 1888 ( — 1881) . . . 3,834,194 —
En 1898 ( — 1896) . . . 4,433,018 —
La superficie de cette agglomération est de 76, 44^ acres ou 3o,523 hectares.
C'est le Conseil de comté de Londres qui a centralisé une grande partie des attributions municipales; mais à côté de ses
attributions, on a maintenu les droits et prérogatives de la corporation de la Cité et les pouvoirs régionaux d'une foule d'autorités locales, à la base desquelles sont les Vestries^ et les paroisses.
Nous n'avons trouvé que très peu de documents financiers officiels sur les recettes et les charges de Londres et nous ne croyons pas que l'on ait encore fait le résumé que nous allons tenter d'établir. Grâce à la courtoisie du Conseil de comté, nous avons eu à notre disposition un ensemble de documents desquels nous avons déduit les charges de Londres pour l'exercice 1 895-1 896.
L'extrême dissemblance de l'administration communale anglaise avec les administrations municipales des nations du vieux continent nous rendra les comparaisons difficiles. Il suffira, pour se faire une idée de ces difficultés, de noter qu'à Londres les dépenses locales sont faites par 4 autorités de comté, i6 autorités de districts, 17 autorités d' unions, 34 autorités spéciales de districts et 33 1 autorités paroissiales*.
La dépense totale de ces diverses organisations en 1895-1896 a été de £ i3,i46,i34, soit, au change de 20 fr., une somme de 328,553,350 fr. pour une population de 4j433,oi8 habitants (recensement de 1896).
On peut considérer ces charges comme normales et permanentes et les assimiler à celles du service ordinaire du budget de la Ville de Paris.
Cette dépense a été effectuée à peu près pour moitié par le Conseil de comté, qui peut être comparé aux conseils municipaux ou aux « magistrats 3 des capitales de l'Europe, et par moitié par les autorités locales. Nous en donnons la répartition un peu plus loin.
r. La Vestry et la paroisse étaient, à l'origine, des corporations ecclésiastiques ayant pour but de construire et d'entretenir les églises ; mais à Londres et dans quelques-unes des grandes villes anglaises, elles ont, depuis fort longtemps, des attributions communales, telles que le nettoiement des rues, l'assainissement par égouts, etc.
On peut considérer la paroisse comme un arrondissement ayant à sa tète un petit conseil municipal.