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D'autre part, la loi du 15 avril 1916 a eu pour but d’organiser la lutte contre la tuberculose et se trouve à la base de la législation antituberculeuse et de l’Hygiène sociale.

Nous examinerons le fonctionnement de chacun des deux services d'Hygiène publique et d'Hygiène sociale, ainsi que les charges qui en résultent pour le département.

Nous exposerons ensuite, aussi brièvement que possible, l’organisation de ces services dans le département de l’Hérault; les résultats qu’ils ont obtenus sont, en effet, des plus importants et ont largement compensé les sacrifices financiers que le Conseil général s’est imposé à leur égard.

a) Service de l’Hygiène publique

La loi du 15 février 1902 décide, dans son article 20, que le Conseil général & délibère sur l’organisation du service de l’Hygiène publique dans le département ».

Elle prévoit le fonctionnement d’un Conseil départemental d'hygiène et de commissions sanitaires de circonscription.

Les circonscriptions sanitaires sont établies par le Conseil général et pourvues chacune d’une Commission sanitaire.

Les dépenses rendues nécessaires par la loi du

15 février 1902 sont obligatoires. Elles sont réparties entre les communes, les départements et l'Etat, suivant les règles fixées par la loi du 15 juillet

Op 1892 sur l'assistance médicale gratuite et conformément à des barèmes annexés.

Les Conseils départementaux d'Hygiène et les Commissions sanitaires doivent être consultés sur l'alimentation en eau potable des agglomérations, sur les règlements sanitaires communaux et, d’une manière générale, sur toutes les questions intéressant la santé publique dans les limites de leurs circonscriptions respectives (art. 21).

L'article 19 de la loi du 15 février 1902 déclare qu’il appartient au Conseil général de réglementer les détails et le budget du service départemental de protection de la santé publique.

Ce service a été organisé dans le département de l'Hérault par délibération du Conseil général, en date du 3 mai 1921, et sur les bases suivantes:

Le département est divisé en six secteurs médicaux, dont chacun est confié à un médecin-inspecteur d’hygiène, recruté au concours. À la tête du département est placé l’inspecteur départemental d’hygiène qui prend le titre d’inspecteur principal.

L'arrêté constitutif du service a fixé ainsi les principales attributions de ces médecins-inspecteurs :

Inspection médicale des écoles publiques et privées ;

Prophylaxie des maladies transmissibles (épidémies) ;

Surveillance des services de désinfection et de vaccination ;

sur

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Application des mesures d’hygiène dans les éta-

blissements publics ;

Surveillance des établissements classés ; Hygiène rurale, assainissement des communes,

contrôle de l’application des règlements sanitaires ; Protection des eaux d’alimentation, surveillance

des dispositifs d'évacuation et d’épuration des

eaux usées.

Protection des eaux minérales, surveillance sa-

nitaire des villes d’eau et stations climatiques.

Les résultats atteints Jusqu'à ce jour sont des plus réconfortants et leur indication nous semble présenter un vif intérêt. Nous les empruntons à l’article paru dans la Revue d'Hygiène et de Police sanitaire, sous la signature de MM. Bertin-Sans, professeur d'Hygiène à la Faculté de Médecine de Montpellier, et Aublant, Médecin-inspecteur principal des services d’hygiène du département de l'Hérault.

Les médecins-inspecteurs d’hygiène sont entrés en contact permanent avec les municipalités de leurs secteurs respectifs. Une première enquête

‘ sanitaire, consignée chacune sur un rapport spé-

cial, a été pratiquée dans toutes les communes de l'Hérault. Chacune de ces enquêtes porte sur l’alimentation en eau potable, l’origine, la nature et la distribution de l’eau; l’évacuation des eaux et matières usées; le collectionnement, l’enlèvement et la destination des ordures ménagères; la situation des cimetières; les grandes causes d’insalubrité locale, la mortalité et la natalité des trois dernières

AO UE années ; les établissements publics et plus particu: lièrement les locaux scolaires.

Un casier sanitaire des communes à été institué dans les bureaux de l’Inspecteur principal; à chaque commune correspond un casier dans lequel sont placées les enquêtes des médecins-inspecteurs. Ainsi a pu être établi, à l’aide de documents précis, un plan d’action sanitaire pour chaque agglomération.

Le service de l’inspection médicale des écoles a été organisé dans toutes les communes où cette inspection n’avait pas été précédemment instituée.

Les principes en sont les suivants:

Examen bi-annuel des enfants des écoles au point de vue médical;

Rédaction, au moment de l’examen initial, d’une fiche spéciale, sur laquelle est consigné, par le détail, le résultat de cet examen.

Dès la constatation de cas pathologiques, les familles sont avisées et invitées à consulter un praticien de leur choix.

En 1923, 21.781 fiches avaient été rédigées et 43.562 examens d’enfants pratiqués; 10.312 avis avaient été envoyés aux familles, à la suite de constatation de maladies ou tares diverses.

C’est ainsi qu’un très grand nombre d’affections, pour la plupart ignorées des familles, ont pu être dépistées et que les parents ont pu faire donner à leurs enfants les soins appropriés.

Les médecins-inspecteurs d’hygiène ont eu, en outre, à intervenir toutes les fois qu’une maladie

AE (12 épidémique est apparue sur un point de leur secteur et, depuis leur entrée en fonctions, ils ont pu endiguer un grand nombre de ces maladies.

Enfin, des enquêtes de salubrité générale ont éte pratiquées dans toutes les communes du département pour la constitution des casiers sanitaires.

Un rapport détaillé a été établi sur l’eau potable utilisée dans chaque commune. Ces enquêtes ont fait apparaître les conditions extrêmement défectueuses dans lesquelles beaucoup de communes étaient alimentées en eau.

Depuis la création du service jusqu’en 1923, 63 projets d’adduction d’eau ont été suscités, tous ayant fait l’objet d’enquêtes préalables géologiques, chimiques et bactériologiques précises.

Les inspecteurs d’hygiène ont été appelés à intervenir 22 fois pour les questions de salubrité inhérente au fonctionnement des établissements classés.

Dans 11 cas, ils ont étudié et rapporté devant les assemblées sanitaires des projets d’agrandissement ou de translation de cimetière.

Ils ont réussi à faire créer, dans diverses communes, des installations de bains-douches, de lavoirs, etc.; ils ont étudié et mis au point, dans quarante communes, des projets d’assainissement dont la réalisation se poursuit sous leur contrôle.

Ainsi, d’ores et déjà, le service d'Hygiène publique du département de l'Hérault a fait ses preuves et donné la mesure de son activité; c’est pourquoi on peut aisément pronostiquer combien sera fécond,

0 i : è au point de vue social, l’organisme dont le Conseil général de l'Hérault a doté le département.

b) Service de l’Hygiène sociale

L'article premier de la loi du 15 avril 1916 décide que: « Pourront être institués, dans les conditions prévues par la présente loi, des dispensaires publies d'hygiène sociale et de préservation antituberculeuse qui seront spécialement chargés de faire l’éducation antituberculeuse, de donner des . conseils de prophylaxie et d’hygiène, d’assurer et de faciliter aux malades atteints de maladies transmissibles l’admission dans les hospices, sanatoria, maisons de cure ou de convalescence, etc... ». Ladite loi ajoute: « Ces dispensaires organiseront.… des consultations gratuites et des distributions de médicaments ». Enfin, elle spécifie, dans son article 3, que ces dispensaires seront institués par décret, après enquête et avis du Conseil général.

En ce qui concerne les dépenses de ces établissements, l’article 7 déclare qu’elles seront supportées par les communes, le département et l’Etat, conformément aux principes de la loi du 15 juillet 1893 sur l’assistance médicale gratuite et au mode de répartition suivi pour les dépenses de la loi du 15 février 1902.

C’est en vertu de cette loi que le Conseil général de l'Hérault, dans une délibération d’octobre 1920, a décidé la création d’un Office départemental d'hygiène sociale, de dispensaires dans le départe-

— ol — ment, ainsi que la création d’un sanatorium et de préventoriums.

Ce programme est actuellement réalisé. Il existe dans le département de l'Hérault trois dispensaires centraux (Montpellier, Béziers, Cette) auxquels se rattachent des dispensaires secondaires. Le service médical y est assuré par trois médecins spécialisés et le service social par quinze infirmières visiteuses diplômées.

Le dépistage des maladies s’exerce grâce à une propagande active, grâce aussi aux Comités de patronage qui se sont constitués autour des dispensaires, de même que par les infirmières-visiteuses qui se rendent au domicile des malades signalés, et par la visite médicale des enfants des écoles, pratiquée par les inspecteurs d’hygiène, qui dirigent sur les dispensaires les enfants suspects rencontrés au cours de leurs inspections.

Les statistiques ci-dessous permettent de se rendre compte de l’activité de ces dispensaires :

En 1921, on note 4.344 présents aux consultations et 3.398 visites à domicile.

En 1922, 7.165 présents aux consultations et 7.347 visites à domicile.

Pour les tuberculeux dépistés par les dispensaires, le Conseil général a prévu la création d’un sanatorium et l’agrandissement d’un autre existant déjà. D’autre part, un climatorium a été installé pour recevoir pendant toute l’année, soit les enfants sains des tuberculeux, soit certains enfants chétifs et anémiés,

Enfin, l'Office départemental d'Hygiène sociale centralise, dans un fichier central installé aux bureaux de l'Office, les renseignements de tous ordres concernant les tuberculeux du département. On note ainsi les différents incidents de la vie des malades, leur passage dans les différents établissements, l’évolution de leur famille, etc. et ceux-ci ne sont désormais plus perdus de vue.

Les résultats obtenus par l’Office d'Hygiène sociale de l'Hérault ont été tellement satisfaisants qu’on lui a successivement rattaché les dispensaires pour l’organisation de la lutte antivénérienne et de la lutte contre le cancer, de même que les divers organismes qui ont en vue la lutte contre la mortalité infantile.

L’hygiène publique et sociale est ainsi organisée sur des bases solides dans le département de l’Hérault et il est, dès à présent, facile de prévoir combien cette organisation sera fertile en réalisations.

Citons, à titre documentaire, que, pour l’année 1924, le budget des dépenses du Service d'Hygiène publique dans le département de l'Hérault s’est élevé à 323.000 francs, dont le tiers environ incombe au département et que le budget des dépenses du service d'Hygiène sociale s’élève à 252.000 fr. dont moitié environ à la charge du département.

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