‹ Les finances des cités grecquesChapitre 1 sur 64 · LIVRE PREMIER LES in^ï^ÔTS · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER LES in^ï^ÔTS

Lorsqu'on lit l'histoire grecque, écrite par les anciens,

on a l'impression que, plus heureux que nous, les gens ifj^ k^ X

de ce temps-là ignoraient ou dédaignaient les questions c>- ^'-'^

d'argent. Le silence de ces historiens fait honneur à leur

désintéressement plus qu'à leur sens pratique . la question

d'argent se posait, tout comme aujourd'hui, devant les

hommes d'état. Dans certaines cités, elle se résolvait

peut-être aisément : on se résignait à une existence

modeste et effacée. Ailleurs, les ambitions étaient plus

hautes ; la cité cherchait à sortir de ses étroites limites^

elle aspirait à marquer dans l'histoire par de grandes

actions ; or^ la gloire se paj'e comme beaucoup de choses

ici-bas. Les batailles se gagnent à la pointe de l'épée ; les

soldats qui ont bien combattu, obtiennent les lauriers;

mais que feraient-ils sans un ministre des finances habile

et attentif, auquel personne ne songe au soir de la victoire

et qui pourtant, sans sortir de chez lui, a plus contribué

que tout autre au succès?

Les anciens ne nous ont laissé sur les finances de leurs cités que deux ouvrages : le traité des Revenus attribué à Xénophon, l'Economique attribuée à Aristote.

Le premier est un écrit de circonstanceé, le second cherche à embrasser le sujet dans son ensemble, mais, tel qu'il nous est parvenu, il ne répond qu'imparfaitement aux intentions de son auteur : la théorie qu'il établit est souvent obscure ; en général, elle n'est qu'esquissée. Plus intéressants que la théorie auraient pu être les faits particuliers sur lesquels elle repose; mais la plupart sont exposés en des termes si concis que nous ne sommes pas toujours sûrs de bien comprendre. On en retrouvera pins d'un dans les pages qui suivent.

Pour le moment, je voudrais relever une idée générale, un essai de classification des administrations financières, des « Economiques », comme dit le livre.

Il en distingue quatre : celle des particuliers dont nous n'avons pas à nous occuper, celle des cités, celle des rois.

celle des satrapes. La distinction nous paraît juste, bien que l'auteur ne l'établisse pas avec une entière [)récision ; et, dans ses grandes lignes, nous pouvons la reprendre pour dresser notre plan (').

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