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De bonnes finances tout d’abord, et le reste viendra
ensuite — d’où ces trois principes qui seront mis en
œuvre : +
Clarté du Budget ; Discipline et Economie de la dette ; i Simplicité des Impôts. se
1° Le Budget.
Son enchevêtrement, son obscurité, ses sections spéciales avaient favorisé le gâchis ruineux qui s’y était installé. Esprit clair, Salazar voulait un budget clair, compréhensible, même pour les profanes (2). De la clarté, de la simplicité et aussi de la sincérité, devait naître un budget sain. Aussi l'effort du Ministre des Finances allait-il porter sur la réforme du budget — et dans la nouvelle constitution — à modifier les règles de son adoption.
a) Qui préparera le budget ?
Cet élément primordial de la vie d’un Etat ne doit pas être abandonné aux décisions partisanes, à lignorance des conditions réelles du pays, et à la démagogie. En principe, les dépenses seront préparées par « l’intendance générale du budget», un autre organisme, «la direction générale de la comptabilité» s’occupera des recettes. En fait, c’est l’Intendance générale du budget qui est encore chargée des deux fonctions, mais pour que rien ne soit improvisé hâtivement et dangereusement, tout le temps lui est laissé pour ses travaux.
(2) E. da Silva : « La Réforme du Budget au Portugal », Paris 1938 « Qui ne lit pas le budget, ne connait pas son pays. Ne pas lire un budget c’est perdre le contact avec la Nation. Chaque budget, chaque vérité comme dans le théâtre de Pirandello »,
Préparé par des techniciens, le budget apparaît avec une belle ordonnance classique, aux grandes lignes dégagées.
Un préambule expose le budget dans son ensemble. Puis c’est la classification méthodique des recettes, qui s'oppose à la dispersion d’autrefois. Viennent ensuite les dépenses classées, elles aussi, selon le même ordre rigoureux.
Le budget est un tout, et la règle de l’universalité est respectée avec d’autant plus d’aisance que l'Etat se refuse à s'établir industriel ou commerçant ; il en va de même de la règle de l’annualité et, jusqu’à un certain point, de la spécialité.
La belle tenue de cette œuvre de logique et de bon sens révèle l’homme qui en a été l’animateur (3).
Ainsi donc le budget est préparé en dehors de l’assemblée nationale. Il a été élaboré dans le calme et la sérénité, à l’aide d’une documentation précise, c’est sous une forme achevée qu’il va être présenté aux parlementaires dans ses conclusions.
b) Adoption du budget.
L'Assemblée nationale votera la loi de finance qui donnera au gouvernement le droit de passer à l’exécution du budget élaboré par ses services. Jusqu’à ce vote il demeure en suspens.
Les dépenses déjà acquises au cours des budgets précédents ne nécessiteront aucune nouvelle sanction législative, seules les dépenses nouvelles devront être votées.
(3) Cette réforme n’est rien autre chose que lapplication de principes exposés dans un article écrit par Monsieur Salazar lorsqu'il professait encore à Coimbra.
Mais celles-ci, une fois adoptées, une recette étant admise
en contrepartie, c’est au gouvernement d’assurer l’exé-
cution et le recouvrement, et il reste ainsi maître de la partie reconduite du budget ; c’est le juste contrepoids des responsabilités qu’il prend (4).
Le résultat des mesures prises pour obtenir la clarté, et l’ordre dans les recettes et dépenses publiques ont eu un résultat immédiat ; l’année même de la prise du Ministère des Finances par Salazar, le budget passait d’un déficit (5) à un excédent de 265 millions, et depuis chaque année se solde régulièrement par un excédent budgétaire (1 milliard en 7 années).
Il faut attribuer, en partie, cet heureux effet à la liquidation des services jusque là gérés par l'Etat, et déficitaires, qui furent cédés à l’économie privée.
Les impôts insuffisants ont été relevés à un taux plus normal et plus conforme aux possibilités et aux besoins du pays.
2° Stabilisation de la monnate.
La circulation fiduciaire était passée de 120 millions à 2 milliards, les capitaux s’enfuyaient, la balance commerciale était grevée d’un lourd déficit (6).
Le désir de-donner des finances saines est inséparable de celui de donner à la monnaie une valeur stable, d’où la stabilisation entreprise par Salazar, opérée par suite des circonstances en deux étapes. Tout d’abord une stabilisation sur l’or, puis sur la livre sterling lorsque celleci s’est détachée de l'or.
(4) Par cette méthode ont pu être évités les retards dans le vote du budget et la dangereuse politique des « douzièmes provisoires ».
(5) Déficits : 1926-27, 425.000 Contos Excédents : 1928-29, 286.000
1927-28, 229.000 1930-31, 152.000 (6) 10 millions de livres anglaises,
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La stabilisation, réalisée officiellement en juillet 1931, était déjà une situation de fait depuis deux ans.
L’escudos avait repris une parité nouvelle à 110 escudos pour une livre, des réserves solides, partie en devises (7) étrangères gageaient la circulation monétaire à 30 % en principe et à 35 % en fait.
Mais survint la chute de la livre de septembre 1931.
L’escudos stabilisé depuis deux mois était mis gravement en péril : d’abord une partie importante de sa couverture consistait en sterlings, la plupart des placements portugais étaient libellés également en cette devise, le 1/4 du commerce extérieur se faisait avec l’Angleterre.
Fallait-il maintenir l’escudos, où fallait-il s’aligner sur la livre ? Les raisons que nous avons énumérées militaient en faveur de l’alignement. Ce fut la solution qui l’emporta.
Si nous prenons en considération les liens étroits qui unissaient l’économie portugaise à l’économie anglaise, nous ne pouvons voir dans cet alignement un expédient, ni un dévaluation nouvelle, C'était tout simplement une décision d'importance capitale destinée à sauver l’œuvre si énergiquement entreprise.
L'équilibre du budget assuré (8), le sort de la monnaie définitivement consolidé , un assainissement de la dette pouvait être entrepris.
3° Aménagement de la dette publique.
La dette portugaise était mal équilibrée, une dette
(7) Or : 10 %, 2 millions de livres représentaient le 1/3 de la couverture.
(8) Alors que les dépenses diminuaient de 250.000 en 1928-29 et de 80.000 en 1929-30, les recettes s’accroissaient considérablement, passant de 1.698.000 (1926-27) à 2.200.000 (1933-1934).
flottante considérable pesait sur elle. Immédiatement
le gouvernement entreprit, soit de la consolider, soit de la rembourser ; en 1934, elle avait pratiquement disparue en ce qui concerne sa partie étrangère, et la partie intérieure était bientôt résorbée à son tour.
De 2.114.000 contos, elle passait en 1934 à 160.000 contos ?
La dette à long terme, elle aussi, était réduite dans la mesure du possible, passant de :