‹ Les flaireursChapitre 3 sur 6 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Sonnerie de cor dans le lointain Roulement de tambours. Orgues. Coups répétés. Les cierges sont rallumés et Ton voit la jeune tille qui est restée debout contre le lit, immobile dans une attitude de \ eille, le visage tourné vers la porte.

(On frappe.)

LA FILLE se précipitant vers la porte.

Ah ! taisez-vous, taisez- vous donc ! grand mère dort maintenant.

(On frappe.)

VOIX au deliors.

Ça m'est égal !

LA FILLE

A'ous avez dit que vous attendriez.

LA VOIX cclafa^it de rire.

Moi ! je viens d'arriver.

LA FILLE

Quoi! n'ètes-vous pas l'homme de tantôt!

LA VOIX

Certes non.

LA .'MÈRE

.Ma fille, j'entends du bruit.

LA FH^LE vers la porte.

Cela n'est pas vrai.

LA VOIX

Ah par exemple !

LA .MÈRE

Ma fille, j'entends quelque chose qui bouge.

LA FILLE

Qui ètes-vous donc?

LA VOIX

.Mais...

LA .MÈRE

Oui, il y a là quelque chose, oui.

LA FILLE

Je n'attends personne.

LA .MÈRE écoulant.

Oui, oui, il y a quelque chose qui (rôle, comme ça, là, sous la porte, sùi", il va quelque chose qui traîne. Qu est-ce qu il y a, ma lîlle?

LA FH.LE

C est un oiseau de nuit, petite mère. — Qui ètes-vous donc?

LA VOIX

Mais 1 homme avec le linge.

LA FILLE

L homme avec le linge?

LA VOIX

Oui.

LA MÈRE

Mais non. ma fille, mais non, j entends queli|u'un qui parle. Qui est-ce qui est là, ce n'est pas ta voix, cela: mais non, il y a quelqu'un! Qui est-ce, ma fille?

LA FILLE

Petite mère, ce n est rien, te dis-ie.

l6 LES FLAIREURS

LA -MERE

Si. si, il y a là qLielqu'iin.

(On frappe.)

'l'u entends I on frappe, Qui est-ce? demande qui c est.

LA FU.LE

Petite mère, c est Lin homme égaré qui demande son chemin,

LA MÈRE

Ah ! miséricorde ! Par Lme telle nLiit. ah î m.on Dieu I ouvre lui vite, ma iille, à ce paLivre homme, qu il se repose et mange Lin peu, ah mon Dieu ! Ecoute.

(On frappe.)

Ah! il faut lui ouvrir, cela, ma (ille. cela est charitable, va.

LA FILLE

Petite mère, j ai peur, voilà la seconde fois, on ne sait pas qLii peut venir.

LA MÈRE

X aie pas peur, ma fille, cela est bien et . il faut taire le bien.

lOn frappe )

LA FILLE vers la porte.

Non!

LA jMÈRE.

N'entends-tu pas des chevaux?

LA FILLE

Quel est ce bruit?

LA VOIX

G'na pas d'bruit... ah ! là-bas. J'sais pas, moi, c'est de ceiisse qui viennent.

LA MÈRE

Mais, ma fille, écoute, il y a quelque chose qui frôle, là-dessous.

LA FILLE rapidement.

C'est la pluie contre la porte, petite mère.

(On frappe.)

Non!

LA MÈRE

Mais non ! petite mère n'est pas sourde, elle entendrait croître les herbes, c'est le

l8 LES FLAIREURS

bruit de quelque chose qui traîne, ah oui, je sais bien, moi! C est la belle Dame du château qui est là, la belle Dame à cheval ; elle est venue! Ne l'a-t-elle pas promis? Oui, oui, sans doute, ma fille, c'est elle, je lentends bien, c'est elle, ouvre-lui vite,

(On frappe.)

LA FU.LE vers la poiie.

Non !

[Se rapprochant de sa mère dont elle prend les mains.)

Ah! petite mère, j'ai peur de ceux qui viennent la nuit.

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