SCÈNE XIV
Lfs Mêmes, MAURICE, ARMAND.*
MAURICE, repouttant Armand qui reut le retenir. Laisscz-moi, vons-dis-je... laissezmoi!... ( Il s’approche de Stéphen.) Monsieur Stéphen!... mon pauvre maître!...
(A Hermance.) Retirez-vous, madame, retirez-vous, c’est assez vous jouer de sa douleur !... vous devez être satisfaite, voilà votre ouvrage, c’est vous qui l'avez tué !
HERMANCE. Non, non !... il revient à lui...
Maurice. Éloignez-vous ! éloignez-vous , par grâce !
stêphen, revenant à lui. Ah! c’est toi, Maurice... que fais-tu là ?
MAURICE. J’attendais votre réveil, mon cher maître... pour fuir ce château maudit, pour partir.
STÉPHEN, se levant. Partir.. , oh! non!
non!... ( L'orchestre exécute le refrain de l'air : Je suis la jardinière du roi. — llappelant ses souvenirs, et à demi-voix.) Le bal des fleurs!... (Afusiçuc.) la Rose !... la Bellede-nuit!. .. (Il parait violemment agité, regarde la lettre froissée qu’il tient à la main, porte la main à son front, et s'écrie :) La Pensée I la Pensée !
MAURICE. Oh! je n’y tiens plus... il faut qu’il sache tout !.. . on vous a trompé... vous êtes le jouet d'une cruelle raillerie. . . ces fleurs que vous avez cru voir ici tout à l’heure. ..
STÊpnEN. Eh bien?...
Maurice. C’étaient des femmes !
Les amies d'Hermanre paraissent dans le fond. Elle leur fait ligne d'approcher avec précaution.
STÉPHEN. Des femmes ?.
Maurice. Oui, on m’avait séparé de vous, pour jouer ici une infâme comédie.
STÉrnEN. Une comcdieî... eh quoi!.., la Rose...
Maurice. C’est la comtesse de Fontenay...
Stéphen. I-t Belle-de-nuit?...
MAURICE. Une marquise...
STÉPHEN. Mortes?...
Maurice. Vivantes, maître, vivantes... des coquettes, des sans-cœur !
• Stéphen, Maurice, Hertnance.
stêphen. Mais alors... elle... la Pensée...
Maurice. Elle!... c’est la femme que vous aimiez.
STÉPHEN. Hermance !
Maurice. Qui vous a trahi...
stêphen.* Oh! non! non! tu te trompes, .Maurice...
II indique la lettre.
MAURICE. Elle!... votre fiancée d’autrefois... aujourd'hui, la veuve du comte de Ligny.
STÉPHEN. Veuve, dis-tu?...
hermance. Oui, Stéphen... libre!
MAURICE. Fuyons, maître, fuyons !
HERMANCE , lui tendant la main.
* Aprèa mon père et Dieu , Stéphen , c’est toi que
[j’aime. »
stéphen. ** Vivante... vivante!.,. — Et toutes ces jolies fleurs ?. ..
hermance. Mes amies... mes bonnes amies.
Les fleurs forment un groupe qui s'avance jusqu’à l'avau t-scene.
LA rose. La Rose, qui promet de ne plus vous piquer.
la belle-de-nuit. La Belle-de-nuit, qui vous invite pour la première contredanse, le jour des noces.
armand. à Maurice. Dites donc, en voilà une cure miraculeuse !...
Maurice. La médecine sans médecin c’est encore ia meilleure.
stéphen. Oh ! de grâce , mes belles fleurs, laissez-moi vous remercier et vous admirer une fois encore.
la rose. Prenez garde, monsieur Stéphen, la flatterie perd les femmes.
hermance. Elle a raison.
Air de la Chevriire ( Aura»).
Craignons, A mes sœurs bien aimées,
L’avenir! (Me.)
Un rien, pauvres fleurs animées.
Peut d'ici nous bannir.
Si dcGrandville La touche habile,
De scs riches couleurs Eût illustré nos fleurs ;
En ce parterre.
Notre terre.
Ce bouquet.
Plus coquet,
Fleurirait,
Charmerait.
nzpiusi.
Craignons, 6 mes soeurs, etc.
' Maurice, Stéphen , Hermance, la Rose . ta Belle-de-nuit, le Lilas, te Coquelicot.
" Armand, Maurice, Siéphcn, Herma»ee, Henriette, la Rose, le Lilas, le Coquelicot.