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Les fleurs boréales, les oiseaux de neige [microforme]

Juin brillait, Sur les eaux, dans l'herbe des pelouses, Sur les sommets, au fond des profondeurs jalouses, L'Été fécend chantait $es sanvages amonrs.

Du Sud à l’Aquilon, dun Conchant à l'Aurore,

Toute l’immensité semblait garder encoro

La majesté des premiers jours.

Travail mystérieux ! Les rochers aux fronts chauves, Les pampas, les bayous, les bois, les antres fauves, Tout semblait tressuillir sous un souffle effréué ;

On sentait palpiter les solitudes mornes,

Comme au jour où vibra, dans l’espace sans bornes,

L'hymne du moude nouveau-né.

L’Inconnu trônait là dans sa grandeur première.

Splendide, et tacheté d’ombres et de lumière,

Comme un reptile immense au soleil engourdi, Le vieux Meschacébé, vierge encor de servage, Dépliait ses anneaux de rivage en rivage

Jusques aux golfes du Midi.

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13e, Echarpe de Titan sur le globe enroulée,

Le grand fleuve épanchait sa nappe immaculée

Les régions de l'Ourse aux plages d’'Orion,

Baiguant le steppe aride et les bosquets d'orange,

Et mariant ainsi, dans un hymen étrange,

L'Equateur au Septeutrion,

Fier de sa liberté, fier de ses flots sans nombre,

Fier du grand pin touffu qui lui verse son ombre,

Le Roi-des-Eaux n'avait encore, en aueunu lieu

Où l'avait promené sa course vagabonde,

Déposé le tribut de sa vague profonde,

Que devant le soleil et Dieu !...

Jolliet ! Jolliet ! quel spectacle féeriqne . Dut frapper ton regard, quand ta nef historique

Bondit sur les flots d’or du grand fleuve inconnu [

Quel sourire d’orgueil dut effleurer ta lèvre !

Quel éclair triomphant, à cet instant de fièvre,

Dut resplendir sur ton front nu |

Le voyez-vous, là-bas, debout comme un prophète, Le regard rayonnant d'andace satisfaite,

La main tendue au loin vers l'Occident bronzé, Prendre possession de ce domaine immense,

Au rom du Dieu vivant, an nom du roi de France,

Et dun monde civilisé !

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| ’uis, bercé par la houle, eë bercé par ses rêves,

oreille ouverte aux bruits harmonieux des grèves,

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Humant l’âcre parfum des grands bois odorauts,

Pasant les îlots verts et les dunes d’opale,

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De méandre en méandre, an fil de l'onde pâle,

Suivre le cours des flots erranuts !

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À, son aspect, du seiu des flottantes ramures,

Moutait comme un concert de chants et de murmures :;

Des vols d'oiseaux murins s'élevaient des roseaux,

Et, pour montrer la route à la pirogue frêle,

S'enfuyaient en avant, traînant leur ombre grêle

Dans le pli lumineux des eaux.

Et, peudant qu'il allait voguant à la dérive,

L'on aurait dit qu’au loin les arbres de la rive,

En arceaux parfumés penchés sur son chemin,

Saluaent Le héros dont l’énergique andnce

Venait d'inscrire encor le nom de notre race

Aux fastes de l'esprit humain!

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Et p O grand Meschacébé [— voyageur taciturne,

J'en!

Bien des fois, au rayon de l'étoile nocturne,

Dou Sur tes bords endormis je suis venu m'asseoir : jAtal Et là, senl et rêveur, perdu sous les grands ormes

? ? Do »

Et l’ J'ai souvent du regard suivi d’étranges formes

Glissant dans les brumes du soir.

Et ; Tantôt je croyais voir, sons les vertes arcades, | 5 Du fatal de Soto passer les cavaleades, Cell En jetant au désert un défi solennel ! ù Tantôt c'était Marquette errant dans la prairie, ; Ce

JImpatient d'offrir un monde à sa patrie,

Et des âmes à l'Eternel !

Parfois, sons les taillis, ma prunelle trompée

royait voir de La Salle étinceler l'épée ; 4 t parfois, groupe informe allant je ne sais où,

evant une humble croix, —6 puissance magique !—

Je farouches guerriers à l'œil sombre et tragique

À Passer en pliant le genou !

Et puis, berçant mon âme aux rêves des poëtes, J'entrevoyais anssi de blanches silhouettes, Doux fantômes flottant duus le vague des nuits,

LAtala, Gabriel, Chactas, Evangeline,

es,

Et l'ombre de René, debout sur la colline,

Pleurant ses immortels ennuis.

Et j'endormais ainsi mes souvenirs moroses...

Mais de ces visions poétiques et roses

Celle qui plus souvent venait frapper mon œil, D C'était, passant au loin dans un reflet de gloire,

Ce hardi pionnier dont notre jeune histoire

Redit le nom avec orgueil.

Jolliet ! Jollict ! deux siècles de conquêtes,

Deux siècles sans rivaux ont passé sur nos têtes,

L'a Depuis l’heure sublime où, de ta propre main éd: Tu jetas, d’uu seul trait, sur la carte da monde * Le & Ces vastes régions, zone immense et féconde, EF vi! it

Futur grenier du genre humain !

Deux siècles sont passés depuis que ton génie

Nous fraya le chemin de la terre bénie

Que Dieu fit avee tant de prodigalité,

Qu'elle garde toujours dans les plis de sa robe, Pour les déshérités de tous les coins du globe,

Du pain avec la liberté !

To

Dui, deux siècas ont fui. La solitude vierge

est plus à! Du progrès le flot montant sabmerge es vestiges derniers d’un passé qui finit.

)ù le désert dormait grandit la métropole ;

it le fleuve asservi courbe sa large épaule

sous l'arche aux piliers de granit !

Plus de forêts sans fin : la vapeur les sillonne !?

L'astre des jours nouveaux sur tous les points rayonne ; L'enfant de la nature est évan, ‘isé ;

Le soc du laboureur fertilise la plaine ;

5t le surplus doré de sa gerbe trop pleine

Nourrit le vieux monde épuisé !

Des plus purs dévoûments merveilleuse semence !

Qui de vous eût jamais rêvé cette œuvre immense,

O Jolliet, et vous apôtres ingénus,

Humbles soldats de Dieu, sans reproche et sans crainte, | Qui portiez le flambeau de la vérité sainte |

Dans ces parages inconnus ?

Des volontés du ciel exécuteurs dociles,

Vous fûtes les jalons qui rendent plus faciles

Les durs sentiers où doit marcher l’hjmanité... : Gloire à vous tous! du Temps franchissant les abîmes, Vos noms environnés d’auréoles sublimes,

Iront à l’immortalité !

TER LUN A OEM.

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Et toi, de ces héros généreuse patrie,

Sol canadien, que j'aime avec idolâtrie, —

Dans l’accomplissement de tous ces grands travaux,

Quand je pèse la part que le eiel t’a donnée, —

Les yeux sur l'avenir, terre prédestinée,

J'ai foi dans tes destins noûveaux !

nee !

ense,

18 crainte,

abîmes,

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