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Qu” les noirs soucis jamais ne troublaient!
En face, perché sur une corniche,
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Ju plâtre poudreux nous montrait à nu Diane chassant avec son caniche
Aux bords de l’'Ismène Actéon cornu.
Sur un vieux rayon tout blanc de poussière, Rabelais donnait le bras à Caton ;
Pascal et Newton condoyaient Molière,
Gérard de Nerval masquait Duranton,
Il me semble voir la table rustique À. la jarbe torse, au pied de travers, Où nous écrivions en style érotique
Nos lettres d'amour et nes premiers vers.
Et tous ces amis à la joue imberbe,
Que les soirs d’hivers chez nous rassemblaient,
Ministres futurs, grands hommes en herbe,
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Gaudemont vantait son Italienne ; Sur un pan du mur }‘oreau crayonnait ; Buteau nous chantait quelque tyrolienne ;
Pendant que Faucher ratait un sonnet ;
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J Henri nous gâchait de la politique ; | Arthur de son geste éclipsait Talma ;
Fi Vital aiguisait sa verve caustique,
Et Lemay rêveur chantait Sélima.
Il me semble voir la piteuse lippe
Que tu nous faisait quand, tant soit peu gris,
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Un profane osait, allumant sa pipe,
Déclarer la guerre à tes manuscrits,
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Musique, peinture, amour, poésie,
Jeunesse et gaîté, brillants tourbillons,
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Vous nous embaumiez de votre ambroïisie :
Fous tissiez nos jours avec des rayous !
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Et quand venait mai dorer notre chambre,
Ouvrant la fenêtre au printemps vermeil, Nous respirions l’air tout parfimé d’ambre
Qui venait des prés tout pleins de soleil,
Bientôt, à son tour, adieu la croisée !
Et chaque matin, au sortir du lit, Nous allions aux champs, malgré la rosée,
Surprendre les fleurs en flagrant délit.
Oh qu’il faisait bon aller sons les ormes, Guetter l’allouette au bord des ruisseaux, Voir glisser l4 nue aux flocons énormes,
Ecouter chanter les petits oiseaux !
Te souvient-il bien de nos promenades, Quand, Hhaeurs oisifs, les cheveux au vent, Nous allions rôder sur les Esplinades,
Où l’on nous lançait maint coup d'œil savant ?
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Tout était hour nous sujet d’amusettes ; Sans le sou parfois, mais toujours contents, Nous suivions aussi le pas des grisettes..,
Nous rendions des points à Roger Bontemps,
Je t'ai vu souvent faisant pied de grue, Pour lorgner dans l'ombre un joli chignon, Ou pour voir comment, traversant la rue,
.@ Une jambe fine orne un pied mighon,
Et nous rêvions gloire, amour'et fortune...
Et, comme en rêvant l’homme s'étourdit, Nous nous découpions des fiefs dans la lune,
Le soir, en allant souper à crédi,
Nous aurions voulu, tant nons sentions battre
D'ardeur et d'espoir nos cœurs de vingt ans,
Ivres de désirs, monter quatre à quatre,
—Fous que nous étions ! —l'échelle du temps.
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Nos âmes brûlaient pour 14 même cause ; Nos cœurs s’allumaient au même foyer ; Et quand arrivait l’heure où tout repose,
Nous nous partagions le même oreiller,
Nos soirs n'avaient point de songes moroses ; J'u rêvais à tout ce que nous ramions ; Moi, je révais à,..mais, comme les roses,
Le souvenir même a ses aiguillons.
Et pourtant celui de ce temps m’enivre...
Beaux jours sans soucis et nuits sans remords, Où le seul bonheur de se sentir vivre
Remplissait d'émoi nos cœurs jusqu'aux bords !
Mais plas tard, hélas ! le vent de la vie
Sur notre lac put soufilant sans pitié,
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S à ne ’ Il nous fallut fuir la route suivie
Depuis si longtemps par notre amitié !
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Petit à petit vinrent les jours sombres :
Chaque lendemain nous désabusait...
Mais l'éclair ne luit que mieux dans les ombres ;
À For le plus pur il faut le creuset.
Aux réalités il fallut se rendre, Quand un beau matin l’âge nous parla ; JL restait encor deux chemins à prendre ;
Je choisis l'exil, toi l’apostolat.
C’étaient deux billets à la lotterie :
Le plus triste lot me fut départi...
Le sert ne traitait sans cajolerie :
Je lui ris au nez et pris mon parti!
Depuis lors, narguant tout ce qui me froisse, Eu vrai Paturot passé bonnetier, Famasse un pécule, et de ma paroisse
J’aspire à l'honneur d'être marguiller,