‹ Les fleurs boréales, les oiseaux de neige [microforme]Chapitre 32 sur 65 · RU AE · texte numérisé non relu

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Du foud de la forêt montent des voix sans nombre.

Comme un œil entr'ouvert au fond de li nuit sombre,

La lune, projetant ses lougs rayons blafurds, f Découpe des grands pins les rumures étranges,

Dont l'ombre se dessine en gigantesques franges

Flottant parmi les nénuphars.

L'oiseau de nuit, quittant sa pose taciturne, S'envole en tournoyaut, et sa clameur nocturne Eveille des grands bois l'écho retentissant, Tout est calme ; et pourtant, dans le cou-:hant rougeâtre, 1

Sinistre précurseur, uu nuage grisâtre

Etend son voile menaçant, :

:1M M on 11 ) | l 11 | ll Il ml LME | Mail à 1 " 4 . Voyez là-bas, longeant les détours de la grève, Ÿ | Comme un vague fantôme entrevn dans un rêve, ‘HE Une ombre se glisser d’un pas lent et discret, Aux lieurs de la nuit, sa silhouette grise e ire, l Se détache, en passant, vacillante, indécise, | Sur le fond noir de la forêt.

“4 il , 1 ° , ’ » Î 4 La brise nous apporte une plainte étouffée... | k Dont Est-ce l'Esprit des bois ? Est-ce un spectre, une fée, |

Qui vient gémir aux bord des flots silencieux ? Non, c’est un être humain ; c’est l'enfant des savanes,

Qui vient parfois la nuit rêver sous les platanes,

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L'œil hagard, le front soucieux.

Roseau longtemps en butte au vent de la tempête, C'est une femme ; l’âge appesantit sa tête,

Et la ride du temps creuse ses traits flétris.

Fille de l'Iroquois à l'âme sanguinaire,

De tout son peuple éteint rejeton centenaire,

C’est le seul et dernier débris,

Dans les drames sanglants que raconte l’histoire,

Elle vit sa tribu périr au champ de gloire ;

Et quaud eut succombé le dernier de ses preux, Elle se retira dans un antre sauvage,

Pour pleurer sa grandeur et mourir au rivage

Du fleuve aimé de ses nteux.

Elle s’est arrêtée au pied d’un chêne énorme ; Et, tout en dérobant quelque chose d’informe Sous les plis déchirés d’un large manteau gris,

Elle parle, et sa voix lugubre et monotone

Semble le grincement et la bise d'automne,

Dans les vieux ormes rabougris :

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