‹ Les fleurs boréales, les oiseaux de neige [microforme]Chapitre 4 sur 65 · POETE LAURÉAT DE L’UNIVERSITÉ-LAVAL · texte numérisé non relu

POETE LAURÉAT DE L’UNIVERSITÉ-LAVAL

Poëte, on t'applaudit ! poëte, on te couronne!

Le laurier du vainqueur sur ta tête rayonne ;

Le passant jette à flots des fleurs sur ton chemin ; Au tournoi de la lyre on t’a cédé l'arène ;

l'a muse à ses rivaux sourit en souveraine :

Et je ne suis plus là pour te serrer la main !

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Pourtant, naguère encor, suivant la même étoile, Nous n'avions qu'une nef, nous n’avions qu’une voile ; Nos luths comme nos cœurs vibraient à l’unisson. Poëtes de vingt ans, c’étaient luttes sans trève :

C'était à qui de nous ferait le plus beau rêve,

C'était à qui ferait la plus belle chanson.

Nous rêvions, nous chantions,—cétait là notre vie.

Et, rivaux fraternels, sans fiel et sans envie,

Nous rendions à la Muse un bommage pareil.

Tu charmais les zéphyrs, je narguais la bourrasque ;

Et nous voguions tous deux, toi songeur, moi fantasque,

L'âme ivre de parfums, de joie et de soleil,

, Nos soirs étaient sereins, 08 matins étaient roses, Tout était calme et pur ; nuls nuages moroses N'estompaient Phorizon,—6 présage moqueur !

J’aimais... et je croyais à l’amitié fidèle ;

Tout me parlait d'espoir, quand le sort d’un coup d’aile,

Brisa mes rêves d’or, ma boussole et mon cœur |

Oui,

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ile ;

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L'orage m'emporta loin de la blonde rive

Où ton esquif flottait toujours à la dérive,

Bercé par des flots bleus pleins d’ombrages mouvants,. Et depuis, ballotté par la mer écumante,

Hochet de l'ouragan, jouet de la tourmente,

J’erre de vague en vague à la merci des vents,

Oui, je suis loin, ami ! mais souvent les rafales Mapportent des lambeaux de elameurs triomphales ; Et j'écoute, orgueilleux, ton nom que l’on redit... Alors je me demande, en secret,\dans mon âme,

Si tu songes parfois, quand la foule t'acclame,

A celui qui jadis tant de fois t’'applaudit,

Chicago, octobre 1869.

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