LE SAGUENAY
Cela forme deux rangs de meéssifs promontoires, Gigantesque crevasse ouverte, aux premiers jours, Par quelque cataclysme, et qu’on croirait toujours
Prète à se refermer, ainsi que des mâchoires.
Au pied de caps à pic dressés comme des tours, Le Saguenay profond roule ses ondes noires ; Parages désolés pleins de mornes histoires !
Fleuve mystérieux pleins de sombres détours !
Rocs foudroyés, sommets aux pentes infécondes, Sinistres profondeurs qui défiez les sondes,
Vaste mur de granit qu'on nomme Æternité,
Comme on se sent vraiment chétif, quand on compare À vos siècles les ans dont notre orgueil se pare,
Et notre petitesse à votre immensité !
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Encaissé dans un lit aux arêtes rugueuses; Entre deux pans abrupts rongés par le courant, Tout au fond d’un ravin sinueux, le torrent,
Avec un bruit confus, roule ses eaux fougueuses.
Du rivage escarpé jasqu’au bois odorant Dont l’ombre couvre au loin ces grèves rocailleuses, Des gradins naturels aux formes merveilleuses,
Taillés dans le granit, s'élèvent rang par rang.
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Mystérieux degrés, colossales assises, Vastes couches de roc bizarrement assises,
Dites, n’êtes-vous pas les restes effondrés
D'une étrange Babel aux spirales dantesques, Ou bien quelque escalier aux marches gigantesques
Bâti pour une race aux pas demesurés ?
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