‹ Les fleurs de CannesChapitre 20 sur 55 · CANNES · texte numérisé non relu

CANNES

S;ilut. ciel que Paris envie !

Salut, ravissante harmonie I ><■ la brise dans les pins verts !

Salut, doux parfum des collines.

Algues, sables, roc qui t'inclines Sur le gouffre et qui fends les airs!

Salut, vous qui rendez poète!

Qui n'a pas senti dans sa tête G< i mer quelques pensers divins.

Lorsque gronde le sombre orage

Ou que la ralale avec rage

Souille et Siffle au fond des ravina''

Ou bien en parcourant la dune, Le soie, lorsque la pleine lune Fait scintiller les (lots ardents, E1 que de belles Néréides Semblent sur leurs cimes liinpi Jouer avec des diamants'.'

0 Cannes, sur ton sol fertile

Où l'étranger cherche un asile

Contre les rigueurs de l'hiver.

Trois choses, comme un trait de flamm

De poésie emplissent l'âme :

Le soleil, le mistral, la mer!

Quel climat et quelle richesse !

Naples n'a pas tant de mollesse; Nice n'a pas tant de douceur ; L'Orient, pas tant de lumière ; Les savanes, tant de mystère ; Les oasis, tant de fraîcheur.

L'aloès, le palmier s'allient

Aux sapins dont les branches plienl

Le citron donne ses saveurs,

Et pour toi sur les eaux tranquilles

Vne fée a posé deux îles

Comme deux corbeilles de fleurs.

Tous ces châteaux où l'or ruisselle,

Et cette villa qui rappelle

Le minaret des vieux ('•nuis.

Sur ton éternelle verdure Formenl une vaste parure De topazes et île saphirs.

Comme de languissantes roses

Après une tempête éclosi - Sous les rayons de ton soleil.

Que d'enfants, qu'un mal de poitrine Lentement vers la tombe incline,

Chez toi trouvent un doux réveil '

Chez toi, les ouvrières heureuses Foulenl plus de fleurs précieuses Qu'ailleurs les reines, de gazons ; L'oranger, l'olivier immense Ombragent chez toi mieux leui dan- Que les grands chênes des vallons

Les présents que Flore t'adress

Te procurent plus de richesse Que l'Asie aux enfants de Sem Tes jasmins et tes tubéreuses Aux sultanes voluptueuses Feraient oublier le har< m

Il te manquait la renommée El quand Elbe fut désertée.

Quand Napoléon i ommeni a

Sur Uni hospitalier rivage

Ses Cent-jours, belliqueux mirage,

Napoléon te la laissa.

Dans la route de l'existence, Gente cité, la Providence Te ménage tous ses bienfaits ; Pour cacher leurs tètes souffrantes D'autres n'ont que de pauvres tentes Toi, tu possèdes un palais !

Cannes, 1 864

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