CANNES
S;ilut. ciel que Paris envie !
Salut, ravissante harmonie I ><■ la brise dans les pins verts !
Salut, doux parfum des collines.
Algues, sables, roc qui t'inclines Sur le gouffre et qui fends les airs!
Salut, vous qui rendez poète!
Qui n'a pas senti dans sa tête G< i mer quelques pensers divins.
Lorsque gronde le sombre orage
Ou que la ralale avec rage
Souille et Siffle au fond des ravina''
Ou bien en parcourant la dune, Le soie, lorsque la pleine lune Fait scintiller les (lots ardents, E1 que de belles Néréides Semblent sur leurs cimes liinpi Jouer avec des diamants'.'
0 Cannes, sur ton sol fertile
Où l'étranger cherche un asile
Contre les rigueurs de l'hiver.
Trois choses, comme un trait de flamm
De poésie emplissent l'âme :
Le soleil, le mistral, la mer!
Quel climat et quelle richesse !
Naples n'a pas tant de mollesse; Nice n'a pas tant de douceur ; L'Orient, pas tant de lumière ; Les savanes, tant de mystère ; Les oasis, tant de fraîcheur.
L'aloès, le palmier s'allient
Aux sapins dont les branches plienl
Le citron donne ses saveurs,
Et pour toi sur les eaux tranquilles
Vne fée a posé deux îles
Comme deux corbeilles de fleurs.
Tous ces châteaux où l'or ruisselle,
Et cette villa qui rappelle
Le minaret des vieux ('•nuis.
Sur ton éternelle verdure Formenl une vaste parure De topazes et île saphirs.
Comme de languissantes roses
Après une tempête éclosi - Sous les rayons de ton soleil.
Que d'enfants, qu'un mal de poitrine Lentement vers la tombe incline,
Chez toi trouvent un doux réveil '
Chez toi, les ouvrières heureuses Foulenl plus de fleurs précieuses Qu'ailleurs les reines, de gazons ; L'oranger, l'olivier immense Ombragent chez toi mieux leui dan- Que les grands chênes des vallons
Les présents que Flore t'adress
Te procurent plus de richesse Que l'Asie aux enfants de Sem Tes jasmins et tes tubéreuses Aux sultanes voluptueuses Feraient oublier le har< m
Il te manquait la renommée El quand Elbe fut désertée.
Quand Napoléon i ommeni a
Sur Uni hospitalier rivage
Ses Cent-jours, belliqueux mirage,
Napoléon te la laissa.
Dans la route de l'existence, Gente cité, la Providence Te ménage tous ses bienfaits ; Pour cacher leurs tètes souffrantes D'autres n'ont que de pauvres tentes Toi, tu possèdes un palais !
Cannes, 1 864