PEINTURE ET POESIE
\ MADAME ROCAMIR
A \ ec quel art vous restaurez !
Quelle touche légère et nette !
Est-ce un ange aux cheveux dorés Qui vous tient pinceaux et palette?
Comme un brin de lilas fané Donne encor du miel aux abeilles, Vous recomposez des merveilles Avec les cendres du passé !
Et lorsqu'une vieille figure Vous redoit l'éclat de ses yeux, .L'auteur même de la peinture, A coup sur, ne ferait pas mieux.
De Coypel vous suivez les traces, Mais vous avez bien plus d'honneui
Les Muses vous broient les couleur Que vous octroyèrenl les Grâces.
Néanmoins chez vous le taie N'empêehe pas la bonne mè Votre éloge lé plus sincère Sort des lèvres de votre enfa
Aussi, si les ilieux île |;i Crier
Pouvaient ressusciter encor,
Apollon dans un temple d or Vous choisirait pour sa prêtresse
Le chemin que foulenl vos pieds Esl une route grande et belle :
Rocamir y prend les lauriers, Et vous y cueillez l'immortelle '
PETALES DETACHES
A mademoiselle 11.
Quand la bouche disait «je t'aime ».
Tu mentais, hélas! j'en suis sûr; Mon cœur goûtait un plaisir pur Quand ta bouche disait « je t'aime ».
Mon cœur est bien encor le même, Mais ton cœur est devenu dur.
Quand ta bouche disait « je taime », Tu mentais, hélas! j'en suis sûr.
A mademoiselle 4.
Une cravate pour mon cou Est chose que j'aime beaucoup.
Beaucoup je vous en remercie ; Mais permettez cpie je vous clic Que j'en ferais bien plus de cas Si la cravate était vos bras.
A mon ami '" banquier
Jamais banquier n'est un aigl< Il est si \ rai ce dicton, Que pour confirmer La règle Vous êtes l'exception.
Lorsqu'une belle dit nenni,
C'est qu'à vous céder elle est prête-
C'est l'avis d'un ancien poète, Lorsqu'une belle dit nenni !
.Madame, au lieu d'être coquette .
I >it< s-moi donc ce mol béni.
Lorsqu'une belle dit nenni, ' ssi qu : vous cfider elle es: pr: te,
Le papillon sur - m chemjn Veut goûter le i arfum divin !>•■ i haque fleur qu à «peine il
Petit volage ! Eh bien ! pour moi, La constance serait ma loi, Si je pouvais sur votre bouche Toujours cueillit... devine/, quoi ?
Au milieu de tant de disgrâces, Si l'horizon de mon destin Semble devenir plus serein.
C'est que les Vertus et les Grâces A ma Muse ont tendu la main.
Pour mademoiselle H.
Hirondelle que l'hiver chasse, En chantant quand tu qui II Notre ciel pour d'autres climats, Repose-toi sur sa terrasse Isolée au sein des lilas; Écoute, et si quelque zéphj re T'apporte un • -Tu diras qu'aussi je soupire Et qu'aussi je suis amout
I m idemoisi Ut E.
Se taire est, nous assure-t-on, Du cœui la pluis belle éloquence ; Je puis donc i roire avec raison Que votre amour esl pour moi bien profond, Si i en juge par le silence,
Enfant, -i la douceur de lame
Un jour doil faire d'une femme