‹ Les fleurs de la poésie canadienne. 2. éd., augmentée et précédée d'une préfChapitre 12 sur 73 · LES LABOUREURS · texte numérisé non relu

LES LABOUREURS

îE méprisons jamais le sol qui nous vit naître, Wtl Ni l'homme dont les bras pour notre seul bien- S'usent à force de labeurs, [être

Ni ces robustes fils ployés sur leurs faucilles, Ni son modeste toit, ni le chant de ses filles, Qui reviennent le soir avec les travailleurs.

Ils moissonnent pour nous, et les fruits de leurs peines, Blonds épis, doux trésors des jaunissantes plaines,

Blanches et soyeuses toisons.

Larges troupeaux chassés de leurs oasis vertes, Toutes ces choses-là par eux nous sont offertes, Et c'est avec leur or que nous les leur payons.

Notre avenir est là ! nos champs gardent le germe D'hommes propres à tout, au cœur changeant ou ferme,

Prenant un bon ou mauvais pli ; Dirigeons vers le bien leur mâle intelligence. Instruisons-les : savoir, c'est narguer l'indigence. Et peut-être sauver un peuple de l'oubli.

Il n'est que ce moyen d'atteindre un long bien-être. D'attacher à ce sol fécond qui les vit naître,

Les hommes aimant les labeurs ; De voir leurs nombreux fils ployés sur leurs faucilles, Et d'entendre, le soir, le doux chant de leurs filles Se mêler à celui des rudes travailleurs.

OCTAVE CREMAZIE

Octave Crémazie, né en 18^7, était libraire à Québec. Une catastrophe financière V enleva, en 1862, aux lettres et à sa patrie. Il mourut au Havre (France), en 1879, après avoir connu tout ce que l'exil a de privations et de tristesses. Ses p^oésies, avec une biographie et des extraits de sa correspondance, ont été publiées en 1882 sous les auspices de l'Institut canadien de Québec.

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