‹ Les fleurs de la poésie canadienne. 2. éd., augmentée et précédée d'une préfChapitre 66 sur 73 · AUX ACADIENS · texte numérisé non relu

AUX ACADIENS

IIENVENUE aux enfants de la vieille Acadie ! |fp^ Déjà leur tige reverdie

■^ Etend avec orgueil ses rameaux florissants. Aux champs témoins muets de leur lutte olympique

Ces fils d'une race héroïque, Fidèles au passé, vont toujours grandissants.

Notre mère est la France et vous êtes nos frères !

Lorsque jadis les vents contraires Déchiraient nos drapeaux troués par le canon, Vous avez comme nous sur mille champs de gloire

Écrit vaillamment votre histoire Et pour la renommée inscrit plus d'un grand nom !

Vous aimiez comme nous le feu de la bataille, Le fauve éclat de la mitraille,

La clameur des clairons et le bruit du tambour.

Jaloux de labourer la terre américaine.

Aux vieux canons du fort Duquesne

Répondait aussitôt le canon de Louisbourg !

Avec nous vous avez succombé sous le nombre, Mais à travers la date sombre

Rayonnera toujours l'éclat de vos exploits. Vous fûtes en ces jours de lutte et de souffrance

Les dignes enfants de la France, Et 1 éternel honneur du noble sang gaulois.

De la proscription vous fûtes les victimes ;

Grands citoyens, soldats sublimes.

Pour cesser de vous craindre on vous a dispersés ! Vaincus et désarme's mais toujours indomptables,

Vous étiez encor redoutables !

L'Anglais tremblait devant les héros terrassés !

Pour éteindre à jamais votre race héroïque, Sur tous les points de l'Amérique

Les vaisseaux d'Albion vous jetèrent meurtris.

Mais, spectacle inouï, l'on vous a vus renaître Et sous les yeux du nouveau maître

D'un peuple dispersé rassembler les débris !

Car le pur sang français vous l'avez dans vos veines !

Ce n'est pas pour des œuvres vaines Qu'avec profusion jadis il a coulé ; Ce n'est pas pour qu'nn jour, nobles fils de Bellone,

Comme les Juifs à Babylone Se traînât malheureux tout un peuple exilé !

Aussi vous avez fui les îles meurtrières,

Les rives inhospitalières, Tombeaux qu'on vous creusait dans des pays lointains, Pour revenir aux champs que possédaient vos pères,

Et, fils courageux et prospères.

Poursuivre dans la paix vos superbes destins.

Entonnez avec nous, dans la fête bénie, Les chants joyeux de la patrie ;

Mêlons nos vieux drapeaux, et donnons-nous la main.

Plus tard, s'il faut lutter, répétant notre histoire, A ces jours rayonnants de gloire

Donnons avec orgueil un brillant lendemain.

Bienvenue aux enfants de la vieille Acadie !

Voyez ! leur tige reverdie Relève avec effort ses rameaux florissants. Des rivages du golfe aux bords de l'Atlantique,

Ces fils d'une race héroïque, Fidèles au passé, vont toujours grandissants.

Page 1