‹ Les fleurs de la poésie canadienne. 2. éd., augmentée et précédée d'une préfChapitre 73 sur 73 · D'IBERVILLE · texte numérisé non relu

D'IBERVILLE

fLAMMK à la drisse, vont arrière, A demi couché sur bâbord, Le Pélican cingle en croisière, A travers les glaces du nord ; Malgré la neige et la rafale, Il file o-rand'erre. A l'avant.

Tout à coup un gabier s'affale.

Criant : " Trois voiles sous le vent !"

Sournoisement parmi les ombres D'un ciel bas au loin, sur les eaux Balançant leurs antennes sombres.

Montent les mâts des trois vaisseaux.

On dirait ces oiseaux du pôle Qui s'enlèvent avec efforts.

Et dont le vol lourd et lent frôle La nuit de ces mers aux flots morts.

Un contre trois ! Parbleu, qu'importe ? Le Pélican n'eut jamais peur.

Il vole, et le nordet l'emporte Dans un large souffle vainqueur.

Le pavillon de la victoire, C'est celui des marins français ; Son profond sillage de gloire Sur nos fleuves brille à jamais.

Rythmés par le choc monotone

Des vagues sourdes, on entend

Les airs de matelot qu'entonne

D'une voix au timbre éclatant

Le plus fier chanteur de la terre :

" J'étions trois matelots de Groix,

" Qu'ons tenu tête à l'Angleterre,

" J'étions trois, pour sûr, rien que trois !"

Le tapabor jusqu'aux oreilles Botté, guêtre comme un moujik, Le manœuvrier fait merveilles.

Trimant de la gaffe et du pic.

Sur le pont qui tangue et qui roule, Il faut les voir, nos Québecquois.

L'enfant se comporte à la houle Crâne comme un vieux Dunkerquois.

" L'Anglais !" A ce cri l'équipage Bondit. Calme, air fier, front serein, D'Iberville, au fort du tapage, De sa stridente voix d'airain Commande : " Branle-bas ! Aux barres !" Gare à vous, messieurs les Saxons, Sur les voiles de vos gabarres Courent de sinistres frissons.

L'air s'emplit d'un grand tintamarre :

Bugle et cors, porte-voix, tambours, Longs ahans des haleurs d'amarre, Bruissements, claquements sourds

Des pesantes vergues de chêne, Choc des caronades de fer.

Sonore carillon de chaîne, Vacarme et brouhaha d'enfer.

Ého ! de la proue à la poupe.

Des bancs de quart aux cacatois,

On se hèle, on siffle, on se houpe.

L'ancien parle un fier beau patois.

Boulines et voiles sont lourdes

De flocons blancs et de glaçons ;

Les pieds glissent ; les mains sont gourdes :

Largue à plein cœur ! Hardi ! garçons !

Bourrant leurs gros canons de cuivre Où le vent s'engouffre en hurlant, Les cheveux pointillés de givre, L'œil magnétique, étincelant.

Les canonniers sont à leurs postes.

Nos lurons ont le verbe haut ; Dans l'air éclatent leurs ripostes, La poudre parlera tantôt.

" Feu l" Vingt gueules de bronze grondent. Aux formidables roulements Les antres sauvages répondent Par de rauques mugissements.

Et sur l'embâcle où bat la lame.

Des bords où grondent les ours gris Jusqu'aux bords où l'albatros clame.

Court une tempête de cris.

Rangés en ligne de bataille,

A pleins sabords les trois Anglais

Crachent la flamme et la mitraille.

Au loin ricochent les boulets.

Droit sur le Français le Hampsliire

S'élance. Sans perdre un instant,

Le Pélican l'évite et vire

Et le mitraille à bout portant.

D'un pont à l'autre on se fusille.

Un feu vif, rageur, incessant, Projette sur l'eau qui brasillc Des rougeurs de braise et de sang.

La bataille, par intervalles.

Semble redoubler de fureur.

Entendez-vous bruire les balles ?

La noce est splendide d'horreur.

Beau comme un héros d'épopée,

D'Iberville n'arrête pas.

Faisant sonner sa longue épée

Au branle nerveux de ses pas,

Au poing sa hache d'abordage,

Il court à l'avant, et, d'un bond.

Escalade le bastingage :

" Allons, mes cœurs ! Hourra ! Tiens bon !"

Dans une trombe de fumée Que des éclairs intermittents Font paraître tout enflammée.

S'entrechoquent les combattants.

NÉRÉE BEAUCHEMIX 241

Longtemps, dans la nuit qui les couvre, Flambent les sabords furieux.

Enfin le noir nuage s'ouvre :

D'Iberville est victorieux !

D'affreux jurons se font entendre ; Le Hampshire au large a sombré, Et VHvdson Bay vient de se rendre ; Le fier Behring a démarré.

On n'en eût fait qu'une bouchée.

Sur les eaux où flotte la lAort, La coque sanglante et hachée, Le petit Français tire encore.

Le tambour bat. En haut le monde !

Enfants, on est content de vous.

Attrape à danser à la ronde Le vif rigodon de chez nous.

Des vivats de réjouissance Se mêlent aux chansons de bord.

Vive Québec ! Vive la France !

France ! redit l'écho du Nord,

Le soir vient. Une blanche aurore Au-dessus de la mer d'Hudson Arrondit son arc de phosphore.

Le suroît chante sa chanson.

Le trois-mâts, presque à sec de voiles. Bouline sans bruit, sans fanal, Aux clartés des belles étoiles Qui criblent le ciel hivernal.

Le dernier Huron. — Cette pièce fut inspirée au poète par le portrait de Vincent Tha-ri-o-lin, dernier Huron pur sang, peint par un artiste canadien, M. A. Plamondon. " M. Plamondon, écrivait Garneau lui-même, a donné au personnage de son tableau l'expression d'une résignation contemplative. J'ai voulu laisser percer dans les regrets du dernier Huron l'énergie qui caractérisait sa nation, et peindre dans l'amertume de ses pensées l'espèce de plaisir de vengeance que lui fait éprouver le vague espoir qu'il y aura un temps où

Sur les débris de nos cités pompeuses Le pâtre assis, alors ne saura pas Dans ce vaste désert quelles cendres fameuses Jaillissent sous ses pas.

A l'époque où écrivait Garneau, la nationalité était en péril : on sent sous les strophes émues du poète comme une arrièrepensée qui préoccupe son âme et la trouble de sinistres pressentiments.

Le Vieux Chêne est comme un écho du Dernier Huron et le développement des quatre vers :

Comme le chêne isolé dans la plaine, D'une forêt noble et dernier débris, Il ne reste que lui sur l'antique domaine Par ses pères conquis.

Il s'agitde la seconde bataille des plaines d'Abrahatn, gagnée par les Français le 28 avril 1760.

L'auteur a trouvé l'idée de cette poésie dans le récit du second voyage de Cartier au Canada. Donnacona était le chef ou V Agouhanna de la bourgade de Stadaconé, située sur le promontoire où s'élève aujourd'hui la ville de Québec. Taiguragny et Domagaya étaient deux sauvages que Cartier avait eminenés en France dans son premier voyage. Cudoagny était le dieu de la peuplade de Stadacona ; Cabir-Coubat, le nom sauvage de la rivière Saint-Charles. L'ésvrgny était la nacre d'un coquillage dont les sauvages faisaient des colliers et se servaient comme monnaie, " la tenant, au dire de Cartier, comme la plus " précieuse chose du monde et l'estimant mieux qu'or ni " argent."

Ces vers furent composés à l'occasion d'un fête de première communion dans un couvent de la Congrégation de Notre- Dame. Ils devaient être récités par la fille de l'auteur devant Monseigneur de Montréal ; de là (;ette strophe de circonstance qui termine la pièce :

Laissez venir à moi tous ces petits enfants, Dit un jour une femme à nos anciens sauvages ; Prêtez-moi-les un peu : je vous les rendrai sages Et meilleures, qui sait ? que les enfants des blancs. Les blancs, les Iroquois, lui donnèrent leurs filles. Les plus rebelles comme aussi les plus gentilles. Son œuvre existe encor ; ses des:;eins triomphants Sont inscrits radieux aux pages de l'histoire: Mais pour mieux assurer leur bonheur et sa gloire, Ne cessez, Monseigneur, de bénir ses enfants.

Cette légende est extraite d'une conférence— ^SoMt-mirs et légendes— donnée en 1877 à l'Institut Canadien de Québec. L'ailteur a fait passer dans Fes légendes plusieurs locutions du langage populaire.

A propos du petit navire que l'on voyait suspendu autrefois dans la nef des églises, on a dit qu'il représentait la barque de Pierre ou le vaisseau de l'Église, ou qu'il était une sorte d'exvoto en souvenir de la destruction de la flotte anglaise aux Sept-Iles, qu'on attribuait à une insigne protection de la sainte Vierge.

Le Vieux soldat canadien. — Cette pièce fut écrite à l'occasion de l'arrivée à Québec de la Capricieuse, corvette française envoyée en 1855 par l'empereur Napoléon III, pour renouer des relations commerciales entre la France et le Canada.

Le poète a personnifié dans cette fiction le peuple canadien tout entier. Les regrets, les vœux et l'espoir du vieux soldat furent longtemps ceux de tous les Canadiens après la conquête.

Le vieux drapeau de Carillon se conserve encore à Québec. Il était la propriété de M. le chevalier Balllargé, qui, en mourant, l'a légué à l'université Laval.

Monseigneur Laval, premier évêque de Québec. — Cette pièce fut écrite à l'occasion du deux-centième anniversaire de l'arrivée en Canada de Mgr Laval, anniversaire célébré avec grande pompe au séminaire de Québec, le 16 juin 1859.

Mgr François de Laval de Montmorency, abbé de Montigny, né à Laval le 30 avril 1623, fut nommé, en 1658, évêque de Pétrée in partibus infidelium, et vicaire apostolique de la Nouvelle-France. Il arriva à Québec le 16 juin 1659. Nommé, quelques années après, évêque de Québec, il se démit de son évêcbé en 1688 en faveur Mgr de Saint- Vallier et se retira au séminaire de Québec, qu'il avait fondé en 1663 et auquel il avait légué tous ses biens. C'est là qu'il mourut en 1708, plein de jours et de mérites.

Castelfidardo est un village des Etats pontificaux, annexé au nouveau royaume d'Italie et situé dans les Marches près de Lorette. C'est le champ de bataille où l'armée pontificale, écrasée sous le nombre, succomba le 18 septembre 1860 pour défendre les États du Saint- Père envahis à l'iniproviste et sans aucune déclaration de guerre par les troupes de Victor-Emmanuel, roi du Piémont.

Le marquis de Pimodan était chef d'état-major de l'armée pontificale sous le général de Lamoricière. Il tomba glorieusement à la bataille de Castelfidardo.

Cette brillante description est extraite d'une méditation poétique pour le premier de l'an ; elle sert de prélude au poète pour tracer le tableau changeant de la vie humaine.

(12) Cette pièce est extraite d'un poème sur Tadoussac, dont le début nous offre cette fraîche description du Saint-Laurent :

Bien loin de ses gourbis, sous l'ombre des platanes, L'Arabe au blanc burnous qui suit les caravanes

Sur les sables errant, Découvre, moins joyeux, son oasis humide Que les Canadiens, dans la saison torride,

Leur fleuve Saint-Laurent.

A nous ses champs d'azur et ses fraîches retraites, Les îlots couronnés de mouvantes aigrettes,

Les monts audacieux, Les arômes piquants que la mer y dépose. Et son grand horizon où votre œil se repose

Comme l'étoile aux cieux.

Tadoussac est une anse située à l'embouchure du Saguenay, où elle forme un havre spacieux et abrité contre les vents par une ceinture de rochers. Ce fut un des premiers postes fréquentés par les Français pour la traite des pelleteries. Les Jésuites y fondèrent une mission en 1641 ; on montre encore l'emplacement de leur ancienne chapelle.

Voici ce que le Pèie Charlevoix écrivait sur Tadoussac en 1720 : " Ce port a été longtemps l'abord, de toutes les nations sauvages du Nord et de l'Est ; les Français s'y rendaient dès que la navigation était libre, soit de France, soit du Canada ; les missionnaires profitaient de l'occasion et y venaient négocier pour le ciel. La traite finie, les marchands retournaient chez eux, les sauvages reprenaient le chemin de leurs villages ou de leurs forêts, et les ouvriers évangéliques suivaient ces derniers pour achever de les instruire."

(13) Ce fragment épique n'est qu'un extrait d'un poème sur la Découverte du Canada, sujet proposé au concours de poésie de l'université Laval, en 1867. Le poème de M. Lemay a obtenu la médaille d'or.

On lit au premier voyage de Cartier :

" Le vingt-quatrième jour de juillet (1534) nous fîmes faire une croix haute de trente pieds, et fut faite en présence de plusieurs d'iceux (les sauvages) sur la pointe de l'entrée de ce port (baie de Gaspé), au milieu de laquelle mîmes un écusson relevé avec trois fleurs-de-lis, et dessus était écrit en grosses lettres entaillées en du bois : Vive le Roy de France. Et après la plantâmes en leur présence sur la dite pointe, et la regardaient fort, tant lorsqu'on la faisait que quand on la plantait. Et l'ayant levée en haut, nous nous agenouillions tous, ayant les mains jointes, l'adorans à leur vue, et leur faisans signe, regardans et montrans le ciel, que d'icelle dépendait notre rédemption : de laquelle chose ils s'émerveillaient beaucoup se tournans entr'eux, puis regardans cette croix. Mais étans retournés en nos navires, leur capitaine vint avec une barque à nous vêtu d'une vieille peau d'ours noir, avec ses trois fils et vin sien frère... et fît une longue harangue, montrans cette croix, et faisans le signe de la croix, et faisans le signe d'icelle avec deux doigts. Puis il montrait toute la terre des environs, comme s'il eût voulu dire qu'elle était toute à lui, et que nous n'y devions planter cette croix sans son congé." Cartier raconte ensuite comment il adoucit ce chef par quelques petits pré" sents, et le congédia satisfait, gardant avec lui deux de ses fils pour les emmener en France.

(14) La vieille église des Hurons de Lorette fut détruite par un incendie en 1862. On fit appel, pour la rebâtir, à la charité publique, et cette pièce fut l'obole du poète oublié de la fortune. L'église a été reconstruite.

(15) Jacques Cartier commence ainsi le récit de son second voyage : " Le dimanche, jour et fête de la Pentecôte, seizième jour de May, an mil cinq cent trente-cinq, du commandement du Capitaine et bon vouloir de tous, chacun se confessa et reçûmes tous ensemble notre Créateur en l'église Cathédrale du dit Saint-Malo ; après lequel avoir reçu fûmes nous présenter au chœur de la dite église devans Eévérend Père en Dieu, Monseigneur de Saint-Malo, lequel en son estât épiscopal nous donna sa bénédiction,"

(16) Au mois de janvier 1646, le Père de Noue était parti des Trois-Rivières sur des raquettes, pour aller donner une mission aux soldats du fort de Richelieu. La nuit le prit à mi-chemin, et il se coucha dans un trou creusé sous la neige, avec les deux hommes qui l'accompagnaient. Mais deux heures après minuit, la lune étant fort brillante, il voulut partir seul. La neige s'étant mise à tomber, il perdit son chemin, et fut trouvé le lendemain, gelé, à genoux sur la neige et les mains croisées sur la poitrine.

(17) Voir la note 15.

(18) Comme les historiens ne sont pas d'accord sur l'endroit où s'est dite la première mesf^e au Canada, l'auteur à préféré s'en rapporter à une vieille tradition, très plausible du reste, qui veut que cette cérémonie ait eu lieu au confluent du Saguenay et du Saint-Laurent, à l'endroit oii s'élève aujourd'hui le village de ïadoussac. Ce fut d'ailleurs à cet endroit que fut construite la première chapelle. (Note de l'auteur.)— Foir aussi la noie 12.

(19) L'épisode qui fait le sujet de cette pièce n'est'pas strictement historique ; mais les faits analogues étaient d'occurrence journalière dans les premiers temps de la colonie. Le terrible souvenir s'en est perpétué jusqu'à nos jours parmi la population canadienne. On n'y parle jamais de Croquemitaine aux enfants récalcitrants : on dit : Les sauvages vont venir ! (Note de l'auteur.)

(20) La légende de V Amiral fantôme a pris naissance dans l'ima. gination populaire à la suite du désastre de l'amiral anglais Walker qui menait contre Québec une flotte puissante, et vit, le 22 août 1711, huit de ses plus gros vaisseaux périr, corps et biens, sur les rochers de l'île aux Œufs. Québec attribua son salut à une protection signalée de la sainte Vierge, et ce fut à f^ette occasion que l'égli.se de la basse ville prit le nom de Notre-Dame des Victoires.

L'histoire de Cadieux a été racontée par notre écrivain canadien, J.-C. Taché, dans les Forestiers et Voyageurs. La complainte du voyageur, telle que la tradition l'a conservée, se trouve dans les Chansons populaires du Canada, de M. Ernest Gagnon.

Prescott, Russell, Essex, Carleton et Renfrew sont des comtés de la province d'Ontario qui sont fortement peuplés de Canadiens-Français.

Après la chute de Louisbourg, cette cloche tomba au pouvoir des vainqueurs. Elle fut transportée à Halifax au commencement du siècle et affectée, pendant plusieurs années, au culte protestant. Elle vient d'être rachetée, grâce à une inspiration patriotique, et donnée à la Société archéologique de Montréal, qui l'a installée dans son musée, au château Ramezay.

Cette pièce fut adressée, en 1892, aux marins de VJréthuse et du Hussard, qui se trouvaient alors dans la rade de Québec. La pièce se termine par cet envoi :

Chers marins, chers marins de France,

D'Iberville est votre parent.

Par mainte fière remembrance,

Le cœur des fils du Saint-Laurent,

Malgré la cruelle secousse,

A la France tient ferme encor.

Ce nœud n'est pas un nœud de mousse,

C'est un bon nœud franc, dur et fort.

Dans cette pièce deux expressions populaires, le nordet et le suroît, sont employées pour indiquer les vents du nord-est et du sud-ouest.

TJIBLE DES JAJ1TIERES

Pagïs.

Préface I

Fpançois-Xaviep Gapneau.

Les oiseaux blancs 3

L'hiver 5

Le dernier Huron 7

Le vieux chêne 12

Pierre- J.-O. Chauveau.

Joies naïves 19

Donnacona 22

Première communion 27

La messe de minuit 28

Épître à M. Pendergast 35

Joseph Lenoip.

Notre-Dame de Montréal 41

Les laboureurs , 42

Octave Cpémazie.

Emigration 45

JjG vieux soldat canadien 48 '

Les morts 54

Le drapeau de Carillon 61

Le Canada 69

L'alouette 71

Mgr Laval, premier évêque de Québec 73

Castelfidardo 77

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