ÉTAT
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Que tout sentier mène au néant {
Qu'avec Tyr et Sidon, Babylone et Palmyre,
Des peuples, des héros, grands noms, que l'on admire, Nul n'échappe au gouftre béant ?
Que semblable au torrent de la marée avide, Des enfants d'Albion l'invasion rapide
Nous fera sentir ses rigueurs ?
Que nos fils parleront une langue étrangère, Que les traditions apprises de leur mère
Ne feront plus battre leurs cœurs ?
Ah ! cesse de troubler nos fêtes patronales ! D'un plus noble avenir nos brillantes annales Offrent des gages glorieux.
Silence !... un chant plus doux module à notre oreille Les refrains endormis que ce beau jour réveille : Écoutons la voix des aïeux !
Quand au sommet d’un mont stérile, “ Le royal habitant des airs,
“ Loin des sentiers de l'univers
À su se choisir un asile,
“ Ce n’est pas que des aquilons
‘ Le cortège ait pour lui des charmes :
“ Mais il ressent moins d'alarmes Pour l'avenir de ses aiglons.
«Tel, de l'heureuse Normandie
“ Quittant ln rive en soupirant,
“ Aux bords lointains du Saint-Laurent “ Champlain fonde une autre patrie.
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{l S6 LOUIS-J.-0, FISET È ui “ Ce n'est pas l'exil de la cour # \ “ Qui le pousse vers cette plage ; Û I “ Non, son cœur y voit l'héritage 4 € “# Des Français qui viendront un jour ! 4 G à C * Ainsi commença l'épopée 4 É “ Qu'uu prix de son sang généreux À “ La France grava dans ces lieux 1 “ Avec lu hache, avec l'épée : 4 “ Ce fut une œuvre de géant : 4 " “ Qui nous rendra nos jours de gloire ! 1 ; “ Pourquoi faut-il que la victoire 1 U “ Nous ait trahis au dernier chant ! 1 S | P “ D'Israël le bras tutélaire Ë R “ Succombe aux coups de Dalila ; | “ Montcalm que, seul, Wolfe égala, ;
F “ Cede à lu fortune arbitraire ! 4 N “ Mourons, pour la dernière fois É P ‘“ Sur nos drapeaux «à lui l'aurore.
“ Vivons ! si Dieu nous laisse encore ! E “ L'honneur, notre langue et nos lois ! L D “ Dépot sacré, pour ta défense,
“ Nos fils, quand nous ne serons plus, 4 F “ S'armeront de mâles vertus, É Le “ Seuls dons que nous laisse la France : À U * Mais si par le sort envieux
“ Leur âme, aux faux dieux asservie, 4 Li “ Sur leurs autels te sacritie, 4 D
Viens, viens nous retrouver aux cieux ! ”
' LOUIS-J.-0, FISET NT He
k Vos vœux s'accompliront : dormez, ombres chérie, Dormez ; nous le jurons par l'immortel Cartier !
À Ce dépôt illustré par vos mains aguerries,
p Gardé par notre amour depuis un sièele entier,
è Cet auguste héritage, aujourd’hui que nous sommes, : Éprouvés par la lutte, un demi-million d'hommes,
À Qui songe à le sacrifier ?
Le trahir ? nous ! comment { par peur ? comme le lâche Ê Tout couvert de mépris justement prodigué ! Comme le serf obscur qui, courbé sur su tâche, ; Se plie au joug honteux de père en fils légué ! Par un sordide espoir ? comme le mercenaire 4 Qui livrerait son Dieu pour un hideux salaire !.…., Mais nous étions à Châteauguay !
Nous n'étions que trois cents à notre Thermopyle : 4 Pour défendre nos droits, nous serions trois cent mille l Invoquant la foi des traités :
Et votre sang soudain, s’allumunt dans nos veines, Déroberait encore aux Parques inhumaines
Nos immuables libertés !
Tels, des nochers rivaux que la discorde anime, Unissent leurs efforts pour soustraire à l'abime Les débris de leur seul vaisseau :
Les torts sont oubliés, le péril les etface : De leurs divisions s’évanouit la trace, Comme celle des vents sur l’eau.
NN LOUIS-J,-0, FINE j Ainsi puisse Albion sur l'océan du monde, Bénissant un accord si fécond en bienfaits, ù Aux splendides couleurs de la reine de l'onde l | Allier pour toujours le pavillon français ; Ü Et puissent dans nos champs qu'un même fleuve arrose, ( L'érable et le chardon, et le trèfle et lu rose, 1 | Croitre unis et fleurir en paix ! | + |
L'AURORE BOREALE