‹ Les Fleurs de la poésie canadienne [microforme]Chapitre 40 sur 86 · L£ CANTIQUE DU BON PAUVRE · texte numérisé non relu

L£ CANTIQUE DU BON PAUVRE

la lrine ;

AUAND la feuille d’ormeau tapisse la vallée, ort ! )

Que l'enfant ne suit plus la solitaire allée RÉ Pour prendre un papillon, [gerbes, [mère Que les champs sous la faux ont vu tomber leurs « Que insecte prudent trottine sous les herbes Et se cache au sillon,

108 LÉON-PAMPHILE LEMANY

Seigneur, j'espère en toi, car l'heure qui s’'avance, Sur son aile glacée apporte la souffrance

Au seuil de l’indigent ; ro ., \ . , .

Seigneur, J'espere en toi, car sur l’homme qui pleure Tu reposes toujours, de ta sainte demeure,

Un regard indulgent.

Comme un champ que l'automne a noyé dans sa brume, Mon cœur est, en ces jours, noyé dans l’'amertume,

Mon cœur toujours soumis !

Après elle traïnant sa lamentable escorte, La misère, en haillons, s’est assise à ma porte,

Je suis de ses amis !

Que le riche demeure à l'abri des orages ; Que la froide saison réserve ses outrages Pour tous ceux qui n’ont rien ; Que chaque heure qui vient m'apporte sur son aile Un pénible regret, une angoisse nouvelle :

51 Dieu le veut, c'est bien.

Celui dont le regard veille sur tous les êtres, Qui nourrit l’araignée au coin de mes fenêtres, Le grillon au foyer, Pourrait-il, en voyant son enfant sur la terre Élever vers le ciel un cœur pur et sincère, Ne pas s’apitoyer ?

Si la vie, à mes yeux, n'offre guère de charmes, Si je mange mon pain détrempé de mes larmes,

avance,

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ins sa brume, mertume,

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tres, nôtres,

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