MESSE DE MINUIT
TUEST Noël, Bébé dort sous ses tentures closes,
Rôvant, les poings fermés sur ses yeux alourdis De beaux jouets dorés, de fleurs fraîches écloses Dans les jardins du paradis.
Au dehors on entend des VOIx ; la foule passe, Calme, écoutant au loin le clocher plein de brnit, Qui jette sa clameur sonore dans l’espace
À tous les échos de Ja nuit.
Maîtres et serviteurs, qu'un symbole évalise,
De crainte d'éveiller le bébé rose et frais,
Pieux et recueillis, pour se rendre à l’église, Passent le seuil à pas discrets,
Il est minuit bientôt, Seule, là jeune mère
Reste auprès du berceau que son amour défend,
Oubliant tout, chagrins, soucis, la vie amére, Pour ne songer qu’à son enfant.
Il est 1à sous ses yeux, son trésor, qui sommeille, Innocent et serein, tandis qu'au ciel profond Resplendit pour lui seul la vision vermeille
Que les blonds chérubins lui font.
La mère enfin se lève, ansieuse, attentive,
Et, dans les petits bas au chevet suspendus,
D'une main tout émue elle glisse, furtive, Joujoux et bonbons confondus.
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Puis, tombant à genoux, jusqu'aux pleurs attendrie,
Plus folle que son fils, plus riche que Crésus,
Murmure en son orgueil :—Comme vous, à Marie, J'ai mon petit Enfant-Jésus !