ROSE *. - BEAUTÉ
La beauté la plus éblouissante est comme la rose qui ne dure qu’un jour.
Aucun végétal, même parmi les plus utiles, n’a été aussi célébré que le rosier par les auteurs , et principalement par les poètes. La rose, depuis Anacréon , a monté la lyre de tous les écrivains de l’antiquité ; elle a aussi inspiré la plus grande partie de nos poètes modernes , et parmi ceux-ci on peut citer les Delille, Ducis, Bernard, Saint-Victor, Bonnefons, Hoffman, Guilleinain , Henry-Etienne, Paolo , Rossi , Thompson, Lemze, etc., etc. Il est remarquable que , parmi les auteurs anciens , celui qui nous est resté inconnu , l’auteur de la Veille de Vénus ( pervirgilium Veneris ) est peut-être celui de tous dont on a le moins parlé, et qui pourtant a été le mieux inspiré. En voici un fragment ayant le mérite assez rare d’être traduit littéralement. En parlant de cette charmante fleur :
Voyez-la, disait-il, le Zéphyr amoureux Vient voltiger autour de sa robe e'clatante.
A la reine des fleurs il découvre ses vœux ,
En échauffant , d’une aile caressante,
Ce bouton, doux espoir du trop volage Amour!
Si l’Aurore annonce un beau jour,
Son haleine légère et pure Essuie, en soupirant, les pleurs Dont le matin embellit sa parure Et fait briller ses contours enchanteurs.
Mais, quels nouveaux attraits! à peine il vient d’éclore,
Qu'il semble s’empresser d’étaler à nos yeux
Ces aimables couleurs qu’il doit au sang des dieux,
Ce vif éclat qu’il dispute à l’Aurore.
Il est teint du sang d’ Adonis,
Il inspire à Vénus tendre mélancolie.
Botta ko , Lettres à Eugénie.
La rose, consacrée à Venus, devait nécessairement être l’emblème de la beauté : mais elle a fourni tant de variétés intéressantes par leur éclat, leurs formes gracieuses et leur douce odeur, que l’on pouvait aisément enrichir le vocabulaire de Flore. C’est aussi ce qu’on a fait.
ROSE SIMPLE. — simplicité.
Ne confondez pas la simplicité du cœur et des manières avec la simplicité d'esprit.
Monsieur R... vit un jour une jeune dame, vêtue avec une élégante modestie, ne pas dédaigner de quitter son salon pour descendre aux soins minutieux qu’exigeait son ménage et l’éducation de ses jeunes enfans. Ses ma-
nières étaient simples , mais gracieuses avec tout le monde, et son langage pur, sans prétention, toujours obligeant, s’adressait à l’âme plus souvent qu’à l’esprit. M. B... demanda qui elle était. « C’est, lui répondit-on, madame T..., I « qui a remporté les prix de poésie aux jeux « floraux et partout où elle a concouru , qui «fait des vers cbarmans ; qui, en un mot,
« passe généralement et sans contestation pour « être le plus aimable poète de son sexe. » Voilà, dit M. B..., un séduisant modèle de simplicité des manières.
M. B.. . se rendit ensuite dans une autre maison, où il trouva mademoiselle E..., couverte de diamans et d’étoffes précieuses, bâillant sur un canapé, où, immobile et raide, elle semblait avoir fixé son domicile. Après une conversation générale à laquelle mademoiselle E... n’avait pris aucune part, M. B... crut devoir, par politesse et par curiosité, lui adresser la parole. 11 lui demanda, en plaisantant, si elle était constitutionnelle ou ministérielle. «Moi,
« monsieur, répondit-elle, je suis chrétienne. » A cette réponse inattendue, voilà, dit en luimême M. B..., un singulier modèle desimplicité d’esprit.
ROSE CENT FEUILLES \ — grâces.
Les grâces sont également compagnes des muses.
Quand les peintres et les poètes peignent les Grâces accompagnant Vénus ou l’Amour, ils les représentent couronnées de myrte; mais ils les couronnent de roses lorsqu’elles suivent les Muses.
ROSE DES QUATRE SAISONS. - beauté