ROSE POMPON. — GENTILLESSE
Lee gentillesse est la grâce de l’enfance.
La rose pompon est une des plus petites du genre. Elle est jolie et gracieuse , ce qui l’a
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fait comparer à la gentillesse dont la nature a paré l’enfance. Mais, liélas! cette gentillesse aimable passe souvent avec le premier âge , comme la beauté passe avec la jeunesse. On peut lui appliquer ce que Malherbe dit d’un jeune enfant que la mort venait d’arracher à la tendresse de ses parens :
Elle était de ce monde où les plus belles choses Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses.
L’espace d’un matin.
ROSE MOUSSEUSE. — amour voluptueux.
On ne rêve plus d’amour platonique.
Tout le monde connaît cette charmante variété de cent feuilles, que depuis près d’un siècle on cultive en Provence. On en a fait le symbole de la volupté , parce qu’elle est sans épines et que ses aiguillons ne sont pas piquans. Madame de Genlis apporta d’Angleterre une rose pompon mousseuse que tout Paris fut admirer chez elle.
ROSE EN BOUTON. — jeune fille.
La pudeur doit défendre la beauté comme l’épine défend la rose.
De tout temps on a comparé une jeune fille à un Bouton de rose , et la pudeur à une épine chargée de défendre la fleur si fragile de l’innocence. Mais combien cette épine est peu dangereuse quand c’est une main guidée par 1 amour qui cherche à l’arracher.
Jeune fille est le bouton frais De la rose prête d’e'clore;
Ce bouton est si cher à Flore ,
Qu’une épine en défend l’accès.
L aiguillon perce , il assassine Le vieillard qui le vient cueillir;
Qu un jeune amant vienne s'offrir,
Le bouton s’ouvre et plus d’épine.
(lU ILLEU AI V. V,
ROSE TRÉMIÈRE. — fécondité.
Heureux celui dont la muse est féconde.
On a fait de cette Alcée le symbole de la fécondité, à cause du grand nombre de fleurs blanches, roses, rouges et d’un cramoisi foncé dont elle pare sa tige atteignant quelquefois sept à huit pieds de hauteur.
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SAFRAN — abus.
N’alusez pas.
Cette plante, dont la fleur est assez jolie, est employée en médecine comme éménagogue ; en infusion légère elle donne de la gaîté, mais si l’on en prenait beaucoup elle deviendrait fort dangereuse. On doit en user comme des plaisirs en général, c’est-à-dire en prendre un peu, mais n’en abuser jamais. Ses stigmates foliacés fournissent une très belle couleur d un jaune rougeâtre à laquelle on donne le nom de jaune safrané.
SAINFOIN OSCILLANT. — agitation.
Mon cœur s’émeut en mous voyant.
La foliole terminale du sainfoin oscillant est immobile, et les deux autres plus petites sont dans uu« agitation continuelle ; elles exécutent sans aucune cause apparente un mouvement régulier de torsion sur elles-mêmes. C’est un des plus singuliers phénomènes qu offre le règne végétal.
SALICAIRE. - PRÉTENTION.
L’esprit quon veut avoir gâte celui qu'on a,
La salicaire a reçu ce nom parce qu’elle est tellement amie dn saule qu’elle n’aime à croître que sous son ombre protectrice. On ne sait trop pourquoi l’on en a fait l’emblème de la prétention, à moins que ce ne soit, comme dit le Langage des fleurs, parce que ses épis penchés sur le bord des ruisseaux semblent prendre plaisir à y réfléchir leur image.
SAULE PLEUREUR. — ■ mélancolie.
La mélancolie a du charme pour les âmes tendres.
Étranger sur nos rives, le saule de Babylone semble partager notre douleur, répéter nos soupirs et prêter des charmes à la mélancolie. On le plante souvent près des tombeaux.
Son feuillage, toujours cher à le rêverie,
Offre un réduit propice aux mortels malheureux ;
11 aime à les couvrir de sa mélancolie;
On dirait qu'il pleure avec eux.
Et toi que du Plaisir la voix flatteuse engage,
Credule amant, jouis de ton bonheur d’un jour.
Le myre en ce moment te prête son ombrage.
Demain le saule aura son tour.
Constant Dubos.
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II paraît que le saule est l’arbre favori de» Chinois, et qu’ils le cultivent avec grand soin pour la décoration de leurs jardins paysagers. Peu de leurs poètes ont manqué de faire des stances à sa louange. A l’imitation de M. Charles Nodier qui nous a donné des vers slavons dans un de ses opuscules romantiques, nous croyons qu’il est indispensable pour le commun de nos lecteurs de citer ici textuellement les vers chinois, qui, sur ce sujet, passent pour les meilleurs à Pé-King. Nos jolies dames et nos fasbionables seront enchantés sans doute de nous voir marcher sur les traces d’un homme spirituel qui avait autant de raisons pour leur apprendre le slavon que nous en avons pour leur enseigner le chinois. Cependant , si par un hasard singulier il se trouvait parmi nos lecteurs des personnes à qui Ja langue de Con-fu-tzée ne fht pas familière , en leur faveur nous en donnerons la traduction.
Lonli hhoang y te ku slii
iao ine siou sha iao thao hhoa
I tiene shine hhene iou hiene hhoa
Ki toane giou hhocne pou soane ki
Neitne sse pe tlieon ine iou ki
Hlioa moe chouang hiaa khi von szeu »
lu ho pou tai teliune tsane szeu
le ie chichi tzeu thon shi.
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« À peine la saison du printemps est venue , « que le saule couvre d’une robe verte la cou- « leur jaune de son bois. Sa beauté fait bonté « au pêcher qui, de dépit, arrache les fleurs « qui le parent et les répand sur la terre. L’é- « clat des plus vives couleurs ne peut se cornet parer aux grâces simples et touchantes de « cet arbre. Il prévient le printemps, et sans « avoir besoin de ver à soie , il revêt ses feuilles « et ses branches d’un duvet velouté que cet « insecte n’a point filé. »
SAUGE (PETITE). — estime.
Ou estime les choses d’autant plus qu’elles sont rares.
Les anciens disaient : « Il a tort de mourir celui qui a de la sauge dans son jardin. » Cette plante, aromatique dans toutes ses parties, a une odeur pénétrante et assez agréable. Elle est tonique, stomachique et cordiale. Lorsque les Européens commencèrent à faire le commerce avec la Chine, les Chinois donnaient quatre caisses de thé en échange d’une de sauge; mais depuis on a eu l’imprudence de leur en porter des graines qu’ils ont semées, et cette plante ayant cessé d’être rare chez eux a cessé d’être estimée.
SENSITIVE. — pudeur.
La pudeur est le plus séduisant attrait d’une femme.
Une plante, ô prodige! à l’éclat de ses charmes,
Unit de la pudeur les timides alarmes;
Si d*un doigt indiscret vous osez la toucher,
Tout s’agite : la feuille est prompte à se cacher,
Et la branche mobile, aux mêmes lois fidèle.
S'incline vers la tige et se range auprès d’elle.
Castel.
« Quand une feuille se ferme, dit Mirbel, « non-seulement les deux moitiés vont l’une « vers l’autfe, mais en même temps le pédicule « de la feuille va vers la côte feuillée d’où il « sort, fait avec elle un moindre angle qu’il ne « faisait auparavant et s’en rapproche plus ou « moins. Le mouvement total de la feuille est « donc composé de celui-là et du sien propre. « Si l'attouchement a été plus fort , toutes les « feuilles du même côté s’en ressentent et se « ferment , et l’on peut ainsi réduire la plante « comme à un point, par le rapprochement des « rameaux contre la tige. Le vent et la pluie <• font fermer la sensitive, par le mouvement « qu’ils lui causent ; une pluie douce ne lui fait « rien. Les parties de la plante qui ont reçu le « mouvement , et qui se sont fermées chacune
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« à sa manière, se rouvrent ensuite d’elles- « mêmes et se rétablissent dans leur premier « état. Le temps nécessaire pour ce rétablisse- « ment est inégal suivant différentes circon- « stances, la vigueur delà plante, la saison, « l’heure du jour. L’ordre dans lequel se fait « le rétablissement varie aussi; mais quelque- « fois il commence par les feuilles ou les côtes « feuillées, quelquefois par les rameaux, bien « entendu qu’alors toute la plante a été en <> mouvement.
« Un rameau coupé et détaché de la plante «continue encore à se fermer, soit quand on « le touche, soit à l’approche de la nuit; il se « rouvre ensuite. Si on brûle avec une bougie « ou un charbon ardent l’extrémité d’une « feuille elle se ferme aussitôt et dans le même « moment son opposée , après quoi toute la « côte feuillée et les autres côtes, même les ra- « meaux de la branche en font autant si l’im- « pression de la brûlure a été assez forte, et se- « Ion qu’elle l’a été plus ou moins. Cela marque « une communication , une correspondance « bien fine et bien étroite entre les parties de « la plante. »
Une de nos reines , entourée de ses demoiselles d’honneur , se promenait dans les serres d’un jardin royal. Elle vit une sensitive, plante
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alors très rare en France. « Mesdames, dit-elle,
« ce petit arbuste a une singulière propriété : « sa chasteté est telle qu’il se flétrit si une « femme qui s’est familiarisée arec un homme i la touche seulement du bout du doigt. Pour « vous en donner une preuve, je vais l’appro- « cher la première et la faire faner en ma qua- « lité de femme mariée ; puis vous ferez l’ex- « périence après moi. » A ces mots , les demoiselles de rire comme des folles. Mais quand elles virent les feuilles de la plante frémir, s’agiter, se fermer et se pencher sur la tige, les ris cessèrent pour faire place à l’inquiétude; la pâleur succéda aux roses de leurs joues , et toutes aimèrent mieux s’enfuir au risque de déplaire à leur reine, que de tenter une aventure qui sans doute leur paraissait périlleuse.
SOLEIL ou HÉLIANTHE. — fausses